Ou est l’intelligence politique ?

Posté par jacques LAUPIES le 21 décembre 2017

Je cois avoir déjà évoqué les bourdes de la  diplomatie française au cours de la dernière décade. 

Il s’avère que les russes, comme en atteste l’analyse ci dessous ont l’intelligence politique de leur côté

Moyen-Orient. La Russie apparaît être une des rares puissances à discuter avec l’ensemble des acteurs

entretien réalisé par Vadim Kamenka
Mercredi, 20 Décembre, 2017
Humanite.fr
Igor Delanoë : « La Russie fait désormais office de seul intermédiaire crédible et accepté à la fois par Israël et l’Autorité palestinienne. » Photo : Capture d'écran Youtube

Igor Delanoë : « La Russie fait désormais office de seul intermédiaire crédible et accepté à la fois par Israël et l’Autorité palestinienne. » Photo : Capture d’écran Youtube

Entretien. Directeur-adjoint de l’Observatoire franco-russe à Moscou et spécialiste du Moyen-Orient, Igor Delanoë revient sur la diplomatie menée par Vladimir Poutine dans la région. Ses récentes visites en Syrie, Egypte et l’annonce de Donald Trump de faire de Jérusalem la capitale d’Israël fait de la Russie une puissance incontournable.

Pourquoi, le président russe,  Vladimir Poutine a entrepris une visite surprise en Syrie sur la base aérienne de Hmeimim ?

Igor Delanoë. Pour la première fois depuis l’intervention militaire russe, lancée en septembre 2015, Vladimir Poutine a posé le pied chez son allié. Il a été accueilli par le dirigeant syrien Bachar al-Assad, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou et le général Sergueï Sourovikine.

Cette visite avait plusieurs objectifs. Tout d’abord, l’annonce d’un troisième retrait des troupes russes par Vladimir Poutine en personne depuis le sol syrien sonne comme une mise en garde envers Téhéran et des tenants d’une ligne dure au sein du régime à Damas. La Russie désapprouve le lancement de nouvelles opérations à Idlib, désapprouve le blocage des négociations à cause du régime syrien en raison de sa position de force sur le terrain et considère comme prioritaire la reprise des discussions à Genève ou à Sotchi. L’autre objectif : c’est l’opinion publique russe. La venue de Vladimir Poutine pour annoncer ce retrait démontre un président en campagne qui s’adresse principalement aux Russes.

Juste après son passage en Syrie, Poutine a tenu à se rendre en Egypte pour y rencontrer le président Abdel Fattah al-Sissi en Egypte. Pour quelles raisons ?

Igor Delanoë.  Il y a eu tout d’abord la question de la Syrie, des discussions économiques avec l’accord sur le nucléaire et la reprise des vols directs entre la Russie et l’Egypte et en dernier la question de Jérusalem.

En Syrie, l’Egypte joue un rôle très important en soutenant par exemple la plateforme d’opposition du Caire, qui représente une opposition plutôt « laïque » ou moins religieuse que celle de Riyad. Elle a également aidé à installer les zones de désescalade. L’Egypte a donc un rôle de médiateur sur le dossier syrien assez peu connu. Le général Al Sissi a été un des rares dirigeant arabe a salué publiquement l’intervention militaire russe en Syrie, en 2015. L’Egypte a également voté une résolution de la Russie au Conseil de sécurité de l’Onu, provoquant une crise avec l’Arabie saoudite.

Pour la Russie, c’est donc un allié important qui se trouve être une puissance arabe sunnite. Et cela contre balance aussi les allégations de soutien exclusif russe à la domination chiite au Moyen Orient. Il est vrai que Poutine et Al-Sissi entretiennent de bonnes relations. L’autre grande préoccupation pour les deux dirigeants, c’est l’essaimage des djihadistes de l’Etat islamique et d’autres organisations terroristes qui sont russophones et issus de l’espace post-soviétique. Il y en a énormément en Irak et en Syrie. Avec l’effondrement des diverses organisations terroristes la question de leur retour en Russie et en Asie centrale se pose. Mais aussi leur essaimage vers d’autres zones au Moyen Orient comme dans le Sinaï égyptien. L’attentat sanglant qui a eu lieu fin novembre illustre ces nouvelles tensions. Les autorités égyptiennes apprécient dans ce cadre-là de pouvoir bénéficier de l’aide de la Russie.

Les deux pays ont également signé un contrat pour la construction d’une centrale nucléaire au Caire par Rosatom pour une trentaine de milliards dollars. Les Russes vont financer 85% du projet et les 15% restant devraient être principalement fournis par les Saoudiens. Car l’Egypte n’en a pas les moyens. Cela illustre les convergences entre la Russie, l’Egypte et l’Arabie saoudite pour pouvoir maintenir la stabilité économique et politique dans le pays. Car cette centrale va permettre d’alimenter en électricité le delta du Nil, où vivent des dizaines de millions de personnes. Les vols directs entre la Russie et l’Egypte demeurent le seul bémol. Ses vols qui devaient être rétabli à la fin de l’année ont été reportés pour le début de l’année 2018. C’est essentiel pour l’Egypte économiquement. La manne touristique dont les Russes arrivaient en première ou deuxième position avant l’attentat du Sinaï qui a coûté la vie à 250 Russes.

Est-ce que la Russie peut apparaître comme un des principaux acteurs dans le processus de paix entre Palestiniens et Israéliens après les déclarations de Donald Trump ?

Igor Delanoë. La reconnaissance par le président des États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël a placé une nouvelle fois la Russie sous les projecteurs de la scène stratégique moyen-orientale. De fait, Washington n’est plus considéré comme un médiateur par l’Autorité palestinienne et les regards se tournaient presque aussitôt vers Moscou. La Russie se retrouve donc en position unique de médiateur crédible et accepté par toutes les parties. Après la crise du Qatar surgie cet été, c’est la seconde fois en quelques mois que le Moyen-Orient offre à la Russie la possibilité d’agir en tant qu’intermédiaire sur un dossier régional brûlant. La Russie se retrouve donc esseulée au sein d’un Quartet éclaté, voire mort. Elle fait désormais office de seul intermédiaire crédible et accepté à la fois par Israël et l’Autorité palestinienne.

Il n’en demeure pas moins que son capital d’influence et sa crédibilité acquis en Syrie poussent la Russie sur le devant de la scène stratégique régionale, où les différents acteurs guettent sa prochaine réaction.

La décision de Donald Trump offre-t-elle un « boulevard » pour une nouvelle initiative russe ?

Igor Delanoë. La Russie a déploré l’annonce faite par le président américain et réaffirmé son attachement aux résolutions de l’ONU et à l’initiative de paix arabe de 2002. Vladimir Poutine avait proposé en avril 2005 d’organiser une conférence pour la paix à Moscou. Elle reste sur la table. Depuis plusieurs mois, la Russie s’est aussi employée avec l’Egypte à favoriser une réconciliation intra-palestinienne.

Une nouvelle initiative de paix n’est pas pour l’instant une priorité pour Moscou qui cherche avant tout à résoudre la crise syrienne. Pour y parvenir, la diplomatie russe ne peut se mettre à dos les Etats-Unis et compromettre ces relations avec Téhéran ou l’Arabie saoudite en présentant sa propre initiative sur le dossier israélo-palestinien. La décision prise par Donald Trump tend aussi à conforter Téhéran dans son rôle de « champion de la cause palestinienne ». Si les capitales arabes du Golfe déplorent la décision de la Maison-Blanche, elles redoutent avant tout que l’influence iranienne ne s’en nourrisse.

La Russie attend aussi la présentation du plan de paix pour le dossier israélo-palestinien par la diplomatie états-unienne. Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, prépare depuis plusieurs mois cette initiative. La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël pourrait faire partie du « plan Kushner », sous la forme d’un gage donné au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour qu’il accepte ce plan de paix américain.

 

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