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Divina Frau-Meigs « Plutôt qu’une loi anti-fake news, un vrai service public d’Internet »

Posté par jacques LAUPIES le 7 janvier 2018

 

Entretien réalisé par Marie Barbier
Vendredi, 5 Janvier, 2018
L’Humanité

Médias. Opposée à la proposition d’Emmanuel Macron de réprimer les fausses nouvelles en période électorale, l’experte Divina Frau-Meigs préconise une solution lente : l’éducation aux médias et la mise en place d’un service public du numérique.

Professeure en sciences de l’information et de la communication à la Sorbonne, Divina Frau-Meigs vient d’être nommée membre de la commission de réflexion de l’Union européenne sur les fake news.

Un projet de loi contre les fake news, est-ce une fausse bonne nouvelle ?

Divina Frau-Meigs Oui, comme toutes les lois qui portent sur la liberté d’expression ! Ce texte pourrait être très mal perçu par une opinion publique en manque de confiance, tant du côté des politiques que des journalistes. C’est mal comprendre la logique transfrontière d’Internet que de légiférer en France, alors que la loi américaine, où se trouvent les plus grands pourvoyeurs de fake news, n’en tiendra pas compte. Que va dire cette loi ? J’imagine qu’elle va punir d’une peine d’amende ou de prison toute personne surprise à émettre des fake news. Cela s’appelle de la dissuasion sur la liberté d’expression. Cela peut geler, par anticipation, des personnes susceptibles de divulguer de vraies informations. Mais quelles seront les nuances ? Va-t-on punir les gens qui retwittent ? C’est un phénomène transfrontière, avec différentes intentionnalités. Une loi me paraît trop agressive et liberticide. Cela témoigne d’une impuissance et d’un impensé du numérique de la part des responsables politiques.

Que sont ces fake news ?

Divina Frau-Meigs Elles ne sont que l’arbuste qui cache la forêt de toute la désinformation sur Internet. Pour simplifier, il existe deux types de fake news malfaisantes. Les premières sont commerciales et principalement américaines. Aux États-Unis, ils se sont rendu compte que les gens adoraient les fake news, que ça leur apportait de la pub, donc qu’ils recevaient de l’argent de Facebook, Youtube, etc. Et puis, il y a les fake news idéologiques, de l’ordre de la propagande. Les acteurs qui les diffusent ne sont pas en France.

Que préconisez-vous ?

Divina Frau-Meigs Il manque un espace d’échange pour réfléchir avec tous les acteurs autour de la table. Une démocratie comme la France possède déjà plusieurs outils : le CSA pour l’audiovisuel en ligne, la Cnil pour la vie privée, les lois sur la diffamation, etc. Il manque une gouvernance de ces instances de contrôle, qui sont chacune dans une logique de silo. On a besoin d’une instance qui les coordonne. La crise que traverse actuellement le Conseil national du numérique (le CNNum, dont vingt-trois des trente membres ont démissionné en décembre pour protester contre l’éviction de Rokhaya Diallo – NDLR) pourrait être l’opportunité de créer un vrai comité national d’éthique du numérique, indépendant du gouvernement. La formation des journalistes et des citoyens est aussi un outil de prévention. Il faut aller dans les écoles, expliquer les fake news, donner de la force et des moyens à l’éducation aux médias. Les journalistes doivent également être mieux formés à la contre-vérité, au contre-discours, de manière à ce qu’ils puissent eux-mêmes se protéger et surtout renvoyer une image de confiance. Quand on sait que les plus gros retwitters de fake news sont les médias classiques, on voit bien qu’il y a un problème de ce côté-là. La vraie solution est une solution lente, celle de l’éducation. S’il y a une priorité et de l’argent à mettre, cela devrait être dans l’éducation aux médias et dans un vrai service public du numérique.

À quoi pourrait ressembler cet espace public numérique ?

Divina Frau-Meigs On a une télévision et une radio de service public, mais pas d’Internet de service public. Il est temps de réfléchir à quoi il pourrait ressembler. Il faudrait installer les acteurs, autour de la table et réfléchir à un financement pérenne. Facebook, Google, Youtube ne paient pas pour les services dont ils usent et abusent. Je suis pour une réflexion de fond sur la façon dont ils pourraient financer un vrai service public du numérique, avec des journalistes formés, des chercheurs et des citoyens contre les dérapages. 

une loi « avant la fin de l’année »

Le gouvernement présentera « probablement avant la fin de l’année » le projet de loi pour condamner les fake news en période électorale, a déclaré jeudi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Elle permettrait « de saisir le juge dans une action en référé, de supprimer le contenu, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l’accès au site Internet ».

Cet article a été publié le Dimanche 7 janvier 2018 à 0 h 01 min et est catégorisé sous Non classé. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le fil Flux des commentaires. Vous pouvez laisser un commentaire. Les trackbacks sont fermés.

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