La lettre de PATRICK LE HYARIC, Directeur de l’Humanité

Posté par jacques LAUPIES le 11 décembre 2017

 

La Lettre du 10 décembre 2017
Bonjour à chacune et chacun,

J’ai effectué cette semaine un déplacement à Cuba avec Pierre Laurent et Laurent Pérez. Cette visite s’inscrivait dans un programme de coopération entre les partis communistes Cubains et Français. Nous avons pu évaluer les premiers effets des programmes d’ajustement économiques et sociaux et les contre-effets des choix de l’administration nord-americaine. Nous y reviendrons. Ce déplacement n’a pas entravé un certain nombre d’actions de travail en cours.
Ainsi vous pouvez retrouver mon éditorial de l’Humanite Dimanche qui porte sur le droit au logement.
Lire l’éditorial de l’Humanité Dimanche
D’autres questions dans l’actualité ont retenu mon attention.
Elections corse

Les élections territoriales corses mettent en lumière une crise politique dont l’abstention forte des électeurs est révélatrice. Dans ce contexte les nationalistes réalisent un important score et somment le gouvernement d’engager sans attendre des discussions pour un nouveau statut d’autonomie.

Leur stratégie nationaliste arrimée à ce projet européen ultra-libéral ne comporte rien de bon pour les travailleurs et les familles populaires. Il n’y aura désormais plus aucun élu pour porter dans la nouvelle collectivité la voix d’une alternative à gauche aux politiques libérales qui sont à l’origine des graves difficultés sociales que connait l’île.

La division entretenue depuis Paris contre les militants locaux communistes ou insoumis par Jean-Luc Mélenchon lui-même est porteuse d’échec en Corse comme ailleurs. Il est incompréhensible et irresponsable de s’en réjouir.

Les dirigeants Nord-Americains sortent du droit international et de la communauté des nations

Le président Trump a décidé de retirer les Etats-Unis d’un pacte mondial de l’Organisation des Nations Unies visant à améliorer la gestion internationale des migrants et des réfugiés. Cette décision constitue un nouveau coup porté au multilatéralisme et à la volonté de régler par la coopération des questions qui concerne toute la communauté internationale. Ce fut déjà le cas pour l’accord de Paris sur le Climat. Plus récemment, Donald Trump avait décidé de retirer les États-Unis de l’UNESCO.

La décision de ne pas s’inscrire dans un pacte international pour trouver des solutions aux questions migratoires est concomitante à la décision de la Cour Suprême des États–Unis de donner le feu vert à l’application du décret qui empêche les ressortissants de plusieurs pays musulmans de se rendre aux Etats-Unis.

Ils poussent le Moyen-Orient au bord du gouffre

Trump a pris sans concertation la décision de déplacer l’ambassade des États Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Il s’agit d’un acte d’une extrême gravité puisqu‘il consiste à fouler aux pieds le droit international qui prévoit que le statut de Jérusalem ne peut s’établir qu’au terme de négociation impliquant les israéliens et les palestiniens. Le président des États-Unis a choisi de ramener à un simple exercice de rhétorique son soutien à une solution à deux États, un État palestinien à côté de l’État d’Israël sur la base des frontières de 1967.

Les États, les Nations Unis doivent parler fort, haut et clair au président Nord-Americain. Ces décisions s’inscrivent dans un projet plus général au proche et au Moyen-Orient d’une extrême gravité porteuse du pire. La France et l’Europe ont un rôle important à jouer pour porter un coup d’arrêt à une nouvelle logique de guerre qui fait d’Israël, le fer de lance d’un nouvel affrontement avec l’Iran. Nous y reviendrons dans quelques jours.

À la veille de la venue du premier ministre Israélien en Europe nous avons pris plusieurs initiatives.
Nous lui demandons de ne pas quitter notre sol sans avoir réglé à l’Union Européenne la facture des destructions d’équipements financé par l’Union européenne en Palestine. Ce document est paru dans le journal israélien Haaretz. (Lire ici)
D’autre part, j’ai pris l’initiative de regrouper des députés européens pour qu’il lui soit rappelé toutes les résolutions du Parlement européen qui réclament le respect du droit international, l’arrêt de la colonisation, la libération de M. Barghouti.
Lire la lettre signée par 67 députés européens

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

if (typeof OA_show === "function") OA_show('b300'); // ]]> -->

Laïque mais pas neutre…

Posté par jacques LAUPIES le 11 décembre 2017

 

L’article ci dessous rappelle l’attachement d’un Député Européen, communiste, Directeur d’un journal profondément attaché à la laïcité.

En aucun cas ne peut être empêché la pratique religieuse et c’est bien le contraire que permet la laïcité, la liberté de croire ou de ne pas croire en un Dieu, à toute force supposée antérieure  à la matière et qui serait à l’origine de son existence.

Mais évidemment cela ne saurait effacer le combat idéologique contre cette conception qui, on le constate fréquemment est  à l’origine de toutes sortes de manipulations et d’instrumentalisations des religions généralement au profit des  exploiteurs constitués en classe dominante. Et si l’on peut se féliciter que nombre de religions prônent la solidarité, il n’empêche que cela donne du crédit à des clergés qui font plus appel à la tolérance à l’égard des dominants, qui de manière permanente prennent appui sur le fait religieux pour combattre les politiques sociales.

Plus même au prétexte de modération, d’appel au compromis dans un système qui maintient en situation de domination les grands possédants, les institutions religieuses, apportent aux partis politiques réformistes, de droite ou de gauche, un encouragement au maintien des rapports sociaux d’exploitation.

Sans nier la pression que peuvent exercer les croyants, victimes du système capitaliste  notamment, pour des transformation révolutionnaires, force est de constater que les états confessionnels entretiennent les conflits de classe, sombrent souvent dans des conflits inter religieux (Israël, Iran, etc.)

Sans compter les pressions exercées, par les églises, sur les états qui se refusent à la pratique laïque (USA notamment)

.

République. Le flambeau de la laïcité

 

Vendredi, 8 Décembre, 2017
L’Humanité
Photo : Loïc Venance/AFP

Photo : Loïc Venance/AFP

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député européen.

Cent douze ans, ce 9 décembre ; après sa promulgation, à la suite de bien des péripéties et déchirements, qui aurait pu imaginer que la loi de séparation des Églises et de l’État puisse faire l’objet de tant de controverses et de malentendus ? Qui aurait parié que le principe de laïcité qui la sous-tend soit prétexte à des polémiques à nouveau déchirantes ? Pourquoi, en somme, une loi de pacification sociale est-elle devenue sujet de discorde et d’affrontements verbaux souvent violents pour en tordre l’esprit et en violer la lettre ?

On se souvient que, en 2004, M. Sarkozy avait tenté de remettre les religions au cœur du débat public en proposant que l’État garantisse, sous couvert de tolérance, leur coexistence. Aussi écrivait-il, pour justifier sa démarche : « Pour fondamentale qu’elle soit, la question sociale n’est pas aussi consubstantielle à l’existence humaine que la question spirituelle. » Cette promotion de la spiritualité religieuse s’est accompagnée d’une régression historique des droits sociaux et de l’égalité sociale.

Renouer avec les fondements révolutionnaires et rationnels de la laïcité

La tentative de réécriture et de réinterprétation de la loi de 1905 n’est pas étrangère au brouillage actuel, qui tend à rendre la laïcité coupable des divisions qui pullulent dans la société, alors qu’elles trouvent leurs origines dans les inégalités et les conditions d’existence dégradées générées par le capitalisme néolibéral. La religion, ainsi devenue prétexte, cause ou fondement des inégalités et des divisions, est poussée en avant du débat public.

Il est nécessaire de renouer avec les fondements révolutionnaires et rationnels de la laïcité qui indiquent l’égalité parfaite des êtres humains devant la loi sans autre tutelle que celle qu’ils ont décidée eux-mêmes et démocratiquement. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, pierre angulaire du principe de laïcité, indique en effet, pour la première fois, que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ».

La loi de séparation, née dans le sillon de l’unification du mouvement socialiste, préserve la liberté de conscience, rend étanches les institutions publiques à toute forme de prosélytisme religieux, proclame l’égalité de tous les citoyens devant la loi commune et indique le chemin d’une fraternité humaine au-delà des croyances de chacun. Elle est, dès lors, indissociable du combat pour l’égalité véritable, comme l’a si souvent rappelé Jean Jaurès sous les huées des réactionnaires. C’est ce qu’indique d’ailleurs formellement le préambule de la Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

Comment donc accepter le détournement de ce principe puissant pour cibler une religion, en l’occurrence l’islam, dont la majorité des pratiquants dans notre pays a la particularité d’être issue de l’histoire coloniale et de subir une terrible relégation sociale, accompagnée de toutes sortes de discriminations, notamment à l’emploi ? Si un certain islamisme à visée politique doit être affronté avec vigueur, ne nous trompons pas de combat !

La laïcité est un attribut de la République. Elle est ainsi une manière de « vivre ensemble »

La laïcité n’est ni la lutte indispensable contre le racisme, ni l’athéisme et encore moins la vindicte contre une ou des religions, mais un principe de séparation ferme et fort entre la puissance publique et les cultes qui garantit à tous, croyants ou non-croyants, une liberté de conscience infinie. Elle est le fondement de notre système éducatif, qui s’attache à promouvoir la critique rationnelle et l’approche scientifique, et, par là, offre à tous les enfants la possibilité d’une liberté future, qu’elle s’exerce ou non dans le culte.

La laïcité est un attribut de la République. Elle est ainsi une manière de « vivre ensemble » et un cadre qui autorise et appelle des politiques sociales à visée égalitaire. Refusons les divisions identitaires et portons le beau flambeau de la laïcité, fidèles à sa vocation pacificatrice et égalitaire.

Par Patrick Le Hyaric Directeur de l’Humanité et député européen

Laïque mais pas neutre...

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Appel à sensiblerie…

Posté par jacques LAUPIES le 10 décembre 2017

DSC_0768-1

DSC_0799-6  DSC_0825-2

DSC_0789-5  DSC_0824-8

 

Que Johnny Halliday a  excellé dans son art musical, qu’il ait enchanté des générations, je n’en doute pas. Chacun de nous trouve dans la chanson et ses interprètes les plus doués de quoi le rendre gai, triste, exubérant ou mélancolique.

Parfois même il nous faut un temps pour trouver ces émotions qu’avec certains évènements de nos vies que nous nous remémorons, souvent avec l’âge, nous trouvons dans l’expression des autres. Fussent-ils musiciens ou chanteurs, poètes ou conteurs, écrivains ou paroliers, savants ou découvreurs, philosophes, politiques, ils peuvent, pour peu qu’en nous s’en manifeste le besoin,  devenir chers à notre « cœur ».

Qui s’en plaindrait ?

Mais il y a dans les célébrations qu’on leur accorde à une personne, surtout quand elles sont orchestrées et transforment une légitime émotion d’un groupe en une vague qui interpelle toute la société un risque d’imposture qui devient sélective. Non pas par la volonté de ses nombreux adeptes ou admirateurs mais par la volonté orchestrée de catégories, de caste et pourquoi pas de classes qui ainsi manipulent des foules de « fanatiques » et les instrumentalisent en fonction de leurs intérêts, de leur besoin de notoriété et de paraître.

C’est un peu ce sentiment d’être soumis à ce phénomène que je ressens et qui me met mal à l’aise, conscient d’avoir affaire et de devoir être associé à une vaste supercherie médiatique qui ressemble à un embrigadement à caractère populiste.

Comme une répétition du pire qui peut nous arriver…

 

Jean-Michel Boris « Johnny, c’est tout un pan de l’histoire »

Propos recueillis par Victor hache
Jeudi, 7 Décembre, 2017
L’Humanité
Son premier «	vrai rôle	», dans Détective, de Jean-Luc Godard, en 1985. Collection Christophel/JLG Films/Sara Films<br /><br /><br /><br />

Son premier « vrai rôle », dans Détective, de Jean-Luc Godard, en 1985. Collection Christophel/JLG Films/Sara Films
 

Jean-Michel Boris se souvient des concerts de Johnny, arrivé avec la vague yé-yé, et qui a tout balayé sur son passage.

«Il est arrivé avec les yé-yé, et il a balayé vraiment tout ce qu’il y avait auparavant, à part quelques rares exceptions comme Piaf, Bécaud ou Aznavour. On s’est bien rendu compte avec Bruno Coquatrix qu’il y avait une vague de fond musicale qui était en train de déferler sur la France sans vraiment avoir conscience de son énormité qui a engendré un renouvellement complet de toutes les stars du music-hall. À partir de 1961, Claude François, Johnny Hallyday, Richard Anthony, Sylvie Vartan… C’est une vague de fond importante qu’il fallait appréhender et jouer sur scène. Johnny, c’est l’image retranscrite en France d’Elvis Presley aux États-Unis avec toutes les petites outrances que l’on peut connaître au départ. Quand il se produit en 1960 à l’Alhambra en première partie de Raymond Devos, dans la salle il y a du remue-ménage, avec certains qui applaudissent et d’autres qui hurlent.

Soixante ans de carrière et des millions de disques vendus

C’est tout un truc nouveau, et voir Johnny qui se roule par-terre à la troisième chanson, les gens ne comprennent pas très bien. Mais c’est vrai qu’après il y a toute la jeunesse qui fond derrière. Soixante ans de carrière et des millions de disques vendus, Johnny, c’était un personnage hors du commun. Dès qu’il entrait en scène, c’était des hurlements, des cris, des pleurs, des envois de fleurs. C’était vraiment l’idole des jeunes. Indiscutablement, Johnny, c’est un événement comme a pu l’être Piaf. À mon avis sa cérémonie d’enterrement va être un événement national. S’il est enterré au Père-Lachaise et que le corbillard traverse Paris, je suis sûr que de chaque côté des boulevards il y a aura énormément de monde. Il y a des gens pour qui il ne représente pas grand-chose, mais je suis sûr qu’avec sa disparition, tout d’un coup, ils changeront d’avis, ils iront à sa rencontre. Mort, il aura beaucoup plus d’impact encore. Johnny, c’est tout un pan de l’histoire. Il a apporté beaucoup à la musique. Il a eu des moments de désert dans sa carrière où sa popularité flanchait, mais il est toujours revenu. On le voyait parfois fatigué, mais, dès qu’il était sur scène, il était absolument magnifique. »

Jean-Michel Boris,

Ancien directeur artistique de l’Olympia

Appel à sensiblerie...
Journaliste, chroniqueur culturel à l’Humanité. En charge de la rubrique musiques actuelles.

 

 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

La lutte des classes envahit le plareau de Pujadas…

Posté par jacques LAUPIES le 9 décembre 2017

 

DSC_0781-1

DSC_0783-1

DSC_0770-1

 

Je viens d’entendre le débat de ce soir sur LCI, dans lequel était posée la question du devenir du SMIC que certains voudraient dans un premier temps réduire pour les jeunes.

Il y avait un fond de lutte des classes dans l’air mais les deux camps n’étaient pas, en nombre, sur un pied d’égalité et,  si l’on veut bien reconnaître  à l’animateur Pujadas un rôle d’arbitre  – ce qui pour le moins est très généreux de notre part – se trouvaient face à face d’une part trois zélés serviteurs du capital (François de Closets, se disant pompeusement essayiste, la non moins agressive Agnès Verdier-Molinié, Directrice de l’IFRAP, se disant économiste et un patron dont le nom m’échappe) et d’autre par Mercier le syndicaliste CGT, ouvrier type.

Les trois suppôts de la bourgeoisie nous ont servi leur soupe habituelle : il faut de la croissance pour augmenter les salaires et créer des emplois, donc il faut être compétitif et aligner nos salaires sur ceux qui se pratiquent chez nos concurrents basés à l’étranger. 

Trois valets du patronat qui se partagent le même discours obligent celui qui les affronte à répéter trois fois la réponse simple : pourquoi ne pas prendre sur les profits qui ne cessent de croitre (chiffres à l’appui) et aligner les smics allemands, anglais et autres sur le smic français.

Réponse simple qui fait enrager l’économiste dont l’agressivité habituelle contre tout ce qui à un caractère social, de service public qu’elle veut réduire sans pitié pour sauver les pauvres patrons acculés au sacrifice.

Bref de débat d’une heure aurait pu être bâclé en un quart d’heure et le téléspectateur y aurait vu tout aussi clair. 

Ah j’oubliais ! Pour conclure  arrive un député (Laurent Saint-Martin – LREM) qui aligne ses arguments sur ceux des trois mousquetaires du patronat. Ce n’est plus trois contre un mais quatre contre un.

 

Jérusalem. Les États-Unis

plus que jamais isolés à l’ONU

 

Lorenzo Clément avec AFP
Vendredi, 8 Décembre, 2017
Humanite.fr
Photo Dennis Van Tine/Geisler-Fotopres/AFP.

Photo Dennis Van Tine/Geisler-Fotopres/AFP.
L’ONU s’est déclarée vendredi « particulièrement inquiète des risques d’une escalade violente » après la décision de Donald Trump de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël, lors d’une réunion du Conseil de sécurité au cours de laquelle les États-Unis sont apparus plus isolés que jamais.
Cette décision « n’est pas conforme aux résolutions du Conseil de sécurité », ont tancé à l’issue de cette réunion urgente – demandée par 8 membres sur les 15 du Conseil de sécurité – les ambassadeurs de France, Royaume-Uni, Italie, Suède et d’Allemagne. Elle « ne favorise pas la perspective de paix dans la région », ont-ils ajouté lors d’une déclaration solennelle, sans évoquer de mesures de rétorsion. Lors de la réunion, tous les partenaires des Etats-Unis ont critiqué la décision de Donald Trump de manière plus ou moins appuyée. A l’ONU, les Etats-Unis n’ont pas besoin de « sermons » et de « leçons », a riposté sur la défensive l’ambassadrice américaine Nikki Haley, en affirmant que le temps où Israël n’était pas traité de manière équitable dans l’Organisation était révolu.
Les Etats-Unis « restent engagés dans le processus de paix » au Proche-Orient, a-t-elle ajouté, en déniant à quiconque la possibilité de rejeter Washington comme médiateur dans ce conflit. « Lorsqu’il y aura un accord de paix, il sera signé à la Maison Blanche », a-t-elle assuré. « Je comprends que le changement soit difficile » pour les partenaires des Etats-Unis mais « nos actions visent à faire progresser la cause de la paix », a-t-elle insisté.
Avec leur nouvelle décision, les Etats-Unis n’ont « pas pris position sur les limites ou les frontières » et le « statu quo est maintenu sur les lieux saints », a également fait valoir la diplomate américaine, qui n’a eu comme seul soutien que son homologue israélien à l’ONU.  »Jérusalem devra être la capitale des deux Etats, Israël et la Palestine. En l’absence d’accord, nous ne reconnaissons aucune souveraineté sur Jérusalem », ont asséné les cinq ambassadeurs européens. « L’Union européenne ne reconnaîtra aucun changement sur les lignes de 1967, y compris s’agissant de Jérusalem, autres que ceux convenus entre les parties », ont-ils déclaré.
Depuis l’arrivée de Donald Trump à la présidence américaine, le fossé semble se creuser davantage à chaque dossier entre Washington et ses partenaires sur la scène internationale. De l’Iran à la Corée du Nord en passant par le dossier climat, peu de sujets se prêtent à un consensus entre la première puissance mondiale et ses plus proches alliés. Au Conseil de sécurité, les opposants à Washington n’ont cependant guère de moyens de contrecarrer l’annonce d’un transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Les Etats-Unis, membre permanent, sont dotés d’un droit de veto sur toute résolution ou déclaration du Conseil requérant un consensus.
Lors d’une liaison vidéo avec Jérusalem, Nikolay Mladenov, coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Proche-Orient, a mis en garde contre le risque de voir se développer « un radicalisme religieux » dans la région. Le responsable de l’ONU a appelé les dirigeants du monde entier « à montrer de la sagesse » pour ramener le calme dans la région. « Toutes les parties et tous les acteurs régionaux » sont appelés « à travailler ensemble à maintenir le calme », ont abondé les ambassadeurs européens.
La réunion en urgence du Conseil de sécurité avait été demandée par la Suède, la France, l’Italie, le Royaume-Uni, la Bolivie, l’Uruguay, l’Egypte et le Sénégal. La décision américaine est une « violation de la légitimité internationale », a déploré l’ambassadeur égyptien Amr Aboulatta, évoquant une « ville sous occupation ».
Son homologue français François Delattre a souligné que « sans accord sur Jérusalem, il n’y aura pas d’accord de paix ». « Il n’y a pas d’alternative à la solution de deux Etats », a abondé l’ambassadeur russe Vassily Nebenzia, tandis que l’Italien Sebastiano Cardi indiquait que son pays maintiendrait son ambassade à Tel Aviv. Riyad Mansour, ambassadeur palestinien au statut d’observateur à l’ONU, a dénoncé « une décision irresponsable ». Son homologue jordanienne, Sima Sami Bahous, a exhorté les Etats-Unis à être « un médiateur neutre ».

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Le funérarium médiatique s’installe…

Posté par jacques LAUPIES le 8 décembre 2017

 

 

Les médias dont on sait que pour l’essentiel, c’est à dire l’information du public, ils dépendent largement des tenants du pouvoir économique, nous fixent quotidiennement l’ordre du jour des questions à débattre.

Les populistes – qui ne sont pas toujours où l’on croit – adorent alimenter, et s’alimentent des faits susceptibles d’accroitre leur notoriété pour peu que les médias leur en donnent l’occasion.

Il en va ainsi lorsqu’une personnalité aimée du public vient à disparaître à cette nuance prêt que l’on donne un peu plus d’importance à un écrivain dont la célébrité est plus limitée parmi la foule, qu’à un chanteur dont l’art parait d’un prestige intellectuel relativement restreint mais qui pénètre pleinement cette foule.

La France est riche en célébrités, plus ou moins méritées. Certaines se voient encenser et leur nombre s’accroit à la mesure de l’invasion médiatique ce qui présente un risque de monopolisation de l’information télévisée et la saturation des plateaux de télévision par des hommages teintés de funéraire.

Cela ne m’a pas empêché de trouver l’émission de la grande librairie de ce soir plaisante et divertissante dans une évocation d’un D’Ormesson qui tout de même était un peu destructeur de grandiloquence sur la fin de sa vie notamment.

Mais après tout ces évocations, quel que soit l’usage que l’on puisse en faire, peuvent se substituer à de médiocres prestations télévisées. Reste que leur sélection nous indique souvent qu’elles sont loin de l’impartialité que chaque auditeur ou téléspectateur est en droit d’exiger !

Jeudi, 7 Décembre, 2017
Humanite.fr
Photo Brendan Smialowski/AFP.

Photo Brendan Smialowski/AFP.

Le président américain a humilié les Palestiniens en leur déniant tout droit sur la ville dont ils revendiquent la partie orientale occupée. Il remet en cause toute possibilité de paix et transforme un conflit politique en affrontement religieux.

« Il est temps d’officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël ». Donald Trump n’a pas tourné longtemps autour du pot lors de sa relative brève annonce, le 6 décembre. Aucune surprise puisque tout avait été fait depuis plusieurs jours pour habituer les esprits à cette décision qui suscite la controverse aux quatre coins du globe. Trump le savait, il l’a fait quand même. Il sait que le statut de Jérusalem n’est pas seulement délicat. Il est l’objet d’un statu quo depuis des décennies et tout évolution ne peut se faire qu’au travers des négociations impliquant et les Israéliens et les Palestiniens.

On remarquera également que Donald Trump qui, il y a quelques mois encore déclarait qu’il pouvait « aussi bien vivre avec la solution à deux Etats qu’à un seul Etat » s’est, de fait prononcé pour la création d’un Etat palestinien. C’est évidemment une tromperie. La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël à ce moment précis ne doit rien au hasard. Elle intervient au moment où le chef des négociations américaines, son gendre, Jared Kushner, et son envoyé spécial au Proche-Orient, Jason Greenblatt, ont mis la dernière main à ce que la Maison-Blanche appelle « le plan ultime », censé régler une fois pour toute le conflit israélo-palestinien. Dans ce plan, Jérusalem est la capitale d’Israël, pas de l’Etat de Palestine, les colonies sont, pour l’essentielles maintenues et annexées à Israël, ce qui reste de la Cisjordanie sous contrôle palestinien ne possèdera aucune lien physique avec la Bande de Gaza. Alors, quand Trump affirme que « les Etats-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties » et qu’ils soutenaient une « solution à deux Etats », si les deux parties « se mettaient d’accord » sur cette question. On se doute bien que la pression sera mise sur les Palestiniens. D’autant plus que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou – qui s’est évidemment félicité de la décision américaine (« Ceci est un jour historique. Jérusalem est la capitale du peuple juif depuis 3.000 ans, c’est la capitale d’Israël depuis presque 70 ans », a-t-il dit) – et qui a toujours refusé de discuter de Jérusalem dans le cadre de négociations, se sent maintenant légitimé dans son attitude.

Pour le président de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Mahmoud Abbas, l’annonce de Donald Trump « ne changera rien à la situation de la ville de Jérusalem, la capitale éternelle de l’Etat de Palestine ». Il a insisté, devant les caméras de la télévision palestinienne: « Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu’ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu’ils ont joué au cours des dernières décennies ». Le président américain pouvait-il attendre une autre réaction. Pensait-il vraiment que les Palestiniens allaient le remercier?

Hormis Israël, personne ne se félicite de ce qui apparait comme une volonté délibérée de mettre les Palestiniens à genoux, d’humilier le monde arabe et plus encore le monde musulman. Car, ce faisant, le président américain transforme la lutte des peuples pour la reconnaissance de ses droits fondamentaux, notamment celui d’avoir un Etat, en une confrontation de caractère religieux, qui risque d’être des plus violentes. « Les Américains viennent d’annihiler le niveau politique du conflit, pour le remplacer par une guerre terrifiante entre le judaïsme et l’Islam. Tout ne sera plus évoqué qu’au travers ces deux termes », prévient l’ambassadeur de Palestine, Elias Sanbar, dans les colonnes de « l’Humanité ». Les Palestiniens sont appelés par leurs dirigeants à « Trois jours de colère ». Des manifestations ont déjà eu lieu à Gaza et à Istanbul, devant le consulat américain. Vendredi, jour de grande prière pour les musulmans il faut s’attendre à des incidents violents. Mais n’est-ce pas ce que recherchent les Etats-Unis et Israël? Car le plan machiavélique de Donald Trump ne s’arrête pas à Jérusalem. Ce n’est qu’une étape en vue d’un remodelage de l’ensemble du Moyen-Orient où de nouvelles alliances se noueraient entre d’une part de nombreux pays arabes, à commencer par l’Arabie saoudite et les pays du Golfe ainsi que l’Egypte et la Jordanie et Israël d’autre part. L’ennemi commun qui les rassemblerait: l’Iran.

Le calcul est dangereux pour la paix de la région et même celle du monde. En « confessionnalisant » le conflit israélo-palestinien, Trump et consorts vont renforcer les groupes islamistes dans le monde musulman et renforcer les orthodoxes juifs et l’extrême-droite (qui sont souvent les mêmes) en Israël où ils dominent déjà très largement le gouvernement. Quant aux dirigeants arabes, d’accord avec le « plan ultime » américain, ils pourraient très vite se trouver en porte-à-faux avec leurs propres peuples.

Donald Trump, tout à son mépris, a peut-être aussi sous-estimé ses alliés « naturels ». Que la Russie et la Chine soient opposées à sa décision, il n’en a sans doute pas cure, bien qu’il s’agisse là de deux membres permanents du Conseil de sécurité. Mais va-t-il prendre les dirigeants occidentaux pour des imbéciles qui tomberaient dans le panneau de sa dialectique simpliste voire de ses mensonges? Pas sûr. La réaction d’Emmanuel Macron – qui doit pourtant recevoir Netanyahu dimanche, à Paris – en témoigne. Depuis Alger, où il se trouvait en déplacement officiel, il a « regretté » la décision américaine « prise unilatéralement » et que « la France n’approuve pas, qui contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu ». Le président français peut en être d’autant plus contri qu’il l’avait déjà dit, sans succès, à son homologue américain. Il a néanmoins rappelé que Jérusalem est « une question de sécurité internationale qui concerne toute la communauté internationale ». Le statut de Jérusalem « devra être déterminé par les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de négociations sous l’égide des Nations unies ». Et il a insisté sur l’importance de la création de deux Etats, Israël et la Palestine, « vivant côte à côte, en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec comme capitale des deux Etats ». Comment privilégier dès lors le « dialogue » pour éviter les violences. Quelles initiatives?

C’est évidemment la question principale qui se pose puisque pratiquement tous les pays européens sont sur la même longueur d’onde. La situation, qui pourrait devenir explosive nécessite des décisions fortes et rapides pour contrecarrer ces funestes projets. A la demande de la Bolivie, l’Egypte, la France, l’Italie, le Sénégal, le Suède, le Royaume-Uni et l’Uruguay le Conseil de sécurité de l’Onu  se réunit ce vendredi. Le statut de Jérusalem ne peut être résolu que par une « négociation directe » entre Israéliens et Palestiniens, a insisté le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres en rappelant avoir toujours été « contre toute mesure unilatérale ». Il a ajouté: « Il n’y a pas d’alternative à la solution de deux Etats » avec « Jérusalem comme capitale d’Israël et de la Palestine »

 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

12345...283
 

Lorette Autrement |
Bernard VIDAL - Un nouvel a... |
Energie Nouvelle pour Heill... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vallorcine: Elections munic...
| servir connaux
| Le site de la liste Gif, os...