Laïque mais pas neutre…

Posté par jacques LAUPIES le 11 décembre 2017

 

L’article ci dessous rappelle l’attachement d’un Député Européen, communiste, Directeur d’un journal profondément attaché à la laïcité.

En aucun cas ne peut être empêché la pratique religieuse et c’est bien le contraire que permet la laïcité, la liberté de croire ou de ne pas croire en un Dieu, à toute force supposée antérieure  à la matière et qui serait à l’origine de son existence.

Mais évidemment cela ne saurait effacer le combat idéologique contre cette conception qui, on le constate fréquemment est  à l’origine de toutes sortes de manipulations et d’instrumentalisations des religions généralement au profit des  exploiteurs constitués en classe dominante. Et si l’on peut se féliciter que nombre de religions prônent la solidarité, il n’empêche que cela donne du crédit à des clergés qui font plus appel à la tolérance à l’égard des dominants, qui de manière permanente prennent appui sur le fait religieux pour combattre les politiques sociales.

Plus même au prétexte de modération, d’appel au compromis dans un système qui maintient en situation de domination les grands possédants, les institutions religieuses, apportent aux partis politiques réformistes, de droite ou de gauche, un encouragement au maintien des rapports sociaux d’exploitation.

Sans nier la pression que peuvent exercer les croyants, victimes du système capitaliste  notamment, pour des transformation révolutionnaires, force est de constater que les états confessionnels entretiennent les conflits de classe, sombrent souvent dans des conflits inter religieux (Israël, Iran, etc.)

Sans compter les pressions exercées, par les églises, sur les états qui se refusent à la pratique laïque (USA notamment)

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République. Le flambeau de la laïcité

 

Vendredi, 8 Décembre, 2017
L’Humanité
Photo : Loïc Venance/AFP

Photo : Loïc Venance/AFP

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député européen.

Cent douze ans, ce 9 décembre ; après sa promulgation, à la suite de bien des péripéties et déchirements, qui aurait pu imaginer que la loi de séparation des Églises et de l’État puisse faire l’objet de tant de controverses et de malentendus ? Qui aurait parié que le principe de laïcité qui la sous-tend soit prétexte à des polémiques à nouveau déchirantes ? Pourquoi, en somme, une loi de pacification sociale est-elle devenue sujet de discorde et d’affrontements verbaux souvent violents pour en tordre l’esprit et en violer la lettre ?

On se souvient que, en 2004, M. Sarkozy avait tenté de remettre les religions au cœur du débat public en proposant que l’État garantisse, sous couvert de tolérance, leur coexistence. Aussi écrivait-il, pour justifier sa démarche : « Pour fondamentale qu’elle soit, la question sociale n’est pas aussi consubstantielle à l’existence humaine que la question spirituelle. » Cette promotion de la spiritualité religieuse s’est accompagnée d’une régression historique des droits sociaux et de l’égalité sociale.

Renouer avec les fondements révolutionnaires et rationnels de la laïcité

La tentative de réécriture et de réinterprétation de la loi de 1905 n’est pas étrangère au brouillage actuel, qui tend à rendre la laïcité coupable des divisions qui pullulent dans la société, alors qu’elles trouvent leurs origines dans les inégalités et les conditions d’existence dégradées générées par le capitalisme néolibéral. La religion, ainsi devenue prétexte, cause ou fondement des inégalités et des divisions, est poussée en avant du débat public.

Il est nécessaire de renouer avec les fondements révolutionnaires et rationnels de la laïcité qui indiquent l’égalité parfaite des êtres humains devant la loi sans autre tutelle que celle qu’ils ont décidée eux-mêmes et démocratiquement. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, pierre angulaire du principe de laïcité, indique en effet, pour la première fois, que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ».

La loi de séparation, née dans le sillon de l’unification du mouvement socialiste, préserve la liberté de conscience, rend étanches les institutions publiques à toute forme de prosélytisme religieux, proclame l’égalité de tous les citoyens devant la loi commune et indique le chemin d’une fraternité humaine au-delà des croyances de chacun. Elle est, dès lors, indissociable du combat pour l’égalité véritable, comme l’a si souvent rappelé Jean Jaurès sous les huées des réactionnaires. C’est ce qu’indique d’ailleurs formellement le préambule de la Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

Comment donc accepter le détournement de ce principe puissant pour cibler une religion, en l’occurrence l’islam, dont la majorité des pratiquants dans notre pays a la particularité d’être issue de l’histoire coloniale et de subir une terrible relégation sociale, accompagnée de toutes sortes de discriminations, notamment à l’emploi ? Si un certain islamisme à visée politique doit être affronté avec vigueur, ne nous trompons pas de combat !

La laïcité est un attribut de la République. Elle est ainsi une manière de « vivre ensemble »

La laïcité n’est ni la lutte indispensable contre le racisme, ni l’athéisme et encore moins la vindicte contre une ou des religions, mais un principe de séparation ferme et fort entre la puissance publique et les cultes qui garantit à tous, croyants ou non-croyants, une liberté de conscience infinie. Elle est le fondement de notre système éducatif, qui s’attache à promouvoir la critique rationnelle et l’approche scientifique, et, par là, offre à tous les enfants la possibilité d’une liberté future, qu’elle s’exerce ou non dans le culte.

La laïcité est un attribut de la République. Elle est ainsi une manière de « vivre ensemble » et un cadre qui autorise et appelle des politiques sociales à visée égalitaire. Refusons les divisions identitaires et portons le beau flambeau de la laïcité, fidèles à sa vocation pacificatrice et égalitaire.

Par Patrick Le Hyaric Directeur de l’Humanité et député européen

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