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En Avignon : le théâtre plaide pour les « genres »

Posté par jacques LAUPIES le 12 juillet 2018

 

Aborder  avec le théâtre, le cinéma, la reconnaissance des malfaisances qui frappent les lesbiennes, gays et transsexuels – pour ne citer que quelques variétés bien repérées -  n’est pas  superflu pour tenter d’éveiller les consciences au respect que l’on doit à la différence.

D’autant que les  » pauvres types » généralement constitués en bande et cultivant l’homophobie agissent ça et là, souvent sous l’effet d’alcool et de drogue et pire parfois en toute lucidité. Malheureusement ceux la ne fréquentent généralement pas le théâtre, le cinéma d’auteur, même pas les chaines de télé intelligente.

Quant aux autres, souvent interrogatifs et muets sur le sujet – les normaux – ils sont encore foule !

Y a du boulot mes camarades… Qui n’êtes pas dans la foule !

 

Enfin être libre, se sentir libre dans son corps. Les acteurs redonnent tout son sens au mot courage. C. Raynaud de Lage/Hans Lucas<br /><br /><br />
 » src= »https://www.humanite.fr/sites/default/files/styles/1048×350/public/images/58981.HR.jpg?itok=FEjS38jp » width= »1048″ height= »350″ /></span></p>
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<div><span style=Enfin être libre, se sentir libre dans son corps. Les acteurs redonnent tout son sens au mot courage. C. Raynaud de Lage/Hans Lucas
 

Avignon. Masculin, féminin, est-ce une fille ou un garçon ?

Jeudi, 12 Juillet, 2018

Olivier Py l’avait annoncé. La question du genre traverserait la programmation. Le spectacle bouleversant de Didier Ruiz l’évoque avec une grande délicatesse. Entretien avec le metteur en scène.

Ils sont sept. Sept hommes et femmes. Tous trans. Face public, ils s’avancent. Leur silhouette se découpe sur de grands voiles blancs tendus comme un écrin pour recueillir leurs paroles. Ils racontent, se livrent, avec pudeur mais sans détour, simplement. On est touché de plein fouet par la sagesse de ces êtres, fruit d’un long cheminement intérieur, de ce combat, silencieux, parfois solitaire, pour affronter le regard des autres. Enfin être libre, se sentir libre dans son corps. Ils redonnent tout son sens au mot courage. Alors on refait ce chemin avec eux. On le poursuit, après. Le théâtre de Didier Ruiz est des plus singuliers. Jamais tapageur ni démonstratif. Il est un théâtre de l’écoute, du respect, de la dignité. Trans est plus fort qu’un manifeste. Il est un acte fort qui nous oblige à repenser les êtres au-delà de l’apparence.

Comment diriger des personnes qui sont acteurs de leur propre histoire ?

Didier Ruiz Il faut les écouter et prendre le temps. Quand vous procédez de la sorte, vous avez fait les trois quarts du boulot. Il suffit de bien regarder à qui vous parlez, et tout devient évident. Vous pouvez alors aller de l’avant.

Une grande sérénité se dégage du spectacle, vous n’avez pas été tenté de politiser la pièce de manière plus virulente ?

Didier Ruiz La question m’a traversé l’esprit. C’est vrai que Clara, la plus âgée des protagonistes, est militante dans une association transgenre. J’ai pensé que l’acte politique était naturellement inclus dans l’œuvre. Ce n’était pas la peine d’en rajouter dans le slogan.

Qu’est-ce que cette simplicité apporte au propos ?

Didier Ruiz Le message politique passe d’autant mieux qu’il est diffus dans l’ensemble. Ce qu’ils nous disent, c’est : « Regardez-moi. Regardez qui je suis. N’essayez pas de savoir ce que j’ai dans ma culotte. Je vais très bien, mon corps m’appartient et je suis libre. Soyez-le à votre tour ! »

Le décor, très sobre, s’est imposé de suite ou avez-vous tenté des scénographies plus fournies ?

Didier Ruiz Ça s’est imposé de suite. Quand j’ai rencontré ces personnages, j’ai pensé à l’Olympe. Mais quelle image pour le mont Olympe ? Je n’en sais rien, d’autant que personne ne l’a jamais vu. Mais il y avait l’idée d’être dans un endroit au-dessus de la Terre, près du ciel, avec ce quelque chose qui les rapprocherait de la divinité. Ces gens sont tellement apaisés qu’on se dit qu’ils ne sont pas de cette Terre.

Est-ce une manière d’en faire des héros d’aujourd’hui ?

Didier Ruiz Absolument. Pour moi, ce sont des héros dans la mesure où leurs actes sont parfaitement en accord avec leurs convictions. C’est comme ça qu’ils ont atteint la liberté. Dans ma vie, j’ai rarement rencontré des gens aussi libres.

Le titre de la pièce, Trans (més enllà) , signifie « au-delà » en catalan. Qu’y a-t-il concrètement au-delà de trans ?

Didier Ruiz Si je devais aujourd’hui changer de titre, je l’inverserais. D’abord « au-delà » et « trans » après. Pour moi, la question de trans vient ensuite. L’idée est de nous amener au-delà du réel, au-delà de l’amour, au-delà de nos représentations…

Vous n’avez pas été tenté de romancer leurs propos ?

Didier Ruiz Jamais. Leur histoire est déjà tellement incroyable… Ce que nous dit Clara est vrai, je l’ai vécu en direct : c’est sa femme qui l’aide à choisir ses vêtements, qui lui prête des soutiens-gorge. Aujourd’hui, après s’être séparées un temps, elles revivent ensemble et Clara m’a confié que sa femme aussi « a fait une transition puisqu’elle vit désormais avec une lesbienne ». J’en suis encore bouleversé. Dans quel film peut-on voir ça ?

Pour les spectateurs qui n’auraient pas vu Une longue peine , votre précédent spectacle, comment expliqueriez-vous le lien avec Trans  ?

Didier Ruiz. Il y a une continuité évidente puisque le procédé est le même, via le témoignage, le centre d’intérêt aussi, via l’enfermement. Là où ça diffère, c’est dans la représentation.

L’avez-vous construit par opposition ?

Didier Ruiz Non, mais comme un pendant. L’idée du diptyque est juste puisque c’est la suite de l’histoire mais sur l’autre panneau. Un diptyque contemporain, ça peut jouer sur l’opposition. Donc ce terme me p

Le retour du primitif, pour se ­défouler, laisser libre cours à sa haine, sa haine de soi, de ce qu’on est, de ce qu’on n’est pas. Christophe Raynaud de Lage/Hanslucas<br /><br /><br />
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<div><span style=Le retour du primitif, pour se ­défouler, laisser libre cours à sa haine, sa haine de soi, de ce qu’on est, de ce qu’on n’est pas. Christophe Raynaud de Lage/Hanslucas
 

Avignon. Que s’est-il passé à Liège, ce soir d’avril 2012 ?

Mercredi, 11 Juillet, 2018

À partir d’un fait divers d’une rare violence, le meurtre d’un jeune homosexuel dans cette ville de Wallonie, le Suisse Milo Rau met en scène une tragédie contemporaine avec la Reprise. Histoire(s) du théâtre (I).

Liège. Avril 2012. Devant un bar gay du centre-ville, une voiture s’arrête. À son bord, quatre jeunes gens. Ils viennent de fêter l’anniversaire de l’un d’eux. Ils roulent sans but, alcoolisés, la musique à plein tube. À l’Open Bar, on fête un autre anniversaire. La voiture s’arrête devant. Le conducteur drague une fille. Ihsane Jarfi s’avance. Les hommes veulent « des femmes ». Il leur suggère de se rendre à tel endroit. Les occupants du véhicule lui demandent de les accompagner. Ihsane accepte. Pourquoi ? On ne le saura jamais. À peine installé, que se sont-ils dit ? Qu’est-ce qui a déclenché cette folie meurtrière ? Les mots « sucer une grosse bite » ? Les premiers coups pleuvent. La voiture marque un arrêt. Les meurtriers déplacent le corps dans le coffre. Ihsane est toujours vivant. Là encore, il prend des coups. La voiture repart, roule. S’arrête, en dehors de la ville. Ils extirpent Ihsane du coffre, le jettent à terre, s’acharnent sur lui, le déshabillent, le laissent nu, face contre terre, sous une pluie glaciale. Ihsane agonisera pendant plusieurs heures. Un promeneur découvrira son corps dix jours plus tard.

Où mettre la distance, entre choc émotionnel et réflexion ?

Milo Rau est suisse. Sociologue, ancien journaliste, il a parcouru le monde et travaille comme metteur en scène dans pas mal d’endroits. Théâtre, cinéma, il est sur tous les fronts et conjugue image, son, écriture dramaturgique et travail sur le plateau sans effets de manches, toujours à l’économie. Sobriété, rigueur. Vider la scène du superflu, de tout ce qui viendrait brouiller l’attention, la concentration. Milo Rau, qui dirige dorénavant le NTGent, théâtre national belge de Gand, part du « réel » – si tant est que le réel existe –, d’une histoire et la remet sur le métier avec la Reprise. Histoire(s) du théâtre (I). Le processus créatif commence dès les premières recherches documentaires, les rencontres, échanges. Que ce soit sur le Rwanda, les Pussy Riot ou l’affaire Dutroux, Milo Rau procède ainsi. Mais, passé ce cap, cette première étape, comment traiter d’un tel sujet – d’un génocide ou d’un fait divers contemporain qui a fait la une des journaux – sur un plateau de théâtre ? Où mettre la distance, entre choc émotionnel, voyeurisme et réflexion, compréhension, analyse ? Comment la banalité du tragique – ou le tragique banalisé dans nos sociétés contemporaines – peut-elle provoquer, dépasser la catharsis ? Milo Rau répond par le théâtre : il devient un lieu d’expérimentation aussi bien pour les acteurs que pour les spectateurs. Ce n’est pas une question d’égalité. Acteurs et spectateurs n’occupent pas la même place, mais un même espace. Les uns jouent – tout est fait pour nous le rappeler ; les autres ­regardent, observent, attendent. Milo Rau ne nous prend pas par la main, il nous montre un chemin qui ne file jamais droit. D’abord, celui emprunté par les acteurs professionnels et amateurs. Ils se présentent : premier signe de civilité dans un monde où on ne se connaît pas, où on s’ignore par crainte, par mépris. On sait d’où ils parlent. L’un, Johan Leysen, va jouer un court extrait de Hamlet. Merveilleux moment. Une autre, Suzy Cocco, jeune retraitée, va tenter de répondre à l’impossible : « Pourquoi le théâtre ? » On rit. Qui pour répondre à une telle question… Celui-ci, Fabian Leenders, est DJ. Il a exercé maints petits boulots, jeunesse mouvementée, désespérément mouvementée – alcool, drogue… Plus tard, il rencontrera au parloir l’un des meurtriers d’Ihsane. Mêmes parcours, mêmes vies banales, cabossées. Il aurait pu être à sa place. Prise de conscience vertigineuse. Mais il n’a pas tué, lui. Il lui raconte le projet. « Tu as de la chance de faire cette pièce, c’est une bonne opportunité. Profites-en ! » lui dit le meurtrier.

Un théâtre d’utilité publique qui transforme le spectateur

Tom Adjibi a joué dans des films des frères Dardenne. Fou rire dans la salle. Fabian a fait figurant et Suzy silhouette chez les Dardenne, à croire qu’ils sont les premiers employeurs de Liège. Liège, justement. Capitale de la sidérurgie, elle a subi de plein fouet les fermetures des usines. Ville et population dévastées. Combien de générations sur le carreau ? Les meurtriers d’Ihsane sont aussi le fruit de cette histoire. Plus de repères. La vie, la mort, l’alcool, la dope. Fracture économique, sociale, culturelle. Plus rien ne fait sens. Retour à l’être primitif. On cogne sur les plus faibles : femmes, enfants, étrangers, homosexuels. Ihsane était homosexuel. C’est pas « normal » d’être pédé. On peut taper dessus. Pour se ­défouler, s’amuser un peu, laisser libre cours à sa haine, sa haine de soi, de ce qu’on est, de ce qu’on n’est pas, des rêves qu’on ne rêve plus…

Voilà le théâtre de Milo Rau. Pas assez de place pour tout ce qu’on pourrait écrire, encore et encore. Sur l’interaction – cet équilibre subtil – entre plateau et vidéo. Son théâtre est d’utilité publique. On n’est pas la même personne en quittant la salle. On en sort transformé.

Cet article a été publié le Jeudi 12 juillet 2018 à 0 h 34 min et est catégorisé sous Non classé. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le fil Flux des commentaires. Vous pouvez laisser un commentaire. Les trackbacks sont fermés.

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