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Edwy Plenel : sur la gauche ?

Posté par jacques LAUPIES le 25 septembre 2021

 

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«La gauche a baissé la garde face à la saloperie raciste, suprématiste, ségrégationniste et sexiste»

Sur son expression « l’heure de nous-même »

« Face au sentiment que la catastrophe est déjà en cours, il faut créer un « nous ». Ma réponse, c’est que la gauche, avant d’être des partis, des élus, c’est d’abord accompagner, mobiliser, écouter, apprendre des refus de la société, de ses mobilisations. La gauche et la République se sont toujours inventées comme ça. »

« Le problème de la gauche, depuis qu’elle est arrivée, sous la Vème République, au pouvoir, c’est qu’elle a progressivement tourné le dos à ce mouvement de la société, au point d’en venir à se méfier d’elle et de se placer du côté de l’ordre établi, du côté du conservatisme. »

« L’urgence climatique n’est pas venue d’en haut, d’une avant-garde autoproclamée, c’est venu des militants, de la jeunesse, de ceux qu’on considérait comme des extrémistes. »

Sur la présidentielle

« Il ne faut jamais prétendre prédire l’avenir. Il y a des accidents, des surprises. Je n’ai pas de mépris envers celles et ceux qui veulent obtenir des suffrages et prendre des responsabilités. On a oublié que la gauche doit soulever des montagnes. Il y a des intérêts économiques, des puissances financières, du conservatisme qui est installé. Pour soulever la montagne, il faut un levier : le rapport de force dans la société. Ce n’est pas simplement du verbe, des leaders. »

« La gauche a réduit la politique à l’élection, et donc aux professionnels de la politique. Comme si changer la société, c’était d’abord par l’élection. Non, c’est d’abord militer et organiser la société. »

« Le présidentialisme est une perdition, il abrutit tout le monde et donne ce virilisme des campagnes électorales. C’est l’inverse même de ce que la gauche défend historiquement, qui est la délibération collective, l’égalité, la culture et la vitalité démocratique. »

Sur la défiance de la gauche vis-à-vis des mouvements sociaux

« Pourquoi la gauche est triste et divisée ? Parce que les partis ont loupé toutes les occasions de mobiliser la société. Ils se sont pincé le nez, qu’il s’agisse des gilets jaunes, des mobilisations des jeunes des quartiers, des radicalités liées au climat, de #MeToo.  »

« Depuis 40 ans, les partis ont perdu sans cesse des militants. Ils n’ont pas cherché à en recruter. Ce sont des partis où les militants n’ont pas le contrôle de ce qu’il se passe. »

« Quand on vit de la politique, on a un rapport malsain à l’État. La politique devient la prise de contrôle de l’État. Mais l’État n’est pas neutre. Il est infiltré des rapports de force sociaux. »

« Vivre de la politique, c’est ne pas avoir de métier pendant des décennies. Ça crée, socialement, un monde politique qui se pense plus sachant que la société, et qui n’est plus dans la société. Être de gauche, c’est d’abord lutter là où on travaille, dans son entreprise. »

« Le décalage entre ce monde politique professionnel et cette vitalité de la société se traduit par une jeunesse qui ne veut pas voter. C’est une abstention très politisée. Il faut reconstruire ce lien. »

« Résister à la saloperie, à la violence, à l’extrême droite, ça ne se passera pas par un débat à la télé, ça se passera par la construction d’un rapport de force dans la société. »

Sur le projet politique de la gauche

« C’est dans la résistance que se crée le projet. C’est la mobilisation de la société qui met à l’agenda du débat politique des questions que les autres voulaient ignorer. »

« Il y a un problème de culture démocratique. Regardons la campagne législative allemande : on n’y parle pas de migrants, d’identité. On parle d’urgence écologique, de questions sociales. Pourquoi ? Parce qu’il y a eu une culture démocratique différente. La France est une démocratie de très basse intensité à cause du cancer du présidentialisme. En ramenant tout au pouvoir d’un seul, la démocratie, qui est l’arme première des dominés, dysfonctionne. »

« Si les médias déconnent, c’est parce que le système démocratique déconne. Nous ne sommes pas un pays démocratique, nous ne sommes pas une République – encore moins démocratique, sociale et écologique –, nous sommes une monarchie. »

Sur la question coloniale

« La question coloniale, c’est la question française : la France a fait, y compris les gauches, à partir des années 1962 et l’indépendance de l’Algérie, comme si la question coloniale n’était plus son problème puisqu’il y avait des pays indépendants. »

« La France a oublié qu’elle restait une puissance coloniale car grâce à sa domination sur d’autres peuples, elle est le deuxième domaine maritime du monde derrière les Etats-Unis. »

« Il y a eu une gauche colonialiste. »

« Le responsable politique de la torture pendant la guerre d’Algérie est mort dans son lit en 1989 a été parlementaire jusqu’en 1980 pour le Parti socialiste – et il n’a jamais eu de comptes à rendre. »

« La complicité française contre les Tutsis au Rwanda s’est faite sous la présidence de François Mitterrand. »

« Il y a eu un aveuglement pendant toute la présidence de François Mitterrand à commencer par l’amnistie pour les généraux de l’OAS. »

« En ayant considérer que la République était forcément universelle et libératrice, on a oublié qu’il y a eu une République conservatrice et colonialiste qui pensait que la France était une culture et une civilisation supérieures. La gauche n’a pas été au rendez-vous de l’émancipation. »

« Eric Zemmour est l’ultime avatar, probablement le plus monstrueux, de ce qui monte depuis 30 ans dans notre pays dans cette brèche ouverte par une gauche faible qui reste à prétention colonialiste. »

« La gauche a baissé la garde et n’a pas construit la digue qui permet de créer ce rapport de forces pour faire reculer la saloperie raciste, suprématiste, ségrégationniste, sexiste. »

« Tant que la gauche n’aura pas déverrouillé le coffre-fort de la question coloniale, elle sera impuissante à faire face aux monstruosités qui sont en train aujourd’hui d’occuper toute la place. »

Sur la question des médias dans la démocratie

« La question des médias, c’est d’abord la question de l’indépendance : nous résistons et nous sommes quelques uns à le faire mais nous faisons face à un système qui n’a cessé de se dégrader. »

« Nous sommes la seule vieille grande démocratie du monde où la majorité du système médiatique et éditoriale est la propriété d’oligarques extérieurs aux métiers de l’information qui ont fait fortune dans l’exploitation de l’Afrique, dans le luxe, dans les télécommunication, dans la finance ou dans les ventes d’armes : il y a conflit d’intérêts car les propriétaires de médias sont des puissances qui imposent leurs lois à l’Etat. »

« Le rôle d’un média, c’est d’informer, c’est-à-dire faire surgir l’agenda de la société en racontant ce qui s’y passe. »

« Ma position par rapport à des idéologies explicitement racistes, du côté de l’inégalité naturelle, du côté de l’ennemi éternel de l’émancipation, c’est la formule du compagnon de la Libération et historien Jean-Pierre Vernant : on ne débat pas recette de cuisine avec un anthropophage. Ce sont des idées que l’on combat, pas avec lesquelles on débat. »

« Le piège médiatique qui nous est tendu et qui a permis la dégradation du paysage médiatique, cheval de Troie pour étouffer les informations et le droit de savoir, bref la vitalité démocratique : c’est l’opinion. »

« Le blabla des opinions est devenu le soit-disant travail des journalistes. »

« Les médias en continu ont créé un espace où l’on peut dire n’importe quoi et souvent les plus grosses monstruosités. »

« Mon métier, ce n’est pas débattre de monstruosités mais de raconter la société en la défendant et en lui donnant la parole. »

« Nous avons déjà eu le débat à Mediapart et nous avons décidé de ne pas inviter Marine Le Pen – et cela vaut pour tous ses succédanés. Parce qu’avec elle, c’est un affrontement, pas un débat. »

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Gaz et électricité : face à l’inflation, l’option d’un blocage des prix

Posté par jacques LAUPIES le 24 septembre 2021

 

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Gaz et électricité : face à l’inflation, l’option d’un blocage des prix

Vendredi 24 Septembre 2021

Le débat enfle dans l’opposition, alors que le chèque énergie d’Emmanuel Macron s’annonce insuffisant pour compenser l’explosion des factures.

 

L’État doit-il prendre ses responsabilités et siffler la fin de l’emballement des prix de l’énergie ? C’est en tout cas le sens de l’appel de Fabien Roussel, jeudi 23 septembre. « Je demande au président de la République de bloquer les prix : à partir du 1er octobre, qu’il n’y ait plus une seule hausse des prix de l’électricité et du gaz », a interpellé le secrétaire national du Parti communiste français et candidat à la présidentielle sur Public Sénat.

Une hausse de 150 euros

La facture s’annonce en effet salée pour les foyers français cet hiver, avec des conséquences dramatiques pour les ménages les plus fragiles. Les tarifs du gaz explosent partout en Europe depuis la fin de l’été dans un contexte de forte demande due à la reprise post-Covid, alors que les stocks sont faibles. Pour ne rien arranger, la Russie a réduit ses flux d’exportations gaziers, officiellement suite à plusieurs incidents sur ses infrastructures et gazoducs. Résultat, le prix du gaz a subi une série de hausses : 10 % en juillet, 5 % en août et 8,7 % en septembre. Et pour l’électricité, dépendante des cours du pétrole, ce n’est guère mieux. Selon UFC-Que choisir, la facture passera en 2022 à 1 700 euros par an, contre1 550 euros en moyenne début 2021.

 

Cela représente une hausse de 150 euros qui excède les 100 euros supplémentaires de chèque énergie promis en catastrophe par le gouvernement (d’autant que la mesure, chiffrée à 600 millions d’euros, ne concerne que 20 % de ménages éligibles). Sans compter les répercussions de la hausse de l’énergie sur le niveau général des prix, plus difficile à quantifier. Pour le gouvernement, une telle situation pourrait être socialement explosive. Or l’Élysée, qui cauchemarde encore des gilets jaunes la nuit, a tout intérêt à s’éviter un nouveau mouvement social contre la vie chère à quelques mois des élections.

La renationalisation d’EDF également évoquée

Face à l’explosion des prix, l’option d’une intervention de l’État afin de plafonner les tarifs énergétiques fait son chemin dans l’opposition. Jean-Luc Mélenchon a lui aussi appelé à un blocage des prix des produits de première nécessité, parmi lesquels l’essence, le gaz et l’électricité, auxquels le candidat de la France insoumise ajoute l’alimentaire. Cette proposition s’inscrirait dans un projet de loi d’urgence sociale qui inclurait une augmentation du Smic à 1 400 euros net. Même si elle ne manquerait pas de faire grincer des dents les producteurs et distributeurs, l’option d’un blocage n’a rien d’infaisable, surtout temporairement. En juillet 2011, le gouvernement Fillon avait annulé la hausse attendue des prix du gaz, qui devait excéder les 10 %, puis avait fait en sorte de la limiter en dessous de 5 %.

 

Fabien Roussel, qui propose également d’augmenter le Smic à 1 800 euros brut, s’est saisi de la question pour élargir le débat à la question de la renationalisation de la production et de la « souveraineté en matière de choix énergétiques ». « Moi je propose de diviser par deux la facture d’électricité et de gaz. On renationalise EDF pour retrouver la maîtrise de ce merveilleux outil de production et distribution d’électricité, et on fixe les tarifs », a déclaré le député PCF du Nord. Se faisant, il deviendrait possible de supprimer les taxes que prélève actuellement l’État, « ce qui ferait gagner 40 % sur le coût de la facture ».

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Fabien Roussel présente son programme, celui des communistes !

Posté par jacques LAUPIES le 22 septembre 2021

 

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Économie. Le (vrai) bilan d’Emmanuel Macron sur le pouvoir d’achat

Posté par jacques LAUPIES le 21 septembre 2021

 

 

 Économie. Le (vrai) bilan d’Emmanuel Macron sur le pouvoir d’achat

 
Mercredi 22 Septembre 2021

La majorité présidentielle vante les mérites de sa politique économique en matière de hausse du revenu disponible. Une propagande qui cache mal les effets délétères des baisses d’imposition et oublie le grignotage sur les aides sociales.

 

«  N ous améliorerons le pouvoir d’achat de tous les travailleurs. » La promesse était inscrite noir sur blanc, en 2017, dans le programme d’Emmanuel Macron. Tenue ? Le gouvernement affirme que oui. « Depuis 2017, avec la prime d’activité, la baisse des cotisations sociales, nous avons augmenté les rémunérations. Quand vous mettez bout à bout toutes ces mesures, c’est l’équivalent d’un treizième mois », a assuré Gabriel Attal, son porte-parole, face au secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, à la Fête de l’Humanité. Pour autant, alors qu’est présenté ce 22 septembre en Conseil des ministres l’ultime budget du quinquennat, qui donne le coup d’envoi des derniers « deux cents jours » de Macron avant le premier tour de la présidentielle, un léger vent de panique souffle sur l’exécutif.

La cause ? L’augmentation attendue des prix des matières et de l’énergie, couplée à un léger sursaut du taux d’inflation, conséquence du rebond de la demande post-Covid, va provoquer une hausse des coûts. Les tarifs réglementés de l’électricité pourraient grimper de 10 % d’ici au début 2022, tandis que le gaz subit une série de hausses : 10 % en juillet, 5 % en août et 8,7 % en septembre. Très concrètement, il va être plus difficile pour les foyers les plus fragiles de se chauffer, de se nourrir ou de se déplacer. « Ce sont sur ces pôles de dépenses incompressibles, induits par la structure de notre mode de consommation, que va peser l’augmentation des prix de l’énergie », résume Mireille Bruyère, membre des Économistes atterrés. De quoi donner des bouffées d’angoisse à l’Élysée, où l’on est encore traumatisé par les gilets jaunes, et où l’on veut à tout prix éviter un nouveau mouvement social spontané contre la vie chère, en pleine campagne électorale qui plus est.

Un exercice d’autosatisfaction

Et les sondages ne sont pas là pour rassurer le Palais : selon Opinionway, 56 % des Français estiment que leur « pouvoir d’achat a plutôt diminué » sous la présidence Macron . L’enquête souligne surtout les disparités de perception de la politique économique du chef de l’État. Entre des classes moyennes et populaires insatisfaites (à 64 % et 56 %), et des classes aisées qui le sont bien moins (seulement 19 %), l’image de « Macron, président des riches » persiste.

Alors, pour s’éviter un tel scénario, l’exécutif a débloqué 600 millions d’euros pour distribuer un chèque énergie de 100 euros supplémentaires, à destination des 6 millions de foyers les plus modestes. La mesure s’accompagne d’une grande campagne de communication, articulée autour d’un message : sous Macron, le revenu des Français a été préservé, voire a augmenté, et ce malgré la pandémie et la crise. « Si on est honnête intellectuellement, on peut dire que le “quoi qu’il en coûte” aura été un puissant maintien du pouvoir d’achat, avec les mécanismes de compensation, le chômage partiel à 100 % pour les smicards, les aides aux entreprises, etc., confirme Louis Maurin, président de l’Observatoire des inégalités. Il y a eu un recul de 8 % de l’activité, les revenus auraient dû reculer de 8 %, ce que Macron a su éviter en laissant filer l’argent public. Mais c’est une parenthèse dans son mandat. »

Hors pandémie, les mots d’ordre ont été au contraire : baisse des dépenses publiques et de l’imposition. Le ministère de l’Économie et des Finances s’en félicite d’ailleurs. « Les promesses du président de la République sont tenues : les impôts des Français ont baissé. Sur l’ensemble du quinquennat, c’est plus de 50 milliards d’euros d’impôts qui n’ont pas été prélevés à nos concitoyens. Ce n’était pas arrivé depuis vingt ans ! » s’est ainsi félicité le ministre Bruno Le Maire. Selon Bercy, la suppression de la taxe d’habitation couplée aux baisses d’impôt sur le revenu aura permis d’économiser jusqu’à 4 650 euros d’avril 2017 à avril 2022, pour un couple sans enfant gagnant 40 000 euros par an.

Cet exercice d’autosatisfaction illustre parfaitement l’esprit qui a guidé le quinquennat Macron en matière de pouvoir d’achat. En économie, il n’y a pas 50 leviers pour agir sur le revenu disponible par foyer. Il en existe en réalité trois majeurs : une politique monétaire pour jouer sur les prix, une politique d’augmentation des salaires et/ou des aides, ou bien de la réduction fiscale. Nourrie par la croyance néolibérale qui veut que les Français détestent les impôts, la Macronie a tout misé sur la politique fiscale, au bilan de laquelle Bercy omet d’ajouter la suppression de l’ISF et la création de la « flat tax » sur le capital. Deux décisions qui, n’en déplaise à ceux qui croient à la théorie du ruissellement comme on croit au père Noël, ont surtout « nourri l’épargne des plus aisés », rappelle Louis Maurin. Selon le rapport du comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital de France Stratégie daté d’octobre 2020, les 0,1 % de Français les plus aisés sont un quart de fois plus riches que les mêmes 0,1 % de 2017. Parallèlement, il y a désormais 9,3 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, contre 8,9 millions en début de quinquennat. Et les inégalités augmentent, atteignant leur plus haut niveau en vingt ans (hors crise de 2008), alors que les plus pauvres subissent notamment la baisse des allocations logement (APL).

Quant à la suppression de la taxe d’habitation, elle a certes mécaniquement augmenté le revenu disponible des ménages. Mais « elle a conduit à une dépendance accrue des collectivités locales vis-à-vis de l’État, en asséchant leurs revenus propres. Et surtout, supprimer la taxe d’habitation pour tous ne résout pas la question de mettre en place une imposition plus juste et progressive », souligne Mireille Bruyère.

« La volonté de ne pas réduire les inégalités »

Autre levier dont la Macronie est très fière : l’augmentation de la « rémunération », à défaut d’un rehaussement des salaires. C’est la prime d’activité pour 5 millions de foyers (qui s’élève 236 euros en janvier 2020 pour un smicard), les baisses de cotisations sociales (et donc du salaire socialisé) et la distribution, selon la conjoncture, d’aides de compensation comme les chèques alimentaires, le chèque énergie ou le passe culture. Soit, pour l’essentiel, des aides conditionnées, que ce soit au fait de travailler ou à un type de dépense particulier. La polémique récente sur les allocations de rentrée scolaire en témoigne : quand le gouvernement donne de l’argent aux pauvres, il surveille à quoi ces derniers l’utilisent. Pour les plus riches en revanche, le tapis rouge fiscal est déroulé sans contrepartie, en croisant les doigts pour que cela ruisselle. De plus, les salariés ne cotisent rien sur ces dispositifs qui permettent d’esquiver la question de l’augmentation des salaires, et en premier lieu du Smic. Cela ne fait pas non plus oublier la baisse des APL, qui a touché 39 % des jeunes allocataires, ou encore la future réforme de l’assurance-chômage. Selon l’Unédic, 400 000 chômeurs vont voir leur indemnisation moyenne chuter de 890 à 535 euros par mois, et pour 72 000 chômeurs elle passerait même à 389 euros. Le pouvoir d’achat oui, mais seulement pour ceux qui ont su « traverser la rue ».

« La volonté de ne pas réduire les inégalités, voire au contraire d’assumer de les laisser s’accroître en limitant l’imposition des riches, est la grande erreur du macronisme, conclut le journaliste économique Guillaume Duval (1 ). Au-delà de la question morale, elle empêche toute action conséquente face à la transition écologique. On ne peut la mener de manière effective que si on réduit drastiquement les inégalités, car c’est le mode de vie des riches qui conditionnent les modes de consommation. Tant qu’on ne change pas cela, on ne pourra pas rendre acceptable des efforts pour les plus pauvres : on ne peut pas augmenter le revenu du capital et taxer dans le même temps les plus fragiles.  »

(1) Auteur de l’Impasse. Comment Macron nous mène dans le mur (les Liens qui libèrent).
La cgt réclame un smic à 2 000 euros brut

La CGT a revu en juin dernier ses revendications à la hausse. La confédération syndicale réclame désormais un Smic à 2 000 euros brut. Une évolution justifiée par le contexte à la fois de la crise, mais aussi des bénéfices record réalisés par les grandes entreprises, comme nous l’explique Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT. « On sait qu’on peut financer largement cette hausse à 2 000 euros, on le doit même », assure-t-elle. « Nous demandons l’ouverture de négociations pour la revalorisation de tous les salaires, au moins dans les grandes entreprises, en les accompagnant d’actions collectives », indique la syndicaliste.

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« Milliards en fuite ! » : les 10 pistes d’Éric et Alain Bocquet pour remettre l’économie et la finance au service de tous

Posté par jacques LAUPIES le 19 septembre 2021

Alain et Éric Bocquet, respectivement ancien parlementaire et sénateur du Nord. © David Pauwels

 Alain et Éric Bocquet, respectivement ancien parlementaire et sénateur du Nord. © David Pauwels

 

« Milliards en fuite ! » : les 10 pistes d’Éric et Alain Bocquet pour remettre l’économie et la finance au service de tous

Samedi 18 Septembre 2021

La révolution libérale ne marche pas, elle court. Le secteur financier engrange des bénéfices record sans règle ni contrainte, tout en imposant discipline et rigueur aux états qui survivent parfois au bord du gouffre. L’« HD » a rencontré Éric et Alain Bocquet, auteurs de « Milliards en fuite ! – Manifeste pour une finance éthique », et explore les leviers d’action pour mettre à bas la domination des voleurs et reprendre notre destin en main. ENTRETIEN.

 

Avec « Milliards en fuite ! », les frères Bocquet avancent 10 pistes pour mettre au pas le monde de l’argent. Après le succès de « Sans domicile fisc », les Nordistes dépassent, dans ce nouvel opus, leur cheval de bataille de l’évasion fiscale pour décoder des pans entiers de la finance. Entretien avec Éric Bocquet, sénateur PCF, et Alain Bocquet, ancien député et maire de Saint-Amand-les-Eaux.

Les 10 propositions des frères Bocquet :

  1.  Une COP fiscale plus que jamais d’actualité
  2. Créer une Organisation mondiale de la finance
  3. En finir avec la spéculation sans visage
  4. Déjouer l’alchimie du blanchiment
  5. Assécher les paradis fiscaux
  6. Repenser la lutte contre l’impunité fiscale
  7. Bâtir une fiscalité juste, démocratique
  8. Dissoudre en partie la dette ou la rembourser
  9. Pour changer la finance, d’abord changer son enseignement
  10. Mobilisation citoyenne : agir local, penser mondial

Conclusion – Engagez-vous !

Icon Right Dans cet article, nous revenons sur cinq de ces leviers.

Vous vous êtes fait connaître avec votre combat contre l’évasion fiscale. Qu’est-ce qui vous a motivés, cette fois-ci, à vous attaquer aux « Milliards en fuite » ?

ÉRIC BOCQUET L’idée est venue avec le Covid-19. La pandémie a tout bousculé sur le plan économique, financier et social. Très vite, nous avons commencé à élargir le propos, au-delà de l’évasion fiscale, en nous attaquant au fonctionnement global de la finance mondiale, de ses excès, de ses conséquences concrètes dans la vie des gens, mais aussi sur le financement des États.

ALAIN BOCQUET La tournée pour notre dernier livre nous a conduits à rencontrer plus de 10 000 personnes et à être invités dans plus de 80 débats. Toutes ces rencontres nous ont indiqué une chose importante : la compréhension de la domination de la finance mondiale n’est pas totale chez les citoyens. Et, pourtant, ce système vit sur une spéculation généralisée. Quand on sait que seulement 2,5 % des transactions financières reposent sur l’économie réelle, il y a de quoi s’inquiéter sur l’avenir de l’humanité.

 

Quels ont été les interlocuteurs qui vous ont le plus marqués, lors de votre tournée pour « Sans domicile fisc » ?

ALAIN BOCQUET Tous ! Du citoyen qui découvrait le problème de l’évasion fiscale, en passant par de nombreux syndicalistes, mais aussi des chefs d’entreprise, des militants chrétiens réunis grâce aux évêques ou encore des francs-maçons. Nous avons vu toutes les catégories de la société et toutes partagent notre inquiétude sur le monde que nous voulons demain.

« Milliards en fuite ! » fourmille d’informations, quelle est votre méthode de travail ?

ÉRIC BOCQUET Avec Alain, et Pierre Gaumeton (journaliste –NDLR), nous nous sommes beaucoup documentés, avec le souci de la rigueur, mais aussi avec un travail de fond. Notre logiciel militant nous permet d’échapper aux rouleaux compresseurs de la pensée unique.

ALAIN BOCQUET Nos travaux parlementaires nous ont été très utiles. Cette expérience nous a donné l’envie d’aller creuser au plus profond de ces sujets, avec un point de vue largement ouvert aux apports des ONG et des journalistes lanceurs d’alerte. D’ailleurs, les pistes que nous mettons en avant dans notre manifeste ne sont pas à prendre ou à laisser, mais à débattre.

Entre ce livre et le précédent, le monde a changé du fait de la pandémie. Comment la finance a-t-elle tiré son épingle du jeu et pour quelles conséquences ?

ALAIN BOCQUET La finance a toujours un temps d’avance. Elle s’organise pour précéder les modifications législatives qui pourraient s’imposer à elle, et c’est bien là le problème. Avec la pandémie, on pourrait imaginer que, face à autant de morts et de souffrance, tous les hommes dans ce monde pourraient se donner la main. Que nenni ! Nous ne sommes plus à l’époque de Jonas Salk qui avait refusé de breveter son vaccin contre la poliomyélite. Au lieu de cela, ils ont engrangé les bénéfices.

L’exemple le plus scandaleux se déroule le jour de l’annonce des résultats prometteurs des premiers essais d’un vaccin par Pfizer. Son action a bondi de 15 % et son PDG a vendu des titres pour 5,6 millions de dollars. Mais, en plus, les grands groupes pharmaceutiques ont eux-mêmes organisé la pénurie, empêchant l’immunité vaccinale mondiale. Cela pourrait relever d’un crime contre l’humanité, mais aussi d’une non-assistance à personne en danger.

ÉRIC BOCQUET Aujourd’hui, les marchés financiers retrouvent leur rentabilité d’avant la pandémie. À travers la dette, ils ont accru leur emprise sur les États et les futures politiques qui vont être menées. Si les gens ne se mobilisent pas, cela nous promet des lendemains difficiles. Mais la crise a aussi fait ressurgir des inégalités insupportables. Rendez-vous compte, la France n’a jamais connu autant de millionnaires, plus de 700 000 alors que, depuis le début de la pandémie, les distributions alimentaires aux personnes à la rue ont connu une augmentation de 40 %.

DOSSIER Tous nos articles sur le laboratoire Pfizer

Parmi les éléments que la crise sanitaire a changés, vous pointez le carcan budgétaire européen. Qu’opposez-vous au gouvernement qui a décidé d’en finir avec le « quoi qu’il en coûte » pour renouer avec l’austérité inspirée des traités européens ?

ÉRIC BOCQUET Toutes les sacro-saintes règles budgétaires ont explosé ! Avant la pandémie, on nous disait : « Attention, l’endettement de la France approche les 100 % », sous-entendu, demain, ce serait l’apocalypse. Six mois plus tard, avec la crise, on approchait les 120 % et rien ! Évidemment, le gouvernement n’avait pas d’autre choix que d’apporter de l’argent public pour éviter l’effondrement général de notre économie. Mais, aujourd’hui, on nous chante la petite musique du remboursement de la dette. D’ailleurs, les aides européennes sont toujours conditionnées à la mise en place de réformes dites « structurelles », notamment sur les retraites ou les services publics. Pour les États, ce n’est jamais gratuit, mais pour les entreprises, en revanche, les aides publiques sont délivrées par milliards sans contreparties.

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Pourquoi avoir choisi d’aborder cette question de la dette dans votre livre ?

ÉRIC BOCQUET Il y a dans le discours néolibéral un paradoxe hallucinant. On nous dit que la France doit conserver la confiance de ceux qui nous financent pour éviter la catastrophe. Mais un pays comme la France obtient des prêts à taux négatifs parce que les marchés ont l’assurance d’être remboursés ! D’ailleurs, nous allons emprunter, cette année, 270 milliards d’euros et vous verrez qu’ils ne vont pas nous coûter cher. En réalité, la dette publique est utilisée comme une arme de destruction massive des aspirations du peuple.

ALAIN BOCQUET D’ailleurs, annuler une partie de la dette d’un État, comme nous le proposons pour la France, c’est possible. L’histoire est là pour nous le rappeler, comme en RFA, en 1953. Mais cela demande une volonté politique.

Vous n’excluez pas que la mafia puisse en détenir une partie. Comment est-il possible que des dettes souveraines, dont celle de la France, puissent se trouver aux mains de réseaux criminels ?

ÉRIC BOCQUET L’Agence française du Trésor, chargée de lancer des appels d’offres sur les marchés financiers, ne vend des titres de la dette qu’à une quinzaine d’établissements ayant un agrément. Mais, dans un deuxième temps, ces titres sont revendus sur le marché secondaire. Et c’est à ce moment que nous n’avons plus de visibilité sur l’identité des détenteurs. Nous pouvons donc imaginer qu’une société offshore qui a son siège aux Bahamas, détenue par un narcotrafiquant colombien, puisse avoir dans ses comptes des titres de notre dette.

ALAIN BOCQUET Il n’existe aucune traçabilité, aucune transparence. Quand on sait que 10 % du PIB mondial est détenu par l’argent sale, il y a là plein de questions à soulever et un travail de clarté à réaliser.

« Manifeste pour une finance éthique » est le sous-titre de votre ouvrage. Les deux termes ne sont-ils pas incompatibles ? Face aux défis sociaux et environnementaux de notre siècle, mettre au pas la finance peut-il suffire ?

ÉRIC BOCQUET Nous souhaitons faire de l’argent le nerf de la paix. Face aux enjeux de notre siècle, on nous dit partout que l’argent n’existe pas. Eh bien si, au contraire ! Mais, pour cela, les États doivent reprendre la main. C’est presque une gageure de parler de finance éthique. Mais il n’y a aucune fatalité à ce que ces pratiques d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent perdurent. On dit que l’argent n’a pas d’odeur, mais je pense que certains gouvernements n’ont pas d’odorat.

ALAIN BOCQUET Il faut absolument que les citoyens s’emparent du problème et reprennent le pouvoir sur l’argent. C’est d’ailleurs la dixième piste dans notre livre. Une infime minorité détient les milliards. Mais nous sommes des milliards d’êtres humains à pouvoir décider de l’utilisation de cet argent, qui, après tout, appartient à ceux qui ont créé les richesses. C’est évidemment un combat communiste et humaniste !

Justement, qui sont les bénéficiaires de ce système qui fonctionne à la fois sur l’évasion fiscale, mais aussi sur les bénéfices à tirer des dettes des États ?

ÉRIC BOCQUET On estime que 8 % du PIB mondial est dissimulé dans les paradis fiscaux, soit plus de 6 000 milliards de dollars. Tout cela profite aux marchés financiers, aux multinationales, mais surtout aux Gafam. Ces géants ont enregistré pas moins de 27 milliards de dollars en plus durant les mois de pandémie en 2020. D’ailleurs, les Gafam ont en tête de se substituer aux États en investissant dans la santé, dans l’éducation, dans des voitures sans chauffeur… Ils ont maintenant le PIB de certains États et, à terme, ne leur manqueront plus que l’armée et la diplomatie.

ALAIN BOCQUET Il est urgent de remettre à plat l’organisation de la finance mondiale. Nous ne sommes plus à l’époque de la domination du dollar. C’est pourquoi nous proposons la création d’une organisation mondiale de la finance, avec des représentants de ce milieu, mais aussi des États, des Parlements, des ONG, des syndicats, pour gérer la Bourse mondiale. Vaste sujet !

 

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