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Oui les atteintes à l’environnement constituent un délit !

Posté par jacques LAUPIES le 25 octobre 2020

Les incendies volontaires concourent à la déforestation en Amazonie.

Les incendies volontaires concourent à la déforestation en Amazonie.
 

Droits. Front commun international pour faire reconnaître l’écocide

Vendredi 23 Octobre 2020
Une dizaine d’élus internationaux lancent, ce 23 octobre, l’Alliance mondiale des parlementaires pour la reconnaissance juridique, à l’échelle mondiale, les crimes majeurs commis à l’encontre de l’environnement et des biens communs.
 

Voilà bientôt cinquante ans, en 1972, Olof Palme, Premier ministre de la Suède, avançait l’idée d’écocide lors de la Conférence de Stockholm, premier sommet international pour la protection de l’environnement organisé sous l’égide de l’ONU. Depuis lors, les crimes majeurs contre la nature n’ont cessé de se répéter et leurs impacts de s’aggraver, sans que la notion même ne soit encore reconnue par les instances mondiales.

Alors que la bataille pour accorder à l’écocide un statut juridique à l’échelle mondiale a repris depuis quelques années, des élus de plusieurs pays ont décidé de s’organiser pour appuyer la revendication.

Une Alliance des parlementaires pour la reconnaissance de l’écocide, au même titre que le crime contre l’humanité, vient d’être lancée ce vendredi 23 octobre. Elle rassemble, pour l’heure, une dizaine de représentants de pays d’Europe, d’Océanie, d’Asie et d’Amérique. «  Ce défit est international », rappelle Marie Toussaint, juriste, fondatrice de l’ONG Notre affaire à tous, et aujourd’hui députée européenne chez les Verts. «  La dégradation de la planète ne cesse de s’aggraver et les crimes environnementaux autant que leurs responsables restent le plus souvent impunis », expliquait-elle lors d’une conférence de presse organisée en ligne, qui rassemblait plusieurs initiateurs de la démarche. « En tant que parlementaires, nous avons le devoir de porter la voix des citoyens « poursuivait Marie Toussaint.  » C’est également à nous qu’incombe la tâche de rédiger des lois. »

« Au Brésil, nous perdons 1,5 million d’hectares de forêt chaque année »

Très précisément, l’Alliance définit l’écocide comme «  une destruction ou des dommages graves portant atteinte à toute partie ou système appartenant aux biens communs mondiaux, ou à tout écosystème à une échelle telle qu’elle pourrait menacer la vie des générations présentes et/ou futures, mais surtout la sécurité et la viabilité de la planète ». La chose peut sembler extraordinaire : elle est pourtant commune, rappellent les parlementaires. «  Au Brésil, la déforestation et la destruction d’écosystèmes entiers sont à un niveau tel que nous sommes près d’atteindre un point de non-retour, après lequel rien ne sera plus réparable », explique Rodrigo Agostinho, député de l’Assemblée fédérale du Brésil. «  Nous perdons en moyenne 1,5 million d’hectares de forêt chaque année, et plus de 1 000 espèces végétales et animales sont, chez nous, menacées. »

Depuis deux ans, les incendies n’ont cessé de se multiplier dans la forêt amazonienne, poursuit le député. Et si le réchauffement climatique les attise, c’est bien la main de l’homme qui les déclenche, alors que la plupart sont attribuables aux fazendeiros et autres grands exploitants agricoles en quête de terres à cultiver. «  Aucun de ces crimes n’est jamais puni », reprend Rodrigo Agostinho, «  ou quand ils le sont, c’est au prix d’une simple amende. » Ceux qui osent élever la voix pour dénoncer ces agissements, en outre, le font au prix de leur sécurité, voire de leur vie. Le pays compte aujourd’hui au nombre de ceux où les défenseurs de l’environnement se font le plus assassinés.

Les pays de l’OCDE laissent les criminels environnementaux imposer leurs empreintes sur l’environnement

Même mécanique aux Philippines, explique Eufemia Cullamat, représentante de la communauté indigène Mindanaode à la chambre des représentants du pays. «  Les peuples autochtones sont confrontés à des violations de leurs droits », lesquels peuvent aller, là encore, jusqu’à l’assassinat. Dans les deux cas, l’État tolère, voire alimente les exactions, en empêchant la mise en place de garde-fous légaux, ou en supprimant ceux déjà existants.

Les pays totalitaires, cependant, ne sont pas seuls à être pointés du doigt. Menaces sur telle ou telle espèce animale, poursuite d’activités extractivistes mettant en danger les ressources naturelles, telle que la production d’hydrocarbures de schiste, ou autres pressions exercées sur lesdites ressources : les pays de l’OCDE laissent, eux aussi, les criminels environnementaux - souvent de grandes entreprises - imposer leurs empreintes sur l’environnement, insistent les membres de l’Alliance. Bien sûr, dans de nombreux cas, des lois existent aux échelles nationales, censées empêcher les pratiques délétères. Le fait est qu’elles ne sont pas suffisantes.

L’objectif, avancent les parlementaires, est à présent d’explorer de nouveaux systèmes législatifs. La reconnaissance de l’écocide ne vise ni à remplacer les lois nationales, ni à étouffer les batailles qui se mènent localement, «  mais à les suppléer, les relayer et les décupler », insiste Inès Sabanes, qui, jusqu’en janvier dernier, était encore députée du parti Vert espagnol. L’Alliance nouvellement créée se veut un outil pour mener la campagne, «  partager les expériences et les savoirs afin de réussir à introduire la reconnaissance de l’écocide dans le droit international, mais aussi dans nos pays respectifs », conclue Marie Toussaint.

Tuvalu et les Maldives à l’offensive pour sauver leur avenir

Plusieurs fenêtres se sont ouvertes ces derniers mois qui peuvent laisser aux parlementaires l’espoir de remporter la bataille. La pression citoyenne en est une – en France, la Convention citoyenne pour le climat place la reconnaissance de l’écocide au nombre de ses 149 propositions.

Dans plusieurs pays, des travaux législatifs avancent également dans ce sens, comme en Suède, où trois propositions sont aujourd’hui en débat devant le parlement. À l’internationale, enfin, les États insulaires de Tuvalu et des Maldives ont déposé un amendement devant la Cours pénale internationale pour demander qu’elle reconnaisse les écocides, et les traite au même titre que les crimes contre l’humanité. Il faut dire que les deux archipels ont gros à jouer, alors que la montée du niveau des mers, promise par un réchauffement climatique qui s’élèverait à près de 2 °C, menace directement leur existence à courts termes.

Oui les atteintes à l'environnement constituent un délit !

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Les préceptes religieux sont toujours sujet à interprétations…

Posté par jacques LAUPIES le 24 octobre 2020

 

Les préceptes religieux sont toujours sujet à interprétations mais certaines d’entre elles peuvent conduire, au pire, à des actes de violences. Peu de religions échappent ou ont échappé à ce phénomène dont la cause est souvent extérieure  à la religion elle même.
 
Nul doute que l’économie, les rapports sociaux qui en découlent sont souvent les causes  de ces interprétations qu’en font des « prophètes » malveillants. Le discernement des croyants est mis à l’épreuve et leur condition sociale peut être un élément  qui contrarie ce discernement.
 
La foi en une croyance religieuse, voire parfois l’interprétation dogmatique d’une idéologie, peuvent troubler les esprits. Pas nécessairement à l’égard d’un crime abominable, somme toute isolé, mais à l’égard des guerres et des génocides ou ravages meurtriers qu’elles provoquent et dont ils ne voient pas les causes profondes !
 
 
 
 
 
 

Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’islam de France.

Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’islam de France.
 

Ghaleb Bencheikh : « En ces temps obscurcis, faire rayonner l’islam des Lumières »

Vendredi 23 Octobre 2020

Ce vendredi, les pratiquants sont appelés par diverses instances religieuses musulmanes françaises à prier à la mémoire de Samuel Paty. L’islamologue Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’islam de France, montre en quoi la religion du Coran doit faire face à de multiples défis, parmi eux, la lutte contre l’islamisme. ENTRETIEN.

 

Comment expliquez-vous l’acte de Conflans-Sainte-Honorine ? Comment expliquer que l’on tue pour des caricatures ?

GHALEB BENCHEIKH Hélas, le cauchemar continue. C’est le énième attentat, réussi, spectaculaire au sens premier du terme, qui ôte une vie humaine, en l’occurrence celle du professeur Samuel Paty, commis au nom d’une religion. Il est le fait du passage à l’acte d’un post-adolescent, inculte et ignare, fanatisé, à qui on a suggéré, fait savoir ou ordonné qu’il y a un mécréant qui s’attaque à la figure sacralisée du Prophète. Celui qui a commis cet acte méconnaît le respect que la tradition islamique porte à celui qui enseigne. Aujourd’hui le temps est au recueillement, mais aussi à la volonté invincible d’en finir une bonne fois pour toutes avec ce terrorisme abject. Notre détermination à venir à bout de ces actes est absolue. Notre volonté de résistance est totale.

 

Comment faire la part des choses entre islam et islamisme ? Pourquoi y a-t-il tant de mal à lever les amalgames ?

GHALEB BENCHEIKH La première raison – sans autoflagellation aucune, sans haine de soi et sans même m’appesantir sur le passé – est que, quand les crimes au nom de la tradition religieuse islamique ont commencé à être perpétrés et que le terrorisme islamiste a sévi, nous n’avons pas entendu suffisamment et avec force les voix des hiérarques musulmans condamner sans équivoque ces dérives meurtrières. Je pense à l’Algérie lors de la décennie noire, à la Jamaa islamiya en Égypte, à Boko Haram au Nigeria, etc. Les préceptes islamiques de bonté, d’amour, de miséricorde, les messages de paix, de fraternité ont été bafoués depuis longtemps et avilis par les djihadistes et les extrémistes. Cela a laissé dans l’esprit de beaucoup, et a fortiori dans l’esprit de non-musulmans, comme un soupçon de complicité tacite. Ensuite, il est vrai, devant l’horreur qui allait crescendo, ces mêmes hiérarques ont commencé à condamner, à dire halte à l’amalgame, ceci n’a rien à voir avec l’islam, c’est une religion de paix. Mais cela n’était pas suffisant. Depuis le Bataclan, Charlie et l’Hyper Cacher, certains continuent à dire oui, nous condamnons mais n’oublions pas que les musulmans sont stigmatisés aussi. Ce discours est devenu insupportable et inaudible. Tout comme est dangereux ce discours qui consiste, quoi que vous fassiez, quoi que vous disiez, à prétendre que la violence est intrinsèque, propre à l’islam. C’est la zemmourisation des esprits : des propos à l’emporte-pièce, sans analyse, sans distanciation, un déversoir de haine et d’hostilité, du ressentiment, voire une forme de racisme contre les adeptes de telle ou telle religion. La démission de l’esprit et la défaite de la pensée donnent lieu à une confusion terrible des registres : le registre théologique avec le registre social et politique. Dans l’actuelle séquence, malheureuse, de telles paroles se libèrent davantage. Nous devons en sortir par le haut.

Pour quelles raisons, en 2020, l’islam de France n’a pas encore trouvé sa place malgré la présence de 5 millions à 6 millions de citoyens de confession ou de culture musulmane ?

GHALEB BENCHEIKH Nous avons connu trois décennies d’individus, le plus souvent autoproclamés, parlant au nom de l’islam alors qu’ils sont totalement incompétents. Ajoutez à cela les divisions et ce qu’on appelle l’islam consulaire. Un terrible paradoxe. Des puissances étrangères, loin d’être démocratiques, se mêlent de l’islam de France alors même qu’il est demandé à l’État français, en vertu de la loi de séparation de 1905, de ne pas se mêler de l’organisation interne des cultes. Ici, certains gouvernements ont géré l’affaire islamique en laissant jouer le clientélisme, comme on le faisait dans les Républiques bananières. Le meilleur exemple est la manière qui a présidé à l’instauration du « machin », le fameux Conseil français du culte musulman. En 2003, un ancien ministre de l’Intérieur, pressé de devenir président, réunissait des consultants, devenus, en un week-end, dirigeants d’un organe dit « représentatif », censé gérer les questions cultuelles islamiques. Résultat : ils n’ont rien fait, laissant le terrain vide et une jeunesse à la merci de prédicateurs et d’idéologues médiocres et dangereux, en quête de leadership. Aujourd’hui, le CFCM est présidé par Mohammed Moussaoui, un homme sage, qui a une réelle volonté de répondre aux interrogations de la jeunesse francaise de tradition musulmane.

Vous militez pour un travail de refondation de la pensée islamique. Ne vous sentez-vous pas un peu seul dans cette école de l’islam des Lumières au moment où semblent dominer les thèses fondamentalistes et salafistes ?

GHALEB BENCHEIKH Les idées, surtout si on y croit sans dogmatisme, qu’on les soumet à la confrontation, à l’argument rationnel, il faut les semer. Je n’ai pas l’impression que ce que je défends soit nouveau. Il existe une lignée de réformateurs. Il est vrai, aujourd’hui, nous avons une régression dans la régression. Une première régression tragique, après un apogée civilisationnel, peut-être avec Soliman le Magnifique du temps de l’Empire ottoman, lui-même concomitant à deux autres empires, moghol et safavide. La civilisation islamique fut une civilisation impériale. Il y a eu déclin et colonisabilité. La colonisation fut une abomination absolue. Elle a été suivie par une trahison des idéaux des révolutions de recouvrement des indépendances. Ce fut le cas en Algérie lorsque ont été trahies les résolutions du congrès de la Soummam. Puis a commencé le flirt avec les sirènes islamisantes. Nous devons en finir avec l’idée que, avant 622, avant l’hégire, ce fut l’obscurantisme et après les lumières de la foi, que nous n’avons pas besoin d’autre chose que ce que le Coran nous donne. Cela est asphyxiant et mortel, et malheureusement c’est ce que nous entendons de plus en plus. On judiciarise la non-observance du jeûne, on punit de mort le blasphème, on applique la peine capitale pour des considérations de conscience. Criminaliser l’apostasie est criminel. Cela ne peut pas continuer comme ça et ce n’est pas l’idée que nous nous faisons de la révélation coranique.

Comment opérer cette refondation de la pensée islamique ?

GHALEB BENCHEIKH La séquence Descartes et Freud a été ratée en contexte islamique. Il est temps de la rattraper, de l’assimiler puis de la critiquer et de la dépasser. Nous sommes en 2020, au XXIe siècle. La refondation doit s’atteler à des chantiers colossaux : liberté, égalité, désacralisation de la violence, autonomie du champ de la connaissance. D’abord les libertés fondamentales, notamment la liberté de conscience, et ses corollaires, la liberté d’expression et d’opinion, croire, ne pas croire, pouvoir changer de croyance. Ensuite, l’égalité entre les êtres humains. Les ressources pour pouvoir l’établir existent dans le patrimoine islamique mais cela n’est pas suffisant. La refondation de la pensée théologique a besoin d’asseoir et de trouver les arguments contemporains dans la modernité. La désacralisation de la violence va de pair avec l’autonomisation du champ du savoir par rapport à celui de la révélation et de la croyance. On ne peut pas dire « si c’est conforme au Coran on l’étudie, et si ce n’est pas conforme, on le rejette ». Il faut en finir avec l’obsession de la norme religieuse, du licite et de l’illicite, jusqu’à la névrose. Dans l’histoire, pourtant, une liberté par rapport au texte a existé, nous ne comprenons pas pourquoi ce n’est plus possible. C’est pourquoi il ne s’agit pas d’opérer un simple aggiornamento, mais une vraie refondation qui passe aussi par la réinterprétation des textes. En résumé, « transgresser, déplacer, dépasser », comme le dit le grand penseur de l’islam Mohammed Arkoun. Transgresser des tabous car on a rendu le sacré obèse et de plus en plus asphyxiant. Ouvrir les clôtures dogmatiques, se libérer des enfermements doctrinaux, déplacer les études du sacré vers d’autres horizons cognitifs, porteurs de sens et d’espérance comme le sont les disciplines des sciences de l’homme et de la société. Pour y arriver nous devons en finir avec la pression communautaire. Il est temps qu’il y ait émancipation du sujet musulman. Qu’il devienne citoyen.

C’est pour cela que vous appeliez, en 2019, à ce que l’islam soit « une cause nationale » ?

GHALEB BENCHEIKH Oui, c’est l’affaire des musulmans certes, mais c’est un enjeu de civilisation et une cause nationale parce que cela concerne l’ensemble des citoyens. Il y a tout de même, entre la France et l’islam, une histoire pluriséculaire, faite de conflits, certes, mais aussi d’échanges auréolés d’une vraie philosophie de la relation. « L’islam fait partie intégrante de notre histoire collective », ainsi que le rappelle Jean-Pierre Chevènement, à qui j’ai succédé à la tête de la Fondation.

La Fondation de l’islam de France peut-elle lutter efficacement contre l’islamisme ?

GHALEB BENCHEIKH Sa vocation première est d’endiguer la déferlante wahabo-salafiste, réductrice et manichéenne, qui nourrit le terrorisme djihadiste. Elle a des missions éducatives, culturelles, sociales. Nous devons recouvrer une discipline de prestige en France qui est l’islamologie savante, reconnaître à l’islam sa complexité et ses apports à l’universalité. On ne peut pas ramener toute une civilisation à une affaire de certificat de « virginité ». La Fondation agit pour que la jeunesse qui tend à s’abreuver sur Internet auprès de « Cheikh Google 2.0 » ne soit pas livrée aux proies faciles des charlatans et des islamistes. Elle essaie de faire sa part pour préserver les enfants des quartiers des germes et tentations djihadistes. De nombreuses mères de famille m’interpellent, en me disant : « Aidez-nous, nos enfants n’ont que le choix entre la délinquance et la radicalisation. »

De quels outils la Fondation dispose-t-elle ?

GHALEB BENCHEIKH Je citerai notre campus numérique Lumières d’islam, dont l’ambition est d’en faire très vite le premier site de référence francophone islamique, dans les aspects civilisationnels, culturels, artistiques, littéraires, d’islamologie et même spirituels. L’objectif est de renouer avec les humanités et avec l’humanisme en contexte islamique, oblitérés et effacés des mémoires, insoupçonnés même. Outre l’université digitale, nous avons des universités populaires itinérantes qui, de ville en ville, de quartier en quartier, portent le débat, la confrontation des idées. Un débat citoyen entre musulmans et non-musulmans, pour apprivoiser les peurs, exorciser les hantises et un débat intra-islamique. Une réelle dynamique a été stoppée par la pandémie. La Fondation octroie des bourses pour les étudiants et dispense une formation civique (profane et laïque) des prédicateurs, des aumôniers, des imans. À l’heure actuelle, leur formation ne se hisse même pas aux exigences de la théologie classique.

N’est-il pas important aussi, comme le disait Abdelwahab Meddeb, de « relever chez les musulmans l’estime de soi et chez les non-musulmans la considération due à l’islam » ?

GHALEB BENCHEIKH C’est ce qu’il faut faire, et alors nous aurions réussi notre mission. Et du coup apaisé les tensions, normalisé, voire banalisé le fait islamique en France. C’est pour cela que c’est une cause nationale.

Ne pensez-vous pas, a contrario, que l’on s’en éloigne dans le climat actuel ?

GHALEB BENCHEIKH Une parole inintelligente s’est libérée malheureusement. La machine s’est emballée. Elle risque encore d’envenimer la situation. Espérons que le paroxysme de ce drame sera atteint, qu’après ces convulsions viendra le temps de l’analyse. Nous savons que les extrémistes se nourrissent les uns des autres. Et nous nous retrouvons pris en tenaille entre l’extrémisme djihadiste et celui de l’extrême droite et de la droite « identitariste » et suprémaciste. Tout cela, aussi, à cause de beaucoup de démissions, y compris politiques. Nous sommes en pleine tempête. Il y a les barreurs de grand temps et les barreurs de petit temps. Il faut que nous tenions la barre des grands temps, ne pas abdiquer. Cela prendra du temps mais il faut passer à une autre séquence.

La paix et les hommes

Diplômé de sciences et de philosophie à l’université Paris-VI et Paris-I, Ghaleb Bencheikh préside la Fondation de l’islam de France depuis 2018. Membre du Conseil des sages de la laïcité et président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont un Petit Manuel pour un islam à la mesure des hommes (JC Lattès). Il anime l’émission Questions d’islam sur France Culture. Il a présenté l’émission Islam sur France Télévisions de 2000 à 2019. Son père, cheikh Abbas El Hocine, était recteur de la Grande Mosquée de Paris de 1982 à 1989.

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Covid-19. Le virus frappe partout et touche plus durement les précaires

Posté par jacques LAUPIES le 23 octobre 2020

 

Tous les indicateurs sont dans le rouge pour la ville de Clermont-Ferrand, qui se verra imposer un couvre-feu dès vendredi à minuit. Thierry Zoccolan/AFP

Tous les indicateurs sont dans le rouge pour la ville de Clermont-Ferrand, qui se verra imposer un couvre-feu dès vendredi à minuit. Thierry Zoccolan/AFP
 

Covid-19. Le virus frappe partout et touche plus durement les précaires

Vendredi 23 Octobre 2020

En hausse, l’épidémie s’étend maintenant à des territoires ruraux pourtant relativement épargnés par la première vague, et attaque les zones où les inégalités sont les plus fortes.

 

Décidément, le Covid-19 continue de gagner du terrain. En France, les dernières données relatives à son évolution font état d’une situation inquiétante. Selon Santé publique France, 26 676 nouveaux cas ont été dépistés entre mardi et mercredi, et la barre de 34 000 décès depuis le début de l’épidémie a été franchie avec 166 morts de plus. À cela s’ajoutent 284 nouvelles entrées en réanimation, ce qui amène le total des personnes hospitalisées au sein de ses services à 2 239, pour une capacité nationale de 5 800 lits. Deux régions, l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, concentrent à elles seules respectivement 30 % et 16 % de ces cas.

Des « mois d’hiver difficiles », selon le Conseil scientifique

Les prévisions du Conseil scientifique, qui avait promis des « mois d’hiver difficiles », semblent hélas se réaliser. Sans surprise, les métropoles sont particulièrement touchées par la montée de l’épidémie. Leurs « densités de population » et leurs « vies sociales probablement plus intenses » peuvent expliquer la hausse des contaminations, selon Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français. Le taux d’incidence (soit le nombre de nouveaux cas sur sept jours pour 100 000 habitants) de l’estudiantine et populaire Saint-Étienne est l’un des plus élevés de France, avec 716 nouveaux cas. Comme elle, Paris, Lille, Lyon, Marseille, Rouen, Grenoble, Montpellier et Toulouse attendent toujours de pouvoir constater les effets des couvre-feux instaurés depuis six jours.

D’autres villes où le taux d’incidence est aussi en hausse comme Clermont-Ferrand (322), Tours (237) ou Nantes (194), voire des départements entiers, pourraient suivre. L’avancée de l’épidémie a conduit jeudi au basculement de plusieurs départements en alerte maximale, atteinte lorsque le taux d’incidence dépasse 250 cas pour 100 000 habitants. La barre a été franchie par 27 départements, selon les données de Santé publique France. Outre le Nord, les Bouches-du-Rhône et les huit départements d’Île-de-France, sept départements d’Occitanie et douze encerclant Lyon dépassent les seuils de l’alerte maximale.

De façon plus inédite, l’aggravation de l’épidémie semble à présent s’étendre également à des territoires plus ruraux, qui avaient été moins touchés que les territoires à forte densité lors de la première vague. Désormais, la campagne ne semble pas épargnée par le virus. Les taux d’incidence de l’Ariège (298), la Loire (398), la Savoie (363) ou de l’Aveyron (287) vont dans le sens de ce constat. « C’est une nouvelle évolution qui caractérise la deuxième vague », affirme Giuseppe Arcuri, économiste et enseignant à l’université Paris-I, qui vient de mener une étude sur le virus.

Pis, ces départements semblent moins armés que ceux ayant déjà brutalement fait face à la première vague, comme les départements franciliens. C’est le cas notamment dans les Ehpad. En Auvergne, les contaminations ont « explosé » chez les résidents, selon Malika Belarbi, de la fédération santé-action sociale de la CGT. « Les établissements situés dans des départements qui ont peu vécu la première vague sont moins habitués aux mesures de prévention et doivent, qui plus est, faire face à un manque de personnel », affirme-t-elle.

L’étude de Giuseppe Arcuri, qui porte notamment sur la dimension socio-­économique du Covid-19 et sur les liens entre l’épidémie et les inégalités sociales, montre « une influence négative sur le taux d’hospitalisation en fonction du nombre de services d’urgences », pointe le chercheur. Le manque d’accès aux soins augmenterait ainsi la probabilité d’être hospitalisé. Une donnée inquiétante pour des départements ruraux, où les hôpitaux de proximité font cruellement défaut.

Autre constat mis en exergue par l’épidémie, mais qui ne date pas de la seconde vague : le Covid-19 semble frapper plus durement les zones où les inégalités sociales sont plus fortes. Dans le département du Nord, les taux d’incidence de Roubaix et de Tourcoing flambent, le premier s’élevant à 1 135 cas sur sept jours, le deuxième à 935. Les municipalités de ces deux villes ouvrières ont annoncé vouloir renforcer la prévention du Covid-19, notamment dans les quartiers prioritaires.

« Le risque de développer une forme grave du virus »

Et, là encore, les personnes les plus précaires semblent les plus démunies face au virus. L’étude menée par Giuseppe Arcuri montre « une corrélation entre la part de la population ouvrière et le taux d’hospitalisation, donc le risque de développer une forme grave du virus ». Une enquête de Médecins sans frontières (MSF), parue le 9 octobre et menée auprès de 818 personnes réparties sur deux sites de distribution alimentaire, deux foyers de travailleurs et dix centres d’hébergement d’urgence en Île-de-France, va dans ce sens. Elle montre que, parmi les 543 personnes ayant participé à l’enquête dans les centres d’hébergement, une personne sur deux était positive au Sars-COV-2 contre une personne sur dix dans l’ensemble de l’Île-de-France. Un résultat qui peut s’expliquer par la forte promiscuité de ces lieux, selon MSF. De son côté, Giuseppe Arcuri résume la situation : « Ce sont les départements les plus inégalitaires qui sont les plus vulnérables. » 

 Covid-19. Le virus frappe partout et touche plus durement les précaires

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Le mal est profond. Il nécessite une grande mobilisation pour la transformation de notre société !

Posté par jacques LAUPIES le 22 octobre 2020

 

 

Des commentateurs sur un plateau de télévision indiquent qu’un quart de la population musulmane serait sur des positions radicales. Autrement dit  lié aux évènement actuels cela signifierait  que  l’assassinat d’un prof peut trouver un grand nombre de personne qui ne condamnent pas ouvertement cet acte ? On a d la peine à croire une telle réalité mais il faut reconnaitre que parmi des personnes dont les origines sont en lien par leur famille avec la religion musulmane et qui parallèlement se trouvent dans des situations marginales ou de simple exclusion sociale, puissent éprouver face aux comportements extrémistes une sympathie inquiétante.

Pour ceux qui, depuis un certain nombre d’années, vivent  au contact de musulmans  le constat de cette évolution n’est pas nouveau, notamment parmi les jeunes. Ceux-ci ne peuvent pour diverses raisons échapper au discours islamiste, évidemment fort en démagogie et qui utilise les conséquences de la dégradation éducative et sociale qui frappe les jeunes des sociétés occidentales. Sans omettre  la plus préoccupante d’entre elle : l’installation d’une minorité « active »  dans la délinquance qui tente, parfois avec succès, de s’installer dans un non droit qui génère parfois d’incroyables incivilités à l’égard d’une population de condition pourtant modeste.

Phénomène sans doute plus nouveau : la peur du gendarme joue de moins en moins ! Cela résulte en particulier des manques de moyens de la police mais surtout de la proximité qui lui est associée.

Cela donne du bec à ceux qui, pour des raisons diverses, se trouvent confrontés à l’autorité que confère une position sociale, générationnelle ou autre.

Il n’est donc pas étonnant que  des adolescents, comme cela vient de se produire dans l’assassinat de Samuel Paty  puissent se trouver impliqués dans sa préparation quel que soit le niveau de cette implication !

Oui le mal est profond et nous sommes révoltés devant de tels actes ignobles mais encore une fois le combat à mener pour les éradiquer ne peut se limiter à de nouvelles lois répressives ou encore à des déclarations de défense des valeurs républicaines et laïques. La question est posée d’une profonde transformation des rapports sociaux en France et dans le monde, d’une action éducative, culturelle et politique développée.

 

 

Cérémonie d’hommage national à Samuel Paty, mercredi soir, dans la cour de l’université de la Sorbonne à Paris. François Mori/Pool/Reuters

Cérémonie d’hommage national à Samuel Paty, mercredi soir, dans la cour de l’université de la Sorbonne à Paris. François Mori/Pool/Reuters
 

Attentat de conflans. Ces signaux d’alerte qui n’ont pas sauvé Samuel Paty

Jeudi 22 Octobre 2020

Le professeur a-t-il bénéficié de la protection en rapport avec les menaces qu’il avait reçues ? Tant du côté de l’éducation nationale que du renseignement et de la police, de nombreuses questions se posent.

 

Quel étrange communiqué diffusé, dimanche 18 octobre, par l’académie de Versailles. Tout en assurant que « l’institution a toujours été en soutien total à l’égard » de Samuel Paty, elle révélait que le ministre de l’Éducation nationale « a demandé l’ouverture d’une enquête administrative ». Mais pourquoi ouvrir une enquête quand on est si certain d’avoir fait tout ce qu’il fallait ? En réalité, certains faits obligent à se demander si le professeur d’histoire-géographie, que d’aucuns décrivent aujourd’hui avec un empressement suspect comme un « héros républicain », a bénéficié de la protection que la République lui devait, comme fonctionnaire de l’éducation nationale et comme citoyen.

Samuel Paty avait droit à la « protection fonctionnelle »

Résumons : après le fameux cours d’EMC (enseignement moral et civique) du 6 octobre pendant lequel l’enseignant a travaillé sur une caricature de Mahomet, Brahim C., le père d’une élève qui n’a pas assisté au cours, fait du remue-ménage. Il est d’abord reçu par la principale, puis a « un échange » avec l’inspection académique. Dans le même laps de temps, l’équipe « valeurs de la République » de l’académie intervient, rencontre l’équipe pédagogique et Samuel Paty. Malgré cela, Brahim C. diffuse des vidéos où il traite le professeur de « voyou », lance des appels à se rassembler, et finalement dépose plainte pour « diffusion d’images pornographiques ». À la suite de cette plainte, Samuel Paty est convoqué le 12 octobre au commissariat de Conflans-Sainte-Honorine, où il doit se justifier. Dans le procès verbal de son audition, auquel Franceinfo a eu accès, non seulement il se défend des accusations portées contre lui mais il affirme que tout cela est fait « dans le but de nuire à l’image du professeur qu’(il) représente, du collège et de l’institution ». Et dans la foulée, sur le conseil de l’inspection académique, porte plainte pour diffamation. Seul.

Or comme tout fonctionnaire, Samuel Paty avait droit à la « protection fonctionnelle », telle que décrite à l’article 11 du statut des fonctionnaires de 1983 : « La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne, (…) les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages. » Jean-Michel Harvier, responsable de l’action juridique du syndicat Snes-FSU, s’interroge : « Quand un collègue porte plainte, a fortiori sur conseil de l’institution, celle-ci doit se joindre à la plainte », au nom de la protection fonctionnelle. « Pourquoi cela n’a pas été fait ? » Certes, il faut demander la protection fonctionnelle, et il semble que Samuel Paty ne l’ait pas fait. Mais l’institution qui lui a recommandé de porter plainte ne pouvait-elle le lui suggérer ? « La logique “pas de vague” est toujours à l’œuvre », regrette Jean-Michel Harvier. Avec des conséquences lourdes : on peut supposer qu’un petit professeur d’histoire-géo qui vient porter plainte tout seul, cela n’alerte pas autant les services de police que si la plainte est cosignée, ès qualités, par un représentant du rectorat (qui, par ailleurs, n’a pas répondu à nos sollicitations).

Abdoullakh A. avait été l’objet de plusieurs signalements d’internautes

D’autant que, côté police, on peut se demander pourquoi le profil des personnes impliquées n’a pas suscité plus d’inquiétude. Brahim C., le parent d’élève à l’origine de la campagne sur les réseaux sociaux, n’était pas un inconnu. Sa demi-sœur était partie en Syrie, où, selon Mediapart, elle aurait été identifiée dans l’entourage de la femme de Salim Benghalem, chef de la police de l’« État islamique » et l’un des djihadistes français les plus recherchés. Mais c’est surtout la présence à ses côtés d’Abdelhakim Sefrioui, créateur du collectif Cheikh Yassine – dont la dissolution a été annoncée – qui aurait pu inquiéter. Connu des services de renseignements comme un tenant de l’islam radical, il accompagne Brahim C. chez la principale du collège quand celle-ci tente une médiation. Il aurait surtout, selon Mediapart, été en relation avec Mohamed Belhoucine, un des hommes clés des attentats de janvier 2015. Brahim C. et Sefrioui ont été déférés hier devant la justice pour « complicité d’assassinat terroriste » par le procureur antiterroriste Jean-François Ricard. Leurs noms étaient mentionnés dans une note des renseignements territoriaux datée du 12, quatre jours avant les faits. Détaillant l’affaire, la note avait conclu que la médiation « a(vait) permis d’apaiser les tensions ».

Malgré tout ces signaux d’alerte, aucune surveillance ni aucune protection spécifique n’a été mise en place. Au contraire, on le sait : le 12 octobre, c’est Samuel Paty qui doit se justifier devant les policiers.

Dernier sujet d’interrogation : le manque d’intérêt pour le tueur, Abdoullakh A., qui affichait depuis au moins six mois sa radicalisation et son soutien à l’« État islamique » sur son compte Twitter. Au point qu’il avait été l’objet de plusieurs signalements d’internautes à Pharos (Plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements), mais aussi par la Licra pour propos antisémites. Le procureur du parquet antiterroriste a confirmé hier qu’Abdoullakh A. avait été en contact téléphonique sur WhatsApp avec Brahim C., peu avant de passer à l’acte. Le terroriste n’avait, lui non plus, fait l’objet d’aucune surveillance.

Emmanuel macron : « nous continuerons ce combat pour la liberté dont vous êtes désormais le visage »

Mercredi soir, dans la cour d’honneur de l’université de la Sorbonne, la France a rendu hommage à Samuel Paty, le professeur assassiné à Conflans-Sainte-Honorine. Emmanuel Macron, qui lui a remis la Légion d’honneur à titre posthume, a déclaré :

« (…) Samuel Paty aimait les livres, le savoir, plus que tout. (…) Samuel Paty aimait passionnément enseigner, il le faisait si bien ; nous avons tous, ancrés dans nos cœurs, le souvenir d’un professeur qui a changé le cours de notre existence. Samuel Paty était de ceux-là, de ces professeurs que l’on n’oublie pas, de ces passionnés capables de passer des nuits à apprendre l’histoire des religions. (…) Samuel Paty incarnait au fond le professeur dont rêvait Jaurès dans cette Lettre aux instituteurs qui vient d’être lue, “la fermeté unie à la tendresse”. Celui qui montre la grandeur de la pensée, enseigne le respect, donne à voir ce qu’est la civilisation. (…)

Alors reviennent comme en écho les mots de Ferdinand Buisson : “Pour faire un républicain, écrivait-il, il faut prendre l’être humain si petit et si humble qui soit et lui donner l’idée qu’il faut penser par lui-même, qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de rechercher la vérité et non pas à la recevoir toute faite d’un maître ou d’un directeur, d’un chef quel qu’il soit.” Faire les républicains, c’était le combat de Samuel Paty. (…)

Vendredi soir, j’ai d’abord cru à la folie aléatoire, à l’arbitraire absurde… Après tout, il n’était pas la cible principale des islamistes, il ne faisait qu’enseigner ; il n’était pas ennemi de la religion, dont ils se servent, il avait lu le Coran, respectait ses élèves, quelles que soient leurs croyances, il s’intéressait à la civilisation musulmane. Non, tout au contraire, Samuel Paty fut tué précisément pour tout cela : parce qu’il incarnait la République qui renaît chaque jour dans les salles de classe, la liberté qui se transmet et se perpétue à l’école. (…)

Samuel Paty fut la victime de la conspiration funeste de la bêtise, du mensonge, de l’amalgame, de la haine de l’autre (…). Nous défendrons la liberté que vous enseignez si bien, et nous porterons haut la laïcité. Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent. (…) Nous continuerons, oui, ce combat pour la liberté, pour la raison dont vous êtes désormais le visage, parce que nous vous le devons (…), parce qu’en France, professeur, les lumières ne s’éteignent jamais. »

Le mal est profond. Il nécessite une grande mobilisation pour la transformation de notre société !
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Cette Amérique du Sud qui bouge !

Posté par jacques LAUPIES le 20 octobre 2020

Dimanche soir, Luis Arce (au centre) s’est dit décidé à «	gouverner pour tous les Boliviens	», à «	construire l’unité du pays	». Stringer/Efe/Sipa
Dimanche soir, Luis Arce (au centre) s’est dit décidé à « gouverner pour tous les Boliviens », à « construire l’unité du pays ». Stringer/Efe/Sipa
 

Bolivie. Un an après le putsch, la gauche revient par les urnes

Mardi 20 Octobre 2020

À l’issue d’un vote sous étroite surveillance des policiers et des militaires, les Boliviens ont donné une large victoire au Mouvement vers le socialisme. Luis Arce, son candidat à la présidentielle, dépasse les 50 % dès le premier tour.

 

La Paz (Bolivie), envoyée spéciale.

C’est un résultat ample, clair, sans contestation possible. Tard dans la nuit de dimanche à lundi, Luis Arce Catacora, le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), a revendiqué la victoire au premier tour de l’élection présidentielle en Bolivie. Succès aussitôt reconnu, 363 jours après le coup d’État, par l’autoproclamée présidente par intérim Jeanine Añez, marionnette des putschistes. « Maintenant que les résultats sont connus, nous voul ons remercier le peuple bolivien, remercier tous nos militants. Nous avons passé un cap important, nous avons récupéré la démocratie et l’espoir », s’est réjoui le nouveau président socialiste, qui, selon les premières estimations, l’emporte largement, avec plus de 52 % des voix, contre 31,5 % à son adversaire de droite Carlos Mesa.

L’inquiétude, la peur avaient pourtant plané, auparavant, sur une longue soirée d’incertitude, après la brutale décision du Tribunal suprême électoral de suspendre, douze heures avant l’ouverture du scrutin, le système de compilation des résultats préliminaires, au nom de défaillances « techniques ». Même les sondages sortis des urnes ont d’abord été retenus : comme si le gouvernement de facto et ses séides avaient hésité sur la marche à suivre. Il faut dire que, jusqu’au bout, les manœuvres les plus tortueuses ont été déployées pour tenter d’enrayer ou de confisquer la victoire du MAS. Les candidats de gauche ont été persécutés tout au long de la campagne et Luis Arce lui-même nous racontait, après son meeting la semaine dernière à Sacaba, dans le département de Cochabamba, avoir été régulièrement molesté par des nervis d’extrême droite ou même des policiers en civil. Après avoir tenté sans succès de faire invalider sa candidature, puis de le salir par des accusations de corruption montées de toutes pièces, ses adversaires ont finalement échoué, peu avant la tenue des élections, à faire suspendre la personnalité juridique du MAS, ce qui l’aurait purement et simplement exclu du scrutin.

Dans la dernière ligne droite, les putschistes ont abattu leurs ultimes cartes : pressions, menaces, intimidations, visant jusqu’à certains observateurs étrangers dûment accrédités par le Tribunal suprême électoral (voir ci-après). Le ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo, gonflé d’arrogance par sa visite, au début du mois d’octobre, à Washington, a multiplié ces derniers jours provocations et rodomontades, jurant de ne jamais reconnaître une victoire du MAS, promettant d’expulser ou d’incarcérer les observateurs ou journalistes étrangers jugés trop critiques.

« La droite nous insulte, nous traite de terroristes »

Dimanche, les Boliviens sont allés aux urnes dans la peur mais avec l’irrépressible désir de retrouver le chemin de la paix, de la démocratie, de la stabilité, dans un pays profondément divisé. À El Alto, banlieue populaire de La Paz perchée à 4 000 mètres d’altitude, de longues files d’attente se sont formées dès les premières heures de la journée. Dans ce bastion du MAS, les électeurs affichaient leur détermination à ne pas laisser se reproduire le scénario de l’an dernier, qui s’était soldé par l’exil forcé du président socialiste Evo Morales, empêché de voter en Argentine où il a trouvé refuge. Venues de leur village de la province de Los Andes pour surveiller les opérations de vote dans le collège Santa Maria de Los Angeles, un centre de vote à l’entrée gardée par des soldats de l’armée de l’air, deux paysannes aymaras, Antonia Rodriguez et Ernestina Quispe, racontaient, en mastiquant des feuilles de coca, la vie qui a radicalement changé dans les zones rurales sous les mandats d’Evo Morales. « La droite, elle, n’a jamais rien fait pour nous. Ils nous discriminent, nous insultent, nous traitent de terroristes, nous, qui cultivons des pommes de terre ! » s’indignait l’une, tandis que l’autre disait l’abandon, durant la pandémie de Covid-19, des villages, où « pas un masque n’est arrivé ».

« Tout est fait pour entraver l’expression démocratique »

Partout, les Boliviens ont voté sous l’étroite surveillance de policiers et de militaires taciturnes, qu’Arturo Murillo avait fait défiler, la veille, dans les rues de La Paz, dans une démonstration de force en forme d’avertissement. Aux portes de certains bureaux de vote, des policiers n’hésitaient pas à rabrouer des électeurs pourtant inscrits et habilités à voter, vérification faite auprès des agents du Tribunal électoral. Au collège technologique Ayacucho, au pied de la station Inalmama de la ligne orange du téléphérique, elle aussi transformée en centre de vote, des soldats en tenue de combat, casque, gilet pare-balles et arme à la ceinture patrouillaient jusque dans les salles de classe où étaient disposées les tables de vote. « Cette présence militaire est destinée à faire peur. Certains policiers se permettent des commentaires déplacés. Tout est fait pour tenter d’entraver l’expression démocratique. Certains bureaux ont été déplacés à la dernière minute sans que les électeurs en soient avisés », nous a expliqué Angela Muñoz, une observatrice bolivienne chargée de relever les atteintes aux droits humains pendant le scrutin. La « démocratie » revendiquée par une oligarchie et une droite bolivienne peu civiles a pris, dimanche, des couleurs kaki. Sauf dans les quartiers de la zone sud où dominent les « pititas », comme se surnomment les partisans du coup d’État, en référence aux cordelettes avec lesquelles ils défilaient l’an dernier pour exiger le départ d’Evo Morales. Au collège 6 de Junio, dans le quartier d’Alto Obrajes, pas un uniforme militaire en vue, et le filtrage policier se faisait plutôt lâche pour accueillir des électeurs issus des classes moyennes ou aisées, majoritairement acquis au candidat de droite Carlos Mesa. Les ­déléguées de son parti, Comunidad Ciudadana, plutôt des femmes d’une cinquantaine d’années, y affichaient une arrogance de classe décomplexée, donnant des ordres aux assesseurs, prenant des libertés avec le protocole électoral au moment du dépouillement, toisant les rares électrices venues voter en tenue de chola, habit jadis imposé aux domestiques par les colons espagnols, aujourd’hui porté avec fierté par les femmes indigènes dans une démarche d’affirmation culturelle.

« C’est un processus de changement que nous défendons »

Les résultats de ces élections reflètent, sans surprise, les clivages sociaux, politiques, identitaires qui travaillent le pays en profondeur. « Nous sommes les enfants des peuples originaires. Nous sommes dans la lutte depuis longtemps, une lutte pour la vie. Nous ne défendons pas un homme, ni un parti : nous défendons notre droit de vivre en paix, dans la dignité. C’est un processus de changement que nous défendons », résume la poétesse et militante féministe Julieta Paredes. Pour le MAS, cette échéance, après l’épreuve du coup d’État, a été l’occasion de cimenter un mouvement traversé par des courants et sensibilités très divers, et surtout de renouer avec les mouvements sociaux à l’origine de la dynamique politique qu’incarne cette formation. Certains choix économiques préservant des orientations extractivistes avaient nourri de graves conflits et, surtout, la décision d’Evo Morales de se présenter à un quatrième mandat, option pourtant rejetée à l’issue du référendum de 2016, avait laissé un goût amer dans des secteurs de la gauche qui l’avaient soutenu sans faille jusque-là. D’où le net recul électoral enregistré en 2019, qui a ouvert la voie au coup d’État.

Dimanche soir, Luis Arce s’est dit décidé à «  gouverner pour tous les Boliviens », à « construire l’unité du pays », à « relever l’économie ». « Nous allons reconduire notre processus de changement, sans haine, en apprenant de nos erreurs et en les surmontant », a-t-il assuré. Avec la certitude qu’une sombre page se tourne en Bolivie.

Morales salue « la révolution démocratique »

Depuis son exil argentin, l’ancien président socialiste Evo Morales a salué la victoire de son ex-ministre de l’Économie, Luis Arce, et le retour rapide de l’ordre constitutionnel, comparativement aux autres États latino-américains ayant connu des putschs institutionnels. « Le grand triomphe du peuple est historique, sans précédent et unique au monde : un an après le coup d’État, nous reprenons démocratiquement le pouvoir politique grâce à la conscience et à la patience du peuple. Nous sommes la révolution démocratique et culturelle pour la transformation nationale », a-t-il twitté après s’être inquiété du retard pris dans la publication des premiers sondages de sortie des urnes. Alors que le ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo, n’avait pas hésité à utiliser les forces de police à des fins politiques et de harcèlement des observateurs internationaux (lire ci-contre), l’ancien chef de l’État exhortait, plus tôt dans la journée de dimanche, les forces armées et la police bolivienne à « s’acquitter fidèlement de leur rôle institutionnel et constitutionnel très important ». En connaissance de cause : il y a un an, après les manifestations orchestrées par la droite afin de destituer Evo Morales, des unités de police avaient fait sédition dans plusieurs villes.

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