Martinez et Carlos, réquisitoire à deux voix contre la casse sociale

Posté par jacques LAUPIES le 17 octobre 2017

 
Entretien réalisé par Cathy Dos Santos
Lundi, 16 Octobre, 2017
L’Humanité
Arménio Carlos et Philippe Martinez, le 12 octobre, au siège de la CGT, à Montreuil. Photo : Magali Bragard<br /><br /><br /><br />
 
Arménio Carlos et Philippe Martinez, le 12 octobre, au siège de la CGT, à Montreuil. Photo : Magali Bragard

Austérité, dumping social, défis syndicaux et convergences de luttes dans leurs pays et au niveau européen… À l’invitation de l’Humanité, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, et son homologue portugais, Arménio Carlos, de la CGTP-IN, ont échangé à bâtons rompus.

Lors d’une précédente rencontre, voici un an, au Portugal, vous aviez insisté de concert sur l’importance de « combattre la dérégulation du travail en marche dans toute l’Europe » , parce qu’elle met en concurrence les salariés de l’Union européenne. Où en est-on aujourd’hui ?

Rencontre entre Philippe Martinez et une délégation syndicale portuguaise, le 12 octobre 2017. Photo Magali Bragard.Philippe Martinez En France, la situation se dégrade en matière de droit social en raison de la remise en cause du droit du travail. En Europe, les gouvernements se coordonnent pour imposer le coût de la crise, du capital aux travailleurs européens. Les Portugais se battent pour regagner des droits qu’ils ont perdus sous le gouvernement précédent. En France, nous nous battons pour préserver des droits que l’actuel exécutif et son prédécesseur nous dénient. Partout, les gouvernements désirent pratiquer le moins-disant social. Les salariés français sont sous le coup du chantage de la compétitivité afin qu’ils concèdent leurs droits. Le gouvernement plaide pour le moins-disant social et, dans le même temps, le président Emmanuel Macron fait le tour de l’Europe en se prévalant d’être le champion de l’antidumping social. On ne peut faire mieux en matière de contradiction.

Rencontre entre Philippe Martinez et une délégation syndicale portuguaise, le 12 octobre 2017. Photo Magali Bragard.Arménio Carlos Depuis 2016, les gouvernements ont changé mais nous continuons de lutter contre les mêmes problèmes. Les camarades de la CGT et les travailleurs français se battent contre les ordonnances sur la loi travail qui dérégleront davantage le rapport travailleurs-employeurs. Au Portugal, nous exigeons la révocation des législations décidées par la droite et la troïka (FMI, Banque centrale et Commission européenne – NDLR) qui ont toujours cours. Elles sont à l’origine d’inégalités sociales et de l’appauvrissement salarial. Les intérêts économiques et financiers se superposent aux droits fondamentaux des travailleurs, aux conventions collectives, à l’intervention des syndicats, mais également à la souveraineté des pays. Les réductions de salaires et des droits des travailleurs, au prétexte d’une meilleure compétitivité, sont une obsession qui entraîne partout des reculs sociaux, civilisationnels. Cette obsession remet également en cause les principes d’harmonisation sociale, de progrès et de plein-emploi. La participation des travailleurs est déterminante pour inverser le cours des événements.

Nombre d’analystes expliquent pourtant que le Portugal connaît une reprise économique, conséquence des politiques du gouvernement socialiste qui, dans le cadre des accords parlementaires avec les autres forces de gauche, tourneraient le dos aux politiques d’austérité.

Arménio Carlos La politique du gouvernement socialiste restitue graduellement les salaires et les droits, mais elle ne répond pas aux causes des problèmes du monde du travail. Il y a eu une évolution positive, mais elle doit être plus incisive. Nos problèmes sont toujours aussi importants : 11 % des salariés sont pauvres et 42 % de chômeurs vivent sous le seuil de pauvreté. Tout signal de stagnation représentera un recul qui favorisera les forces de droite, qui aspirent à revenir au pouvoir. L’économie doit être placée au service des intérêts des travailleurs, du développement du pays et des besoins de la population.

Philippe Martinez Nous partageons la nécessité d’une intervention accrue des salariés. En France, nous sommes dans un processus de mobilisation indispensable. Faute de quoi, nous assisterons à une dérive aux conséquences très graves pour les droits des salariés, des privés d’emploi et de la jeunesse. Nous pouvons être confrontés au même phénomène de forte émigration comme l’a connu le Portugal avec le départ de 500 000 jeunes en raison de la crise. Certains pourraient s’en satisfaire car cela ferait baisser les courbes du chômage, mais c’est un révélateur très grave. Il faut au contraire débattre de la vraie nature de l’emploi, qui ne passe ni par la précarité ni par le temps partiel imposé. En ce sens, notre démarche est similaire à celle de la CGTP-IN. Il s’agit de responsabiliser, d’interpeller les salariés pour freiner les politiques antisociales et inverser la tendance. C’est le social qui doit être au cœur du développement et non les motivations du capital.

Le Portugal a été l’un des premiers pays de l’Union européenne à subir des réformes régressives du marché du travail et l’austérité. Cette orientation néolibérale n’épargne pas la France. Comment vos confédérations analysent-elles cette offensive ?

Arménio Carlos Il faut tirer les conclusions des politiques imposées par la troïka et la droite. On a dit aux Portugais que les politiques d’austérité, la révision de la législation du travail allaient être source de progrès. Or, le chômage, la précarité, les réductions salariales se sont aggravés, tandis qu’une minorité s’est enrichie. À l’inverse de ce qui a été préconisé, il est possible de faire différemment et mieux dans le cadre de l’Union européenne. Les mêmes qui déclaraient qu’il était impossible de restituer les salaires amputés nous disent aujourd’hui que le Portugal se porte mieux. Mais cette amélioration est d’abord le fruit d’une autre politique – qui n’est pas celle que nous souhaitons –, mais qui a eu pour effet de minimiser les difficultés des travailleurs et des familles. Si on veut changer l’économie, il faut la recentrer sur l’investissement public, la demande interne, les exportations. 95 % de nos entreprises ont moins de 10 salariés qui travaillent pour le marché interne. La demande interne et le renforcement des salaires sont donc déterminants pour la survie de ces entreprises. Comme le dit Philippe Martinez, l’augmentation des salaires amène toujours un retour sur investissement : les familles auront un pouvoir d’achat accru, les entreprises pourront planifier l’augmentation de leur production parce qu’elles vendront davantage. La création d’emploi sera relancée et l’État bénéficiera de recettes supplémentaires qui pourront être réinvesties dans les domaines de la santé et de l’éducation publiques, la Sécurité sociale… Refuser de voir cela, c’est s’enfermer dans une politique qui accroît les inégalités entre les travailleurs et les pays de l’Union européenne.

Philippe Martinez Je partage. Il y a une cohérence des politiques européennes imposées par la Commission et surtout la Banque centrale européenne (BCE). Elle consiste à culpabiliser ceux qui ont du travail et ceux qui en sont privés en leur faisant croire qu’ils seraient responsables de leurs problèmes en raison des droits dont ils jouissent. Les gouvernements expliquent que le travail est un coût et que la solution est donc la réduction de ce coût. Depuis des années, cette logique a conduit à accroître les inégalités, à diminuer le pouvoir d’achat, à baisser les investissements. Nous sommes dans une logique de casse généralisée des droits du monde du travail. En réponse à ces attaques coordonnées, le syndicalisme européen doit proposer des alternatives sociales. C’est vrai également de l’attaque généralisée contre les services publics, qui assurent pourtant la cohésion d’un pays et l’égalité entre individus, indépendamment de leur situation et du lieu géographique où ils résident. Ces services, qui prônent l’égalité des citoyens, sont cassés parce qu’ils constituent une manne économique qui échappe au capital. Les fonctionnaires ne se résignent pas, comme en témoigne la mobilisation du 11 octobre. Mais il faut une réponse syndicale coordonnée en Europe parce que nous vivons des situations similaires, et que les politiques des différents gouvernements nous mènent à la catastrophe. Cette démarche coordonnée doit démontrer que le problème n’est pas le travail mais le capital. Les Européens vont de plus en plus mal ; ceux qui détiennent le capital vont de mieux en mieux. La France est le premier pays en Europe en matière de dividendes versés aux actionnaires. À nous de construire l’Europe sociale car, plus nos gouvernants parlent d’Europe sociale et moins de social il y a en Europe.

Comment parvenir à un travail détaché équitable pour éviter tout dumping social entre les salariés ?

Philippe Martinez Il faut une harmonisation des règles sociales et établir des critères communs pour définir ce qu’est un salaire minimum. Cela éviterait des écarts entre les États membres qui sont à l’origine de l’immigration forcée de salariés. Il faut que les travailleurs qui se déplacent – parce que nous sommes pour la libre circulation des travailleurs à condition qu’elle ne soit pas imposée par des contraintes économiques – bénéficient des mêmes conditions sociales que les résidants. L’envoi de salariés dans d’autres pays par les patrons est un système organisé. Si nous avons les mêmes règles sociales, alors nous casserons ce système. Des mesures immédiates et efficaces peuvent être prises. Faisons appliquer les règles de l’OIT aux entreprises bénéficiant de fonds publics, par exemple. Pourquoi ne pas intégrer dans les appels d’offres de marchés publics ces mêmes règles ? Dès lors qu’elles ne sont pas appliquées, l’entreprise se voit privée de ce marché.

Arménio Carlos Le dumping social est un virus qui doit être combattu avec l’antidote adéquat. Tant que nous aurons des gouvernements de droite avec des conceptions néolibérales, ce virus ne sera pas combattu. Le dumping social est étroitement lié à l’exploitation ignoble de l’être humain. Il est la conséquence des politiques menées dans la majorité des pays de l’Union européenne. Si, dans nos pays respectifs, nous ne nous battons pas contre ces gouvernements, alors nous trouverons difficilement une solution pour s’attaquer à ce problème. Il n’y a pas besoin d‘inventer de nouvelles règles, il faut respecter les conventions collectives, les droits des travailleurs. Si on améliore les conditions de vie des travailleurs dans chacun des pays, alors nombre d’entre eux ne seront plus obligés de fuir. Il faut construire en Europe une autre vision sociale qui valorise l’être humain et non les banques et les actionnaires. L’aggravation des problèmes sociaux renforce l’extrême droite, xénophobe et raciste.

Le président Emmanuel Macron déclare vouloir refonder l’Europe pour que cette dernière protège davantage les salariés. Quelle est votre réaction ?

Philippe Martinez Le président français se présente comme le champion de la lutte contre le dumping social en Europe, mais l’harmonisation qu’il défend consiste à baisser les droits des salariés français à travers la casse du Code du travail. Il ne souffle mot sur la question des cotisations sociales des employeurs. Je lui ai dit lors de notre rencontre (jeudi dernier – NDLR) qu’il ne pouvait pas prôner une refonte de l’Europe et, dans le même temps, imposer des politiques d’austérité en France. Les réalités nationales rattrapent le double langage du président.

Arménio Carlos Dans la politique comme dans la vie, il ne suffit pas de paraître. Lorsqu’un président de la République française annonce un futur radieux pour l’Europe et balaye les droits du travail dans son pays, le manque de crédibilité est patent.

Vous dressez un bilan accablant des politiques menées en Europe et dans vos pays. Selon vous, comment réorienter les politiques à l’œuvre ?

Philippe Martinez Les syndicats doivent mieux communiquer entre eux pour empêcher leur mise en opposition et les divisions entre les travailleurs des pays membres. Pour justifier la première loi travail puis la seconde, les gouvernements nous ont expliqué que ces réformes avaient cours ailleurs et qu’elles étaient bénéfiques. Si les confédérations syndicales échangent, elles seront mieux à même de démontrer que les politiques à l’œuvre sont un échec. Il faut un syndicalisme européen qui dialogue, qui propose et qui crée un rapport de forces à l’échelle européenne. C’est vrai que la convergence des luttes est parfois l’objet d’intenses débats au sein d’un même pays, mais c’est aujourd’hui un défi majeur. Il faut dresser un état des lieux sérieux du sud comme du nord de l’Europe et proposer des alternatives sans faire abstraction des différences de nos cultures syndicales.

La Confédération européenne des syndicats (CES) a-t-elle été suffisamment à la hauteur face aux régressions qu’ont endurées les pays du sud de l’Europe et qui ont désormais gagné l’ensemble des États membres ?

Philippe Martinez Le syndicalisme n’est pas uniforme en Europe. La CES doit mieux prendre en compte ce syndicalisme de contestation et de propositions qui fait appel au rapport de forces, plutôt que celui privilégiant la négociation et qui n’interpelle que trop rarement l’intervention des salariés. Si la CES n’est pas capable d’être ce syndicat d’impulsion, c’est tout le syndicalisme européen qui va être discrédité. Il ne faudra pas s’étonner, dès lors, que les salariés s’en détournent. La CES doit davantage s’engager vers une voie plus combative.

Arménio Carlos L’Union européenne comme la CES ont intériorisé « l’inévitabilité » des politiques qui nous sont imposées. Tant qu’il n’y aura pas de rupture avec cette idée, le mouvement syndical européen perdra la confrontation. L’importance des syndicats ne passe pas exclusivement par leurs relations avec les institutions. Elle repose sur le respect et la valorisation de leurs revendications. Être écouté ne suffit pas. Au sud de l’Europe, nous avons été confrontés à de terribles politiques antisociales. Actuellement, la France rencontre elle aussi de graves problèmes. Et après ? D’autres pays subiront des réformes encore plus dangereuses et ainsi de suite. La CES ne peut pas considérer la charte des droits sociaux comme une avancée car elle sert à niveler au minimum et par le bas les droits existants, alors qu’il faudrait les harmoniser par le haut.

Quel rôle peuvent jouer les syndicats dans les réorientations à l’échelle européenne ?

Arménio Carlos Les problèmes de l’Union européenne se résoudront lorsque nous trouverons des réponses alternatives sur le plan politique dans nos pays. Nous ne pouvons en rester à l’idée simpliste que l’Union européenne doit faire différemment alors que celle-ci et la Commission européenne sont composées de représentants des gouvernements qui, dans leur écrasante majorité, sont de droite. Pour le dire plus simplement, on ne peut pas demander à ces personnes de droite qui siègent à la Commission de faire des politiques de gauche. Nous devons d’abord inverser le rapport de forces dans nos pays et cela n’a rien de facile. C’est l’un des défis du mouvement syndical. Nous devons créer des dynamiques de base plus fortes, à même d’élever les consciences sociales des salariés et des populations pour qu’ils changent le cap de leur pays. Peu à peu, cela créera les conditions d’un changement de rapport de forces jusqu’au sein de l’Union européenne. D’ici là, il nous faut dénoncer le rôle de la Commission européenne, et exiger que les revendications des syndicats soient entendues au plan national comme européen. Nous avons besoin d’être unis, cohérents et solidaires. La solidarité est inhérente à la naissance, la croissance et l’existence des syndicats.

Vous insistez tous deux sur le besoin de convergences. Quelles formes peuvent-elles prendre ?

Arménio Carlos Nous avons organisé une journée de luttes européennes le 14 novembre 2012, fruit de nos échanges bilatéraux, qui a par la suite été reprise collectivement par la CES. Pour la première fois de toute l’histoire du mouvement syndical, nous avons réalisé une grève générale ibérique. Ailleurs, il y a eu des grèves partielles en France et en Italie, ainsi que des manifestations dans plusieurs capitales. Ce jour-là, la CES a fait l’actualité parce que le mouvement syndical était dans la rue et que les travailleurs exigeaient des changements politiques. Au vu de l’actualité en France et ailleurs, rien n’empêche de développer, dans un futur proche, des initiatives de cette nature. L’unité du mouvement syndical est importante. Il est toujours possible de faire des pas supplémentaires avec ceux qui ne partagent pas tous nos points de vue mais qui sont convaincus qu’il faut changer le cours des choses en Europe.

Philippe Martinez Effectivement, des actions européennes sont possibles. Nos rencontres bilatérales doivent également se traduire par des solidarités actives à travers des échanges d’expériences, comme l’ont fait des salariés syndicalistes de la métallurgie française avec des travailleurs des chantiers navals portugais. J’aime ce syndicalisme concret. Les patrons et les gouvernements ne peuvent être les « entremetteurs » des syndicats. Il n’est pas concevable qu’ils soient le trait d’union entre nos confédérations. Nous devons nous parler en direct pour échanger et proposer ensemble des alternatives dans le respect de nos différences. La solidarité et la lutte doivent s’exprimer à tous les niveaux.

 

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Antoine Casanova nous a quittés (Pierre Laurent – PCF)

Posté par jacques LAUPIES le 15 octobre 2017

Je reproduis ce communiqué publié par Pierre Laurent en hommage à Antoine Casanova. Cet intellectuel communiste dont les écrits m’ont fortement influencé dans a compréhension des rapports entretenus par le PCF avec l’église catholique, m’éloignant sans doute d’un anticléricalisme borné.

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Antoine Casanova nous a quittés (Pierre Laurent – PCF)

 

 

 Antoine Casanova nous a quittés (Pierre Laurent - PCF)

« Les révolutions sont des révolutions sociales qui s’enracinent dans le développement de profondes contradictions et de malaises devenant explosifs au sein des nations et des sociétés » Antoine Casanova, « Napoléon et la pensée de son temps. Une histoire intellectuelle singulière » (2000)

Antoine Casanova nous a quittés. Il était un des grands intellectuels communistes de notre pays. Historien, Il a travaillé sur les voies de passage du féodalisme au capitalisme, sur la Révolution, sur l’histoire sociale et politique de la Corse où il était né, et sur Napoléon Bonaparte. Il était aussi un connaisseur averti et respecté de l’Église catholique, en particulier de son histoire depuis le concile Vatican II.
C’est dans un esprit d’ouverture qu’il a animé « La Nouvelle Critique » avec Francis Cohen dans les années soixante-dix, puis qu’il a dirigé « La Pensée » de 1978 à 2014.

Spécialiste de la Révolution Française, il aimait vivre à Versailles près de la salle du Jeu de paume et du palais. Il en fut pendant de nombreuses années un élu d’opposition, vigoureux, reconnu et respecté de la droite versaillaise.

Antoine Casanova a fait profiter au collectif communiste son savoir, sa pensée singulière. Membre du comité central du PCF, de son bureau politique, Antoine a été de tous les combats pour l’émancipation humaine, pour que son Parti soit à la hauteur des enjeux de notre temps. Dans le cadre de ses fonctions, il a beaucoup travaillé afin de construire des échanges fructueux, passionnants avec le monde des croyants y compris parmi des membres de la hiérarchie catholique. Il défendait l’idée de Jaurès d’ « une laïcité de l’égalité » qu’il a fait partager, notamment en 2005, dans de très nombreuses conférences lors du centenaire de la loi de séparation des religions et de l’État.

Antoine c’était aussi l’amour de son île, la Corse. Il en a gardé l’accent, et aimait partager sa culture, ses spécialités culinaires et les joies de la montagne et de la mer.

A sa fille, Michèle, à ses proches, je tiens à leur exprimer en mon nom et celui des communistes mes condoléances les plus sincères. Nous partageons votre chagrin. Nous garderons un beau souvenir d’Antoine, qui nous laisse en héritage une pensée pénétrée des grands apports de Marx, exigeante et créative.

 

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Même les agriculteurs ne se retrouveront pas dans la politique de Macron0

Posté par jacques LAUPIES le 15 octobre 2017

Notre ville est au cœur des productions agricoles. Même si les agriculteurs ne constituent pas un pourcentage important de la population locale ils pèsent dans l’économie locale et en particulier dans le domaine de l’emploi d’une main d’œuvre essentiellement immigrée.

L’entretien que nous offre cette vidéo devrait les interroger…

 

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Sans opposition massive et déterminée la grande bourgeoisie qui a misé sur Macron démolira notre système social

Posté par jacques LAUPIES le 14 octobre 2017

Peut-être faudrait-il définir ce que de mon temps on appelait la « grande bourgeoisie » Si vous en avez le loisir vous pouvez vous hasarder à cliquer sur le lien suivant qui permet une approche du terme de « bourgeoisie ». Vous y découvrirez une étude intéressante sur la définition du mot !

Pur qu’il n’y ait pas de confusion sur l’usage que j’en fais ici je rappellerai que j’entends par grande bourgeoisie la classe de  tous ceux qui détiennent les grands moyens de production et d’échange. Bien entendu il m’arrive souvent d’y adjoindre ceux qui, fort éloignés de la  grande fortune, les entourent en soutien idéologique empruntant souvent des apparences gauchisantes. Les fameux « bobos ».

Toute cette faune que nous imposent les médias : grassement payée ou se vendant pour subsister, je n’ai guère d’indulgence pour elle. Rien à voir avec ces centaines de milliers d’auto exploités que sont bon nombre d’artisans, de petits commerçants, de petits agriculteurs bien ancrés et déterminants dans la vie économique du pays. Ceux là le prolétariat dans son ensemble doit les gagner à une cause commune !

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Bourgeoisie

 

Contre-réformes. Formation, chômage : les grandes lignes d’un tsunami social

Cécile Rousseau
Vendredi, 13 Octobre, 2017
L’Humanité
Mardi dernier, salariés du secteur public, du privé, lycéens, étudiants et retraités ont manifesté contre la politique sociale du gouvernement Macron. Fred Marvaux/REA<br /><br /><br /><br />

 
Mardi dernier, salariés du secteur public, du privé, lycéens, étudiants et retraités ont manifesté contre la politique sociale du gouvernement Macron. Fred Marvaux/REA
 

Hier, syndicats et patronat étaient reçus à l’Élysée pour démarrer un deuxième volet de consultations, censées poursuivre les réformes du marché du travail. Sur le fond des dossiers brûlants, comme celui de l’assurance-chômage, l’opposition est unanime.

La remise en cause de l’identité paritaire de l’assurance-chômage, abandonnée au profit d’une gestion tripartite avec un pilotage de l’État, ne passe pas. Même le président du Medef, Pierre Gattaz, s’est dit hier « un peu réservé » en sortant de l’Élysée. Cette refonte intégrale marque non seulement un tournant dans sa gouvernance, mais aussi dans la philosophie de l’indemnisation, avec ce changement du mode de financement du système. La suppression des cotisations salariales à l’assurance-chômage serait remplacée par la hausse de 1,7 point de la CSG, sans aucune certitude sur la compensation du manque à gagner. Les cotisations patronales pourraient également être modulées en fonction de l’utilisation abusive de contrats courts dans l’entreprise, ce qui fait bondir le Medef.

En reléguant la cotisation au second plan, le régime perd son caractère assurantiel. Le risque de voir les allocations s’aligner sur l’exemple des minima sociaux comme le RSA est réel. Une « ligne rouge ! » assène François Hommeril, président de la CFE-CGC, pour qui « une étatisation du système (…) reviendrait à remettre en question le caractère contributif, assurantiel et solidaire du dispositif actuel ». Dans tous les cas, sans moyens supplémentaires et avec plus de personnes à indemniser, ce sont bien des baisses de droits pour tous en contrepartie de cette « assurance-chômage universelle » qui se profilent. Pour Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, « pas question de réduire les droits des privés d’emploi, sachant qu’un chômeur sur deux n’a toujours pas de droits à l’assurance-chômage. Il faudrait augmenter les recettes, et donc les cotisations ».

Dans ce dossier épineux, les syndicats s’inquiètent aussi du coût de la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, à savoir l’ouverture de droits aux démissionnaires et aux travailleurs indépendants tous les cinq ans. Selon les Échos, avec les seuls cas de démissionnaires, la note pourrait grimper jusqu’à 14 milliards d’euros, la première année. Une somme jugée « fantaisiste » par Muriel Pénicaud. « L’indemnisation des démissionnaires va créer des effets d’aubaine », a quant à lui estimé François Hommeril.

L’exécutif pousse à l’individualisation des droits à la formation

Sur la question de la formation professionnelle, les syndicats font aussi bloc pour exiger une négociation digne de ce nom. Fin septembre, le gouvernement avait déjà annoncé 15 milliards d’euros sur cinq ans pour réduire le chômage structurel d’un point, en formant en priorité un million de demandeurs d’emploi de longue durée et un million de décrocheurs. Mais le rapport présenté à la ministre du Travail par Jean Pisani-Ferry préconisait de répondre avant tout aux besoins des employeurs, avec des formations notamment sur les métiers dits en tension, voie déjà suivie par François Hollande avec le succès que l’on connaît sur la courbe du chômage. Suivant le constat de l’Igas, pour qui le compte personnel de formation (CPF) « reste en deçà des ambitions initiales », le gouvernement envisage également de renforcer le dispositif créé en 2015. Il serait ainsi mieux doté en heures (150 heures au maximum aujourd’hui) et éligible à plus de formations. Dans ce cadre, le demandeur d’emploi pourrait choisir seul sa formation en fonction des heures disponibles, reléguant au second plan l’obligation de formation de l’employeur. Les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) pourraient être dépouillés. Une partie des cotisations du 1 % formation versées par les entreprises, mutualisées dans ces OPCA, servirait à renforcer le nombre d’heures du CPF, « pour que chacun » puisse « s’adresser directement aux prestataires de formations selon ses besoins », comme le souhaitait Emmanuel Macron. L’exécutif pousse donc à l’individualisation des droits à la formation au détriment d’une orientation concertée et d’une gestion paritaire. Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, il faut qu’« il y ait des droits personnels mais définis collectivement ». Hier, le président a tenté de donner des garanties aux syndicats en évoquant des labels sur la qualité des formations. De son côté, Philippe Martinez a suggéré de« faire le ménage dans les milliers d’organismes de formation qui touchent des fonds publics et ne forment pas vraiment les chômeurs ».

Quant au dossier de l’apprentissage, c’est l’Arlésienne de tous les présidents récemment élus. À chaque début de mandat, il s’agit de faire monter en charge ce dispositif, piste privilégiée pour lutter contre le chômage des jeunes. Nicolas Sarkozy, puis François Hollande s’y étaient attelés, sans grande réussite.

Le président rapproche les formations des besoins des patrons

L’objectif de 500 000 jeunes en formation d’ici à la fin 2017 a d’ailleurs été rabaissé à 420 000… Emmanuel Macron mise d’abord sur l’ouverture de nouveaux centres de formation, mais aussi sur la refonte du contenu des programmes, qui seraient élaborés en lien avec les branches professionnelles. Là encore, le président rapproche les formations des besoins des entreprises. Les syndicats devraient y voir plus clair lors des réunions à Matignon avec Édouard Philippe prévues du 17 au 19 octobre. Si Emmanuel Macron espère inscrire ces mesures dans la loi d’ici au printemps, le chemin des réformes est déjà semé d’embûches avec la nouvelle date de mobilisation sociale du 19 octobre, à l’appel de la CGT.

la branche famille de la Sécu aussi dans le viseur de Macron

Pas de négociation en bonne et due forme prévue avec les syndicats et le patronat sur un autre pilier de la protection sociale, mais un « vrai bon débat », selon Édouard Philippe. Dans le viseur, l’universalité des allocations familiales, déjà bien égratignée par la modulation en fonction des ressources. Le gouvernement espère récupérer 440 millions d’euros par an par la suppression des prestations aux familles touchant plus de 6 000 euros de revenus par mois. L’austérité se cache derrière le prétexte de la justice sociale, car les plus modestes ne gagneront rien au passage. En revanche, la mesure servira d’argument à ceux qui militent pour un financement de la protection sociale par l’impôt type CSG plutôt que par les cotisations, si celles-ci ne sont plus liées à l’ouverture de droits

journaliste

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Pétition. Rendez l’argent aux Grecs !

Posté par jacques LAUPIES le 13 octobre 2017

Jeudi, 12 Octobre, 2017
Humanite.fr
J’appelle à ce que la France donne l’exemple et rétrocède les sommes qu’elle s’était engagée à verser à la Grèce. On ne peut pas accepter de s’enrichir sur le dos de nos partenaires européens en difficulté. Je demande à toutes les institutions européennes de peser en faveur de la restitution de ces sommes à la Grèce. Les citoyens ne peuvent accepter cette spoliation qui ne profite qu’aux banques et aux marchés financiers. Construisons un mouvement pour réclamer justice ! Patrick Le Hyaric, Directeur de l’Humanité, Député européen.
Depuis des années, le peuple Grec est placé dans d’incommensurables souffrances prétendument pour rembourser une dette dont il n’est en rien responsable. 
Pendant ce temps, la Banque Centrale européenne et le fond monétaire international remplissent leurs caisses à partir des frais financiers qu’ils accumulent grâce à cette dette.
En effet, la banque centrale vient de gagner 7.8 milliards d’euros grâce aux intérêts des bons du Trésor grec qu’elle détient et le FMI a amassé un pactole de  2.5 milliards d’intérêts sur les prêts qu’il a concédé à Athènes. En 2013, ces deux institutions avaient pourtant accepté un système de redistribution afin que ces sommes soient reversées à l’Etat Grec.
 
Cela n’a jamais été appliqué. En 2015, Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances a fait rompre ce pacte avec de multiples complices et, non content d’appliquer la pire des saignées aux grecs, a décidé de  garder sa part des profits financiers générés par cette dette, en représailles de l’élection d’Alexis Tsipras sur le mandat de renégocier le montant de la dette de son pays. Les autres pays européens, dont la France, ont malheureusement fait de même.
Ceci représente un manque à gagner de plus de 10 milliards au budget de la Grèce. Cela représente les deux tiers des dépenses de santé de la Grèce (14 milliards en 2015 selon Eurostat), dans un pays qui est dans une situation de crise sanitaire.
J’appelle à ce que la France donne l’exemple et rétrocède les sommes qu’elle s’était engagée à verser à la Grèce. On ne peut pas accepter de s’enrichir sur le dos de nos partenaires européens en difficulté. Je demande à toutes les institutions européennes de peser en faveur de la restitution de ces sommes à la Grèce. Les citoyens ne peuvent accepter cette spoliation qui ne profite qu’aux banques et aux marchés financiers.
Construisons un mouvement pour réclamer justice ! Signer la pétition
 
Patrick Le Hyaric
Directeur de l’Humanité
Député européen
 
 
Cette pétition sera remise à:
Banque Centrale Européenne
Emmanuel Macron
Député de l’Eure
Bruno Le Maire
Chancellor of Germany
Angela Merkel
Wolfgang Schäuble
Conseil Européen
Fond Monétaire International

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