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Santé publique : le renoncement intensif face aux lobbies

Posté par jacques LAUPIES le 10 juin 2018

 

PIA DE QUATREBARBES ET LATIFA MADANI
Jeudi, 7 Juin, 2018
Humanité Dimanche
Santé publique : le renoncement intensif face aux lobbies

Getty Images

Emmanuel Macron a choisi : c’est « business » d’abord. La santé publique, elle, passe à la trappe. Dernier exemple : la loi agriculture et alimentation, qui devait promouvoir « une alimentation saine ».

Protéger la santé des Français et agir pour le climat. Emmanuel Macron candidat en avait fait sa ligne rouge. Il n’a cessé de la franchir. En lançant les états généraux de l’alimentation, il s’engageait pour « une alimentation saine et durable ». Mais la loi agriculture et alimentation adoptée le 30 mai ne contient aucune mesure en ce sens, ou presque. Mêmes celles portées au sein de sa majorité ont été rejetées. Exit la limitation des épandages de pesticides près des habitations, l’interdiction des pubs pour les aliments trop gras et trop sucrés destinées aux enfants ou la sortie du glyphosate « dans les trois ans ».

Le bilan du gouvernement pour la santé des Français est celui d’une série de renoncements. Ça a commencé par le Ceta, le traité de libre-échange entre le Canada et l’UE, qui s’exonère du principe de précaution. Il y a eu ensuite, sur les perturbateurs endocriniens, reconnus toxiques, l’alignement, à la baisse, de la France sur une définition trop permissive de la Commission européenne, alors même que Paris promettait de porter le combat contre ces substances chimiques que l’on retrouve dans les aliments, les meubles, l’air que l’on respire…

Même chose sur la lutte contre la pollution atmosphérique. La France de Macron – et de son « Make our planet great again » – est traînée devant la justice européenne pour avoir allègrement dépassé les seuils autorisés. Alors que chaque jour qui passe apporte son lot de mauvaises nouvelles sur l’effondrement de la biodiversité, le président préfère donner des gages aux multinationales de l’agrochimie pour qu’elles puissent continuer impunément à nous polluer et à nous intoxiquer. En voici 5 exemples des plus emblématiques.

1 Glyphosate et pesticides : le grand bond en arrière

Un pas en avant, un pas en arrière… Et rien n’avance. Le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé au monde, est classé « cancérogène » probable par le Centre international de recherche sur le cancer. En France, 8 000 tonnes sont déversées chaque année. Pendant des mois, le gouvernement a hésité : interdiction totale, voulait Nicolas Hulot à l’écologie, autorisation pendant 5 à 7 ans, prônait Stéphane Travert à l’agriculture. Le 27 novembre, la France demandait une autorisation de 3 ans… Raté, le glyphosate a été réautorisé par l’Union européenne pour 5 ans. Mais Emmanuel Macron promettait : « La France l’interdira dans 3 ans. » Au Salon de l’agriculture en février, il allait encore plus loin face à un céréalier « J’aurai à répondre de ce que je fais… Les ouvriers agricoles, les consommateurs demain diront : “Vous aviez le glyphosate, vous le saviez et vous n’avez rien fait !” Ils me regarderont les yeux dans les yeux, ils n’iront pas vous chercher, vous. »

Le 28 mai, l’amendement du député macroniste Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, signé par 70 députés, voulait inscrire dans la loi cette promesse : l’interdiction au 1er juillet 2021. En séance, il est rejeté par 63 députés macronistes (20 ont voté pour). Le gouvernement, lui, propose un bilan d’ici 18 à 24 mois pour évaluer l’avancée des recherches… Idem sur les pesticides. Le plan pesticides réaffirme l’objectif du précédent : 50 % de réduction des pesticides en 2025. En 5 ans, leur quantité a pourtant augmenté de 5 %. « Il n’y a pratiquement rien dans ce plan, il va se résumer à la séparation de la vente de pesticides et du conseil en agriculture. Le gouvernement veut limiter le scandale en affichant le nombre de traitements de pesticides faits sur les produits », dénonce Emmanuel Aze, en charge du dossier pesticides à la Confédération paysanne (lire entretien page 46). Pour lui, c’est « techniquement impossible, notamment dans le cadre des coopératives dont les coopérants n’ont pas les mêmes pratiques. Et en plus, ça ne dit rien de la dangerosité des produits ».

2 La santé des enfants, ce n’est rien face aux recettes de pub !

Un enfant sur six est en surpoids ou obèse en France, mais le marketing alimentaire a de beaux jours devant lui. Sur l’avis du gouvernement, l’Assemblée nationale a refusé d’interdire les publicités pour les produits alimentaires trop gras, trop sucrés et trop salés à destination des enfants… Plusieurs députés LREM, Modem, PCF et FI ont alors proposé de rendre obligatoire le Nutri-Score dans les spots publicitaires visant les moins de 16 ans. Un amendement soutenu par 80 députés LREM, mais pas par le gouvernement ! Pourtant, ce logo aux 5 couleurs – du vert à l’orange – délivre une information claire sur la qualité nutritionnelle. Mis en œuvre en octobre 2017, le Nutri-Score n’est pas obligatoire sur les emballages, mais il aurait pu l’être dans les pubs. « Aucun argument juridique ne l’empêchait », souligne Serge Hercberg, professeur de nutrition à l’université Paris-XIII et l’un des concepteurs du logo (lire encadré page suivante). Pour lui, les lobbys ont gagné. La preuve : la lettre des patrons des chaînes de télévision qui s’y opposait par peur de perdre « 650 millions d’euros de recettes publicitaires ». En réalité, selon Santé publique France, l’argent de la pub pour la « malbouffe » était déjà de 3 milliards en 2013. Selon plusieurs études, il suffit d’une pub pour que les enfants augmentent leur consommation de sucreries de 84 % à 130 %. Mais, pour le gouvernement, il faut plutôt « responsabiliser les parents ». « Des éléments de langage habituels de l’agroalimentaire », décrypte Serge Herc­berg… Et le gouvernement de renvoyer au « rôle régulateur du Conseil supérieur de l’audiovisuel ». « Mais le CSA n’a aucune compétence en matière de nutrition », s’indigne le directeur de recherche.

3 Sécurité sanitaire : les amendements manqués

Pendant des mois, la salmonelle de l’usine de Craon de Lactalis a contaminé le lait infantile. Résultat : 27 nourrissons malades. Le scandale éclate en décembre… Et depuis, rien ! Emmanuel Besnier, le patron de Lactalis, est convoqué le 7 juin devant la commission d’enquête parlementaire chargée de tirer les enseignements de l’affaire Lactalis. Le gouvernement, lui, n’en tire rien. Lactalis s’ajoute à une longue liste de scandales sanitaires. Il faut dire que l’industrie agroalimentaire est sans garde-fou. Depuis 2005, les entreprises s’autocontrôlent. Les effectifs du ministère de l’Agriculture chargés de les contrôler fondent. À la direction de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF), même chose. Les agents ne sont plus en mesure de faire leur travail efficacement. Résultat : 4 000 contrôles annuels dans les années 1990, 2 700 en 2017. Et le gouvernement a décidé à l’automne de supprimer 45 postes en 2018.

4 Feu vert au Ceta, un danger pour le climat et la santé

Depuis le 21 septembre, le Ceta, l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, est appliqué, en France, à titre provisoire en attendant la ratification par les États membres d’ici l’automne. L’accord abolit la quasi-totalité des droits de douane. Et, au passage, il balaie les réglementations qui nous protègent sur le plan sanitaire, social et environnemental.

Emmanuel Macron a fait fi des critiques et réserves du comité d’évaluation dont il avait lui-même nommé les membres et commandé le rapport, remis l’été 2017. Il a renié son engagement à en respecter les conclusions. Pourtant, celles-ci mettent en garde sur les risques considérables que fait peser le Ceta, notamment sur la sécurité sanitaire et sur le principe de précaution. ONG, syndicats, associations, agriculteurs, magistrat, élus, citoyens relancent les mobilisations pour empêcher la ratification du traité. Ils sont de plus de plus nombreux à réclamer un référendum sur le sujet.

5 La France de « Make our planet great again » en justice

Près de 3 ans après l’accord « historique » de Paris, la France a été renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne, le 17 mai, pour dépassement des valeurs limites de dioxyde d’azote. Elle risque une amende de 11 millions d’euros et des astreintes journalières de 240 000 euros. 10 ans qu’elle recevait des avertissements, sans jamais prendre les mesures nécessaires. La feuille de route présentée à Bruxelles le 13 avril par le ministre de l’Écologie a été jugée insuffisante. Nicolas Hulot compte… sur la loi sur les mobilités qui sera présentée en juin.

La pollution de l’air cause chaque année 48 000 décès prématurés selon Santé publique France. Un bébé sur 100 naît en sous-poids à cause de la pollution de l’air aux particules, alertaient des épidémiologistes dans une étude publiée le 15 mai dans la revue « Archives de pédiatrie ». Les particules fines(diamètre inférieur à 10 ou à 2,5 micromètres) pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire et les autres organes, dont la barrière placentaire.

Malgré les promesses de campagne pour améliorer la qualité de l’air d’Emmanuel Macron, aucun signal n’a été émis depuis 1 an. Au contraire. Les modes de transport les plus polluants, comme les cars et le fret routier, sont privilégiés au détriment du ferroviaire. 80 % des marchandises sont transportées par la route.

«Nutri-score, un système d’information clair et transparent à défendre»
 
Serge Hercberg directeur de recherche en nutrition à l’Inserm
 
«Quand on travaille en santé publique, on a intérêt à ne pas se décourager », lâche Serge Hercberg. Si le Nutri-Score n’est pas obligatoire sur les emballages, c’est à cause des articles 35 et 36 du règlement européen Inco (information consommateur). « C’est le résultat d’un long processus enclenché en 2000 par les industriels, qui ont dépensé un milliard pour torpiller un système d’information nutritionnelle transparent et clair. » À la place, «?des tableaux à l’arrière des emballages, très compliqués à lire ». Mais la bataille n’est pas perdue?: de nouvelles discussions doivent avoir lieu à la fin de l’année dans l’UE pour harmoniser les logos européens. « La France va devoir être porteuse pour rendre obligatoire le Nutri-Score. Car déjà les industriels préparent un autre logo, manipulé et qui fait “pâlir les couleurs”. » « Une pétition a été lancée (1). Un groupe de citoyens bénévoles a créé Open Food Facts, une application sur smartphone qui permet d’accéder au Nutri-Score en scannant les emballages. Il est déjà accessible pour 100?000 produits. C’est une manière de faire pression sur les industriels qui ne veulent pas afficher les informations sur l’emballage. Grâce aux milliers de consommateurs, on les contourne ! » 
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