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COSTA-GAVRAS : « LE CAPITALISME A ENFANTÉ DE MONSTRES »

Posté par jacques LAUPIES le 19 octobre 2019

 

COSTA-GAVRAS : «  LE CAPITALISME A ENFANTÉ DE MONSTRES »

COSTA-GAVRAS : «  LE CAPITALISME A ENFANTÉ DE MONSTRES »

Mercredi, 16 Octobre, 2019

Dans son dernier film, « Adults in the room », Costa-Gavras nous livre une chronique au scalpel de l’impitoyable bras de fer qui s’est joué entre le gouvernement grec issu de la victoire de Syriza aux élections de janvier 2015, et la fameuse « troïka » – Union européenne, BCE et FMI -, liguée pour faire chuter toute tentative d’alléger le terrible fardeau pesant sur la population grecque, à qui il revient de rembourser les créanciers d’une dette qu’elle n’a pas contractée.

Ce thriller politique éblouissant, réalisé par le maître du cinéma politique parvenu au sommet de son art, nous plonge de façon totalement inédite dans les coulisses secrètes des institutions européennes où se décident, dans une brutalité souvent caricaturale, le sort des peuples d’Europe. Les enregistrements des débats et des conversations réalisées par le premier ministre de l’Economie d’Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis, ainsi que le livre qu’il en a fait, ont servi à Costa-Gavras de matériau de travail, donnant à son film une véracité troublante qui questionne sur ce qu’est aujourd’hui l’exercice du pouvoir dans les pays européens.
Entretien.

Vous dites que vous n’avez jamais de programme préétabli, que vos films  naissent d’une situation qui vous interpelle. Qu’est-ce qui a déclenché l’idée d’« Adults in the room » ?

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Costa-Gavras. « C’est parti d’une interpellation que j’ai ressentie quand la crise grecque a commencé. Elle a débuté brutalement. J’avais des contacts avec des proches en Grèce, des amis, une partie de mes cousins. Les salaires ont commencé à diminuer brutalement, d’une semaine à l’autre. Les magasins fermaient parce que forcément il n’y avait plus de clientèle. Et puis il y a eu une fuite des jeunes Grecs qui commençaient à quitter leur pays, et, petit à petit, au cours des années, j’ai compris qu’il y avait des centaines de milliers de jeunes qui s’en allaient.

Cela ressemblait un peu à ma génération qui, au lendemain de la guerre civile, est partie de Grèce. Il n’y avait pas de travail, on était pauvres, il fallait aller ailleurs, soit pour faire des études, soit pour travailler.

Mais cette fois-ci, c’était pire, parce que ceux qui partaient étaient des diplômés, c’est-à-dire des personnes que l’Etat avait préparées pour servir le pays. Et bien cet effort que l’Etat avait fait, allait disparaître puisque que ces jeunes allaient servir d’autres peuples. C’était ça le drame.

J’ai été interpellé d’une manière encore plus forte que quand les colonels ont pris le pouvoir. Depuis cette période là, la Grèce m’intéressait comme mon pays lointain, mais cette fois-ci, le drame était énorme. Et je me suis dit, qu’est-ce que je peux faire ?

Eh bien, j’ai suivi les évènements pendant 5 ans, jusqu’à l’élection de Syriza. J’ai réuni du matériel, j’ai suivi ce qui se passait du côté de l’Europe, mais rien de précis ne se dégageait.

Et puis, il y eu l’élection de Syriza et je me suis dit que là, peut-être, les choses allaient changer. Mais je me méfiais en même temps, parce que je me disais que l’Europe allait affronter un parti radical de gauche. Or l’Europe, c’était le conservatisme, c’est la droite.

J’ai suivi la situation de très près jusqu’au jour du referendum ( le 5 juillet 2015, les Grecs ont dit NON aux mesures de rigueur prônées par l’UE, la BCE et le FMI, ndlr. ).

Mais d’abord, il y a eu l’affaire Varoufakis ( le premier ministre de l’Economie du premier gouvernement Tsipras, ndlr. ) Tout le monde a parlé négativement de lui, et de plus en plus. Je me suis dit, si ils le mettent de côté, ça ira mieux ( rires.) Il a été marginalisé, et ça n’a pas été mieux.

Et puis il y a donc eu le referendum, accepté par le premier ministre et par la chambre des députés. Et qu’est-ce que fait Varoufakis ?

Il s’en va. Je me suis dit, c’est un personnage curieux.

Je l’ai rencontré et c’est là qu’il m’a expliqué ce qui s’est passé à l’intérieur des institution européennes, spécialement au sein de l’Eurogroupe ( réunion des ministres des finances de la zone euro, ndlr.)

Yanis Varoufakis s’est aperçu très vite qu’il n’y avait pas de compte rendu des réunions officielles qui décidaient de l’économie de l’Europe. Il m’a dit qu’il avait alors commencé à enregistrer ce qui était dit dans ces réunions. Ainsi il pouvait dire à son gouvernement : j’ai dit cela, ils ont dit ceci. Et puis, il pouvait aussi répondre aux journalistes de façon précise, parce que chaque ministre de l’économie disait ce qu’il voulait à la sortie de ces réunions. Personne ne pouvait le démentir ou l’accréditer.

J’ai dit à Varoufakis que ses documents m’intéressaient beaucoup, parce que son témoignage se complétait très bien avec l’histoire à laquelle j’avais pensé pour raconter la crise grecque. Il m’a dit qu’il allait écrire un livre. Je lui ai dit que j’allais le lire et qu’après l’avoir lu, je déciderais. Il a donc commencé à m’envoyer chaque chapitre de son livre l’un après l’autre, et ainsi j’ai pu construire le scénario.

Et lorsqu’on est arrivés au dernier chapitre, je lui ai dit : vous me céder les droits, je fais un film sur lequel vous n’intervenez pas. Je vous tiendrais au courant de l’avancement, vous me direz ce que vous en pensez. Je changerai ce que je considère changeable, sinon je ne change pas. Ça s’est passé comme ça, une relation très claire, très nette, jusqu’à la fin du film.

Par l’intermédiaire de Yanis Varoufakis, vous avez donc eu accès à une masse de documents, à un matériau de travail exceptionnel qui vous permettait d’envisager le film comme une sorte de docufiction ?

C-G. Oui, une masse d’informations considérable… En découvrant ce que les responsables européens disent, on découvre en même temps une sorte de violence contre la Grèce, je dirais même une sorte de racisme. Il faut dire que les précédents gouvernements grecs ont beaucoup triché avec les chiffres. Il y a eu beaucoup de scandales. Certains ministres ont touché de l’argent, je ne veux pas les nommer, mais certains ont été en prison, ils sont très connus. L’Europe se méfiait beaucoup de la Grèce, elle se méfiait beaucoup de ce gouvernement de gauche. Elle se disait, ils vont être comme les autres, peut-être même être pire que les autres. J’ai découvert le fonctionnement de ces réunions qui se passent à portes fermées et que nous ne connaissions qu’à travers ce que disent les journalistes qui eux-mêmes ne les connaissent qu’à travers les déclarations que font les gens qui y participent, mais qui disent toujours ce qui leur est favorable, et jamais ce qui est favorable à l’adversaire.

J’ai vu aussi les notes de Varoufakis. Et ce qui m’a profondément touché, c’est quand il dit, en citant la date, qu’Alexis ( Tsipras, le premier ministre grec, ndlr ) lui a dit qu’il se sentait comme un espadon pris à l’hameçon. Je me suis dit que si un premier ministre se sent pris comme un espadon, il y a de quoi faire un scénario.

Cela fait plus d’un demi-siècle que vous travaillez dans vos films sur les coulisses du pouvoir, sur ce que le public ne voit pas. Qu’est-ce qui selon vous a changé aujourd’hui dans ces techniques de pouvoir ?

C-G. Ce qui caractérise notre époque c’est que les démocraties s’affaiblissent de plus en plus. Les chefs d’Etats sont plus aptes à parler de l’économie, à tout faire pour essayer de la « sauver », prétendent-ils, plutôt qu’à s’occuper du peuple. C’est-à-dire que le peule passe au second plan, et que l’économie domine de plus en plus nos démocraties. La preuve en est que les grands groupes aujourd’hui  comme Google, Facebook, etc. font ce qu’ils veulent. Par exemple, l’Etat français dit à Google qu’il faut payez des taxes, et Google dit qu’il ne les paiera pas. Ces groupes sont devenus tellement énormes, tellement puissants, qu’ils peuvent refuser à un Etat de se soumettre. Le capitalisme a enfanté des monstres qui se tournent contre lui-même, et on ne sait pas où l’on va. Et il n’y pas un seul groupe. Ils sont très nombreux aujourd’hui.

Votre scénario fonctionne comme une machine infernale, comme un thriller politique qui s’emballe, donnant l’impression qu’on ne peut pas sortir de ce système. Pourquoi ?

C-G. On ne peut pas en sortir parce qu’on ne tient pas compte de l’homme, on ne se met pas à la hauteur de l’homme. On ne dit pas : l’homme a besoin de ceci ou de cela, essayons de trouver des solutions. On est dans l’abstraction. On dit, il faut sauver les banques. Alors les banques perdent des milliards et des milliards, et ça n’arrive pas qu’une fois. Tous les 10 ans, nous avons des crises bancaires. Et les sauver, ça veut dire quoi ? Cela veut dire trouver l’argent pour les renflouer. Et l’argent se trouve où ? Chez les gens, chez le peuple. La majorité des gens paient leurs impôts. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On augmente les impôts. On baisse le niveau de vie des peuples, pour sauver les banques. On est en pleine abstraction.

Comment avez-vous réussi à donner à votre film ce mouvement, ce rythme effréné, alors que la plupart des scènes se déroulent dans des salles de réunion ou dans des bureaux ?

C-G. Vous savez, dans ces réunions, ils font des discours qui durent deux heures. Combien de fois j’ai entendu dire : il parle, il parle, mais il n’a rien dit de sérieux. Mais il suffit parfois de réunir ces deux heures en quelques phrases et ça devient très significatif. Il faut le faire sans trahir le sens de ces discours qui sont parfois, je le répète, à la limite du racisme. Ils disent par exemple que les Grecs ne travaillent pas du tout, qu’il faut qu’on leur paie les dettes qu’ils ont eux-mêmes créées. Je me suis renseigné auprès de l’OCDE qui est un organisme international sérieux, et eux ont trouvé que la Grèce est le deuxième pays qui travaille le plus en Europe. Ce sont ces contradictions là, qui produisent le rythme, qui donnent sa rapidité à l’histoire, parce qu’en permanence, le spectateur apprend des choses qui le conduisent à réfléchir, à comprendre la situation.

Comme dans la tragédie classique, votre film raconte l’histoire du côté des maîtres, mais ce qui est frappant, à la différence de ce qui se passe dans les grandes tragédies, c’est que peu de personnages, pour ne pas dire aucun, sont très brillants.

C-G. Non. On n’a pas à faire à de très grands héros, parce qu’ils suivent une idéologie, un dogme qui dit qu’il faut sauvez les banques. Dans le fond, ce n’est peut-être pas leur propre sentiment, mais ils sont obligés de le faire parce qu’ils sont dans une stratégie générale qui les dépasse. La façon dont j’ai voulu traiter le film, c’est qu’il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre. C’est comme dans la tragédie. Ils ont tous raison, mais sans trop penser à la raison des autres, notamment aux raisons du peuple. Je reviens à mon leitmotiv : les raisons du peuple doivent primer dans toute action politique. J’ai aussi utilisé la forme ancienne de la tragédie, en employant le système du chœur pour expliquer certaines situations. Et j’ai également essayé d’introduire un peu d’ironie pour prendre de la distance. Parce qu’un jour, en parlant de ces questions là, les gens qui sont au pouvoir n’en parleront pas avec le même fanatisme. D’ailleurs il y a des exceptions. Même le président de l’Eurogroupe a dit qu’on demandait trop de choses aux Grecs, et que ce n’est pas possible de les obtenir. J’ai essayé d’introduire cette ironie, ces sarcasmes à l’intérieur du scénario, pour que les spectateurs le ressentent aussi.

Au delà de la seule histoire de la crise grecque, est-ce que ce n’est pas toute la question de l’exercice du pouvoir dans nos pays que pose votre film ?

C-G. Ce qu’il y a d’intéressant dans l’histoire grecque, c’est qu’elle est emblématique. Tout, dans cette crise, se passe autour du pouvoir. Or finalement, dans nos vies, c’est l’exercice du pouvoir qui nous rend heureux ou malheureux. Le pouvoir que nous avons tous. Sur nos enfants, sur nos employés, sur notre femme de ménage, etc. Et puis au dessus de nous, il y a des pouvoirs aussi. L’exercice de ce pouvoir fait que nous sommes heureux ou malheureux. C’est cette réaction aussi primaire, si je puis dire, qui est la politique. J’aime bien citer un mot – on dit qu’il est de Napoléon. Il dit que la politique, c’est l ‘économie, et que l’économie, c’est la tragédie. Et je crois qu’il avait raison.

Votre film pose également une question démocratique fondamentale : comment sortir de ce système ?

C-G. C’est difficile vous savez. Je n’ai pas de solution, mais je pense qu’on peut toujours s’en sortir s’il y a une volonté, si on tient compte du peuple et qu’on se retourne vers le peuple. Notre vie, à vous, à moi, notre bonheur, notre malheur, dépendent de ces décisions qui sont prises là-bas. Cela peut changer si on pense davantage à cet aspect là qu’à sauver les banques qui ont pour seule politique de faire de plus en plus de profit. Et d’ailleurs, finalement, elles ne font pas de profit puisque tous les 10 ans, elles s’effondrent. Donc, le plus important, c’est l’homme, et dans cette histoire là, ce qui m’a profondément touché, c’est la résistance. Il y a des hommes qui résistent profondément, et c’est essentiel. Parce que face au pouvoir, la seule façon de ne pas se laisser aller complètement, de devenir l’esclave du pouvoir, c’est de résister. »

 

Propos recueillis par Jean-Jacques Régibier

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Algérie : l’éveil

Posté par jacques LAUPIES le 17 octobre 2019

 

 

Alger, 13 octobre 2019. Manifestation contre le projet de loi sur les hydrocarbures. Farouk Batiche /Anadolu Agency/AFP<br />

Alger, 13 octobre 2019. Manifestation contre le projet de loi sur les hydrocarbures. Farouk Batiche /Anadolu Agency/AFP
 

ALGÉRIE. « METTEZ-NOUS TOUS EN PRISON, LE PEUPLE NE S’ARRÊTERA PAS ! »

Vendredi, 18 Octobre, 2019

Le régime accentue la répression et multiplie les arrestations ciblées de militants, de responsables politiques et de figures du hirak. Sans parvenir à faire refluer le mouvement populaire, à quelques semaines d’un scrutin présidentiel rejeté par la rue.

 

« Surveillez le pétrole, pas les étudiants ! » Sur la place des Martyrs envahie, mardi, à Alger, par une foule joyeuse et déterminée, l’atmosphère tranchait avec celle de la semaine précédente. Pas de pluie de coups de matraque, cette fois-ci, pas de rafles parmi les manifestants et un dispositif policier moins oppressant. La violence déployée contre les étudiants, le 8 octobre, avec des dizaines d’arrestations, n’a pas eu l’effet d’intimidation escompté : au contraire, elle a suscité la colère et l’indignation jusque dans les rangs des indifférents et des indécis, provoquant un net regain de mobilisation. Rejoint par des milliers de citoyens révoltés par la pression répressive qui va crescendo depuis la fin du mois de juin, ce défilé estudiantin avait des allures de vendredi. « Emmenez-nous tous en prison, le peuple ne s’arrêtera pas ! » chantaient les jeunes protestataires, exigeant la libération des leurs arrêtés au fil des marches et celle de tous les prisonniers politiques. Parmi les portraits brandis par la foule, un visage se détachait : celui de Yasmine Dahmani, 22 ans, étudiante en droit, incarcérée depuis un mois à la prison d’El-Harrach. Arrêtée le 17 septembre, toujours en attente de son procès, elle est devenue une icône de la révolte. Comme Jawad Belkacem, un jeune activiste d’Oran interpellé dans la marche de vendredi dernier, jugé en comparution immédiate et condamné à une année de prison ferme, assortie d’une amende de 220 000 dinars (1 650 euros). Dans sa ville, les étudiants ont choisi le ton de l’humour pour défendre leur camarade : « Talgou Jawad, ma baach el cocaïne ! » (« Relâchez Jawad, il n’a pas vendu de cocaïne ! ») Référence sarcastique au scandale consécutif à la saisie l’an dernier, en rade d’Oran, de 700 kg de cocaïne, avec la mise en cause d’innombrables officiels, jusqu’au sommet de l’appareil sécuritaire.

De marches hebdomadaires en mobilisations motivées par la contestation de projets de loi, comme celui qui prévoit de livrer le secteur des hydrocarbures aux multinationales étrangères (voir ci-contre), le mouvement populaire, loin de refluer sous l’effet de la répression, prend désormais un rythme quasi quotidien et une empreinte sociale plus affirmée. Avec, toujours, une claire détermination à libérer le peuple algérien des lois et choix liberticides du pouvoir. Hier encore, les familles des détenus politiques et d’opinion manifestaient devant le tribunal de Sidi M’Hamed, au centre d’Alger, aux cris de « Libérez les otages ! »

Chaque jour apporte son lot de procès et de condamnations

Depuis sa cellule, cette semaine, le vieux Lakhdar Bouregaâ, héros de la guerre d’indépendance et fondateur du Front des forces socialistes (FFS), faisait savoir à ses avocats qu’il refuserait toute démarche en faveur de sa libération tant que de jeunes protestataires resteraient derrière les barreaux. Arrêté le 29 juin dernier devant son domicile, cet ancien officier de l’Armée de libération nationale est poursuivi pour « participation, en temps de paix, à une entreprise de démoralisation de l’armée »… Même chef d’inculpation pour Karim Tabbou, porte-parole de l’Union démocratique et sociale (UDS) et figure du hirak, placé une première fois en détention le 12 septembre, relâché la semaine suivante avant d’être aussitôt réexpédié en prison. Mais, quand elle est aux ordres, la justice sait varier les motifs pour couvrir l’arbitraire. Hakim Addad, Djalal Mokrani, Ahmed Bouider, Kamel Ouldouali et Massinissa Aissous, des militants du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ) arrêtés le 4 octobre, sont ainsi poursuivis pour « incitation à attroupement et atteinte à la sécurité de l’État ». Leurs camarades Karim Boutata et Ahcene Kadi, interpellés quelques jours plus tôt, sont accusés d’« incitation à l’atteinte à l’intégrité territoriale par diffusion des vidéos sur Facebook » et de « port de pancartes et slogans attentatoires à l’unité nationale ».

Combien d’opposants, de révoltés dans les geôles du régime ? La Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) a recensé 111 incarcérations de militants et marcheurs depuis le 21 juin, date à laquelle le pouvoir s’est engagé dans une stratégie d’arrestations ciblées visant d’abord les porteurs de drapeaux amazighs (berbères), puis les responsables politiques et finalement tous les visages connus du hirak. « C’est un décompte approximatif : chaque jour apporte son lot d’arrestations, de procès, de condamnations. La capitale est la plus touchée, mais aucune région n’est épargnée et, dans les zones les plus reculées, des arrestations passent inaperçues, avec, parfois, des motifs d’inculpation maquillés », résume Saïd Salhi, président de la LADDH. Pour ce militant, cette stratégie est vouée à l’échec : « Un travail de profilage et de fichage est engagé depuis huit mois. En ciblant les têtes qui émergent, le pouvoir espère semer la peur et décapiter le hirak. Mais les Algériens se sont définitivement libérés de la peur le 22 février et il est impossible de décapiter un mouvement horizontal et pacifique, sans chefs, sans représentants, sans appels ni mots d’ordre centralisés. »

Aucun opposant de poids ne semble prêt à jouer le jeu

En dépit de ce rapport de forces conforté chaque semaine depuis huit mois par la rue, les hommes du pouvoir s’accrochent, signent des contrats de gré à gré, tentent de passer en contrebande des lois stratégiques. Ils s’obstinent, invectivent les protestataires et menacent encore. À commencer par le chef d’état-major des armées, Ahmed Gaïd Salah, qui enchaîne, au fil de sa tournée des casernes, des discours de politique générale dignes d’un chef d’État ou de gouvernement. Le vieux général affecte des postures toujours plus martiales, à mesure qu’approche le 12 décembre, date supposée d’un scrutin présidentiel contesté. En visite, mardi, au siège du commandement des forces navales, à Alger, il s’en est pris sur un ton furieux à ceux qui tentent « d’entraver ce processus électoral décisif ou d’influencer la conscience du peuple algérien ». Fidèle à sa rhétorique de la main étrangère, il a fustigé une « minorité dépourvue de patriotisme » faisant « usage de mensonges ». Sur le ton de la paranoïa, il a mis en garde ceux « qui font des marches pacifiques (contre) la présence de certaines parties insidieuses qui s’efforcent de surfer sur la vague de ces manifestations ». Des « entités inconnues » aux « objectifs malveillants » mobilisent « de l’argent sale afin d’amplifier le nombre de ces manifestations », a-t-il encore assuré.

Les inflexions belliqueuses de ce discours trahissent pourtant une certaine fébrilité, alors que la feuille de route établie par le pouvoir semble chaque jour plus compromise. À une semaine du dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, aucun opposant de poids ne semble prêt à jouer le jeu. D’abord pressé de concourir, Ali Benflis s’est fait discret, ces dernières semaines. Quant à Abdelmadjid Tebboune, l’autre « candidat à la candidature », il tente de convaincre, en vain, qu’il n’est pas le « candidat du pouvoir ». « Il n’y a que des anciens premiers ministres de Bouteflika comme candidats », ironisent les Algériens, à propos de ces deux aspirants. Dans le camp islamiste, les chefs du MSP, Abderrazak Makri, et du FJD, Abdallah Djaballah, après avoir laissé entrevoir la possibilité d’une alliance avec les nationalistes, ont finalement entériné leur retrait de la course.

Quant à l’opposition rassemblée autour du pacte de l’alternative démocratique, elle plaide pour une transition ouvrant sur un processus constituant et rejette sans appel la perspective d’un scrutin propre à recycler le système. Même ceux qui voyaient dans ce scrutin verrouillé l’opportunité d’une « sortie de crise » commencent à faire défection. Cette semaine, une vingtaine de personnalités, dont Ahmed Taleb Ibrahimi, Ahmed Benbitour, Ali Yahia Abdennour et Abdelaziz Rahabi, ont lancé un appel à un « dialogue sérieux », jugeant « inconcevable d’envisager la tenue de la présidentielle du 12 décembre dans de pareilles circonstances ». La rue, elle, reste catégorique : « Makanch intikhabat maâ l’îssabat », scandent les protestataires. « Pas d’élections avec les bandits ».

Rosa Moussaoui

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Marseille : des stratégies claires comme du jus de chaussette ! J’avoue qu’à la lecture de cet article paru dans l’Humanité, je n’y comprend rien ! Les négociations aux « petits sommets » comme toujours créent la pagaille et le désarroi des électeurs. Pourquoi, si l’on en a les moyens, ne pas faire une liste communiste élargie dans le respect des identités, avec un programme clair et en appeler aux citoyens pour y contribuer et la soutenir ?

Posté par jacques LAUPIES le 17 octobre 2019

 

 

 

Les écologistes s’agacent «	de cette autre pollution à Marseille qui est l’ode à l’unité	». Clément Mahoudeau/IP3/MAXPPP<br /><br /><br /><br />

Les écologistes s’agacent « de cette autre pollution à Marseille qui est l’ode à l’unité ». Clément Mahoudeau/IP3/MAXPPP
 

MUNICIPALES 2020. À MARSEILLE, LE CHEMIN SINUEUX D’UN RASSEMBLEMENT INÉDIT

Jeudi, 17 Octobre, 2019

La décision d’EELV de partir seul bouche l’horizon d’un grand rassemblement dès le premier tour, mais les autres forces de gauche et les collectifs citoyens tentent de trouver un accord.

 

Marseille (Bouches-du-Rhône), envoyé spécial.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières… à condition qu’ils convergent. Il en va des cours d’eau comme de celui de l’Histoire, en l’occurrence celle d’une alternative après vingt-cinq ans de gestion de la droite gaudiniste à Marseille. « C’est bien ma crainte du ­moment : que cela ne se rejoigne pas », souffle une militante aguerrie. Le début de l’été avait pourtant porté l’espoir d’une marée montante. En juillet, une cinquantaine de personnalités (représentants de toutes les sensibilités de gauche, responsables associatifs ou syndicaux) annonçaient dans une tribune publiée par Libération « la naissance d’un mouvement sans précédent », union des forces politiques de gauche et citoyennes. Un peu avant, le Collectif du 5 novembre, né après l’effondrement de deux immeubles rue d’Aubagne, et d’autres associations avaient organisé les états généraux de Marseille, d’où naîtra le Pacte démocratique, dont la volonté est de « placer les citoyen·ne·s au cœur de toute démarche politique à ­venir ». L’automne est arrivé et avec lui, le reflux.

Des divergences sur les candidats

L’horizon d’une grande liste unique de toutes les forces progressistes et citoyennes s’est dérobé depuis la décision prise par EELV, le 5 octobre, de lancer sa propre liste. Les conditions du vote ont été, selon la presse locale, particulières (une cinquantaine de votants favorables à l’option de l’autonomie, dont une majorité liée familialement aux candidats), mais cela n’a pas empêché la formation de lancer sa campagne. ­Vendredi dernier, sur fond de Vieux-Port baigné de soleil, les premiers candidats ont été présentés. Ils n’ont ­pourtant pas réussi à dissiper les nuages sur les raisons de leur stratégie. Nombre d’observateurs voient dans un récent sondage plaçant une liste écolo en tête des listes de gauche (entre 14 % et 16,5 %) le déclic. Sébastien Barles, désigné tête de liste, s’en défend. Il livre son scepticisme sur « l’absence de méthode » du Mouvement sans précédent (MSP), le « risque d’enlisement », puis, acculé par les questions des nombreux journalistes, s’agace de « cette autre pollution à Marseille qui est cette ode à l’unité ». En tout cas, celui qui avait accompagné la candidature de Pape Diouf en 2014 n’a pas convaincu une de ses « camarades », ­Michèle Rubirola, ironiquement celle qui était testée comme tête de liste dans le sondage cité. La conseillère départementale a décidé de rejoindre le MSP et lancé un appel au rassemblement sur son site Internet. Elle y explique : « En se décidant pour une liste autonome, EELV Marseille s’est résolu au seul objectif de finir troisième ou plus loin derrière encore. Un score qui installerait un second tour Ravier-Vassal et ferait ­disparaître pour longtemps les idées écologistes du champ politique marseillais. » Du côté du MSP, on a évidemment accueilli l’élue écolo, médecin (dans les quartiers Nord) de son état, à bras ouverts.

La composition d’une liste politico-­citoyenne (appelons-la ainsi) demeure pourtant incertaine. Les divergences ne semblent pas se résorber entre le Mouvement sans précédent et le Pacte démocratique. Elles portent moins sur le fond du projet, peu travaillé en fait, que sur la méthode de la coconstruction et de la désignation des candidats. « Le Pacte démocratique n’a pas vocation à présenter ses propres listes, souligne Charlotte Juin. Nous sommes plutôt une couveuse de ­citoyens. » Celle qui a longtemps milité dans l’associatif avant de décider à se lancer dans l’arène politique rappelle la pro­position du Pacte : constitution d’un collège électoral avec un tiers de représentants des partis et deux tiers issus des assemblées citoyennes.

Pour Sophie Camard, suppléante de Jean-Luc Mélenchon, « on ne peut pas mettre les deux appels sur le même plan. Le MSP a un périmètre très large ». « Nous représentons 3 000 signataires et des centaines, des milliers d’autres militants », ajoute Jean-Marc ­Coppola, conseiller municipal communiste. Le comité de pilotage du Mouvement comprend 34 personnes issues d’une vingtaine d’organisations politiques, syndicales, d’associations et de collectifs. L’union départementale CGT s’intéresse de près au processus.

« Il faut d’abord construire de bonnes bases »

Le blocage persistant sur la méthode de désignation des candidats empêche une « mise en ordre de marche », alors que la campagne commence à se lancer du côté de LR, du RN et donc d’EELV. « On n’arrive pas à parler du fond, car la question du ­périmètre et de la méthode est trop prégnante », regrette Marie Batoux, membre du Collectif du 5 novembre, un temps très investi dans le Pacte démocratique et qui s’apprête à lancer une association de droit à la ville, groupe de réflexion dans la perspective des municipales. « Nous devons maintenant avancer sur les candidatures et les financements, insiste Sophie Camard. Et sur le projet. La revendication démocratique ne doit pas nous empêcher de mettre en avant le fond. » Face à ces « sommations à l’union au plus vite », Charlotte Juin choisit la formule : « Ce n’est pas parce que l’on est marié que l’on fait un bon couple. Il faut d’abord construire de bonnes bases. » Samedi dernier, s’est tenue la première assemblée citoyenne. Il se trouve qu’elle était organisée conjointement par le Pacte et le Mouvement. « Nous étions 60, ce qui est déjà plus que l’électorat interne des Verts, grince un participant. Disons qu’on va garder espoir et s’appuyer là-dessus. » Le Mouvement sans précédent a décidé d’accélérer et tiendra ce vendredi une conférence de presse, qui pourrait sonner comme le lancement officiel de sa campagne. 

Christophe Deroubaix

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Lever le voile sur le voile !

Posté par jacques LAUPIES le 16 octobre 2019

Le port du voile a plusieurs significations ! Qu’il soit considéré comme une manifestation d’appartenance religieuse en toutes circonstances  est certainement une erreur. Ceux qui veulent précisément que le foulard  marque  leur défiance à l’égard  de la laïcité et entretiennent un certain prosélytisme exploitent tous les interdits que l’on peut formuler. Ainsi partisans de la proscription du voile autant que ceux qui le tolèrent sont piégés.

Changer les lois n’est pas nécessaire. Par contre faire respecter celles qui existent et impliquent que toute fonction publique, voire lorsqu’elle est déléguée (notamment aux associations) respectent la neutralité à l’égard de toutes les religions quelles qu’elles soient s’impose !

Quant à ceux qui courent après les électeurs qu’ils soient pour ou contre – chacun à les siens – franchement ils m’emmerdent !

 

 

Le député Aurélien Taché avait déploré que «	des gens comme Julien Odoul (RN) récupèrent les mots de Blanquer. On renforce ceux que l’on prétend combattre.	» J. Witt/Sipa<br /><br /><br />

Le député Aurélien Taché avait déploré que « des gens comme Julien Odoul (RN) récupèrent les mots de Blanquer. On renforce ceux que l’on prétend combattre. » J. Witt/Sipa
 

LAÏCITÉ. VIOLENT BRAS DE FER À LAREM SUR LA QUESTION DU VOILE

Mercredi, 16 Octobre, 2019

Jean-Michel Blanquer a réclamé des sanctions contre le député la République en marche Aurélien Taché, qui a fustigé les propos du ministre sur le voile. Devant une majorité divisée, le premier ministre a défendu hier la loi actuelle.

 

Rarement la Macronie n’est apparue si divisée. Jean-Michel Blanquer a exigé lundi que des sanctions soient prises contre le député de la majorité Aurélien Taché, lequel avait vivement critiqué ses propos sur le voile. En plein bureau exécutif de la République en marche, le ministre de l’Éducation nationale a réclamé avec force que la commission des conflits du mouvement soit saisie pour mettre au pas le parlementaire. Le torchon brûle depuis que Jean-­Michel Blanquer a déclaré dimanche que « la loi n’interdit pas aux femmes voilées d’accompagner les enfants » en sorties scolaires, avant d’ajouter que « le voile en soi n’est pas souhaitable dans notre société ». Des propos tenus après que l’élu RN Julien Odoul a humilié une mère accompagnatrice portant un voile, en pleine séance du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Dans les colonnes du Point, Aurélien Taché a regretté « entendre Blanquer dire que la loi protège le droit de ces accompagnatrices à participer aux sorties scolaires (…) et, dans le même temps, dire qu’elles feraient mieux d’enlever le voile ». « Cela revient à dire, estime le député, que, finalement, il ne faudrait peut-être pas respecter la loi. C’est dans ce genre de situations confuses que des gens comme Julien Odoul récupèrent les mots de Blanquer. On renforce ceux que l’on prétend combattre. »

Le ministre n’a pas supporté la charge. « Dire que les propos d’un ministre puissent être récupérés par le RN est extrêmement grave, on ne peut pas laisser passer », estime Ilana Cicurel, déléguée LaREM à l’éducation. « On ne peut pas avoir une forme d’escalade verbale d’un député à l’encontre d’un ministre qu’il accuse d’être le marchepied du RN. Ça va trop loin », s’indigne également la ­députée LaREM Aurore Bergé, sans s’interroger sur la justesse de l’analyse, défendue par d’autres élus. « Je suis outré qu’un ministre réclame des sanctions contre un député, et inquiet du précédent que cela pourrait créer », confie un parlementaire LaREM. « On ne peut pas considérer qu’un député ne puisse pas émettre une opinion. Sinon, remplaçons-les par des robots », s’est agacée Laetitia Avia, qui préside le bureau exécutif du parti présidentiel.

« En gros, Blanquer a demandé mon exclusion car la commission des conflits existe pour se prononcer sur des enjeux disciplinaires et d’appartenance au mouvement », estime Aurélien Taché auprès du Monde. Mais le délégué général de LaREM, Stanislas Guerini, tente de calmer le jeu. Il s’est refusé à saisir la commission, mais aurait temporairement mis le député à l’écart du bureau exécutif, et proposé la mise en place d’une cellule de « médiation ».

« Une loi sur les accompagnatrices scolaires » pas à l’ordre du jour

Qualifiant la « sortie de Taché » de « malheureuse », la porte-parole de LaREM Marie Lebec a appelé à « prendre de la hauteur » sur la question du voile, sans en faire « un sujet excitant ou exacerbant », qui doit être débattue « au sein du groupe et non par voie de presse ». D’autant que la position du ministre de l’Éducation n’est pas majoritaire. En février, Jean-Michel Blanquer avait voulu soutenir un amendement d’Éric Ciotti (LR) interdisant le port du voile aux accompagnatrices scolaires, avant d’y renoncer face à une levée de boucliers dans ses propres rangs. Interrogé hier sur ce sujet dans l’Hémicycle, le premier ministre s’est rangé du même côté. « Je ne pense pas pour ma part que l’enjeu aujourd’hui soit de faire une loi sur les accompagnatrices scolaires », a lancé Édouard Philippe. Devant une majorité divisée, il a rappelé la loi, alertant sur le « danger immense » que représente la déscolarisation d’enfants selon les convictions religieuses de leurs parents. Une manière de désavouer son ministre.

Aurélien Soucheyre

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La dernière blague de Bruxelles : la Suisse sortie de la liste des paradis fiscaux par l’UE (Fabien Roussel)

Posté par jacques LAUPIES le 15 octobre 2019

http://www.pcf.fr/mon_pcf_adhesion

 

Publié le 10/10/2019 par PCF

Décidément, en matière de lutte contre l’évasion fiscale, l’Union européenne ose tout. Déjà absente de la liste noire, la Suisse est ainsi sortie ce jeudi de la « liste grise » par un tour de passe-passe dont Bruxelles a le secret. Le pays du chocolat aurait donné des garanties suffisantes en matière d’échanges d’informations. Prière de circuler, il n’y a plus rien à voir en quelque sorte. Tous les experts et ONG, à commencer par Tax Justice Network, qui classent régulièrement la Suisse sur le podium mondial de la triche fiscal, avec les Etats-Unis et les Îles Caïman, n’ont décidément rien compris.

La dernière blague de Bruxelles : la Suisse sortie de la liste des paradis fiscaux par l’UE (Fabien Roussel)Pourquoi sortir la Suisse à un tel moment, alors que les progrès évoqués concernent essentiellement les relations avec les Etats-Unis, en raison de l’application du FATCA ? Les pratiques des banques suisses, de surcroît, n’ont pas changé en profondeur puisqu’elles continuent de proposer des montages d’optimisation fiscale à l’extrême limite de la légalité, en tous les cas toujours opaques.

Avec une liste noire sur laquelle ne figure aucun des principaux paradis fiscaux, l’Union européenne affiche une inquiétante soumission aux intérêts financiers et géopolitiques. Des pays entrent et sortent ainsi des listes, tels le Panama, les ïles vierges britanniques ou encore l’Arabie Saoudite, au gré des tractations diplomatiques et des enjeux économiques, plutôt qu’en vertu de réels progrès sur les pratiques dénoncées.

A l’heure où l’exigence de transparence n’a jamais été aussi forte, il est urgent de mettre en place des procédures claires et lisibles, comme la création d’une commission indépendante composée d’élus, mais aussi d’experts indépendants, pour établir des listes plus proches de la réalité. Il est inacceptable que des ONG classent 60 pays parmi les paradis fiscaux, quand les listes « officielles » des Etats, elles, n’en répertorient que quelques-uns et jamais les principaux. La France peut montrer l’exemple, en adoptant d’autres critères, plus solides, assortis de sanctions et en organisant un débat annuel au parlement, comme je l’ai détaillé en 2018 dans une Proposition de loi à l’Assemblée nationale. 

Fabien Roussel, député et secrétaire national du PCF, membre de la commission des finances

 
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