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La notion de « race » enfin effacée de la constitution

Posté par jacques LAUPIES le 12 juillet 2018

Enfin oui !

La notion de

Photo Philippe LOPEZ/AFP
Jeudi, 12 Juillet, 2018

l’Assemblée nationale a supprimé jeudi à l’unanimité le mot « race » de l’article 1er de la Loi fondamentale et a également interdit toute « distinction de sexe »

Rares sont les amendements autant plébiscités au Palais Bourbon. À l’unanimité, les députés de tous bords ont adopté la suppression du mot «race» dans l’article 1er de la Constitution. Autre point positif concernant la lutte pour l’égalité femme-homme, l’article premier de la norme suprême interdira également toute «distinction de sexe».

«La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d’origine ou de religion», peut-on désormais lire dans le chapitre qui définit les valeurs fondamentales de la République. 

L’article 1er de la Constitution sera normalement modifié dans les jours à venir. Lors d’un déplacement en Bretagne fin juin, le ministre de l’Écologie, Nicolas Hulot, avait annoncé que la «protection de l’environnement» devrait également figurer dans ce chapitre. Sous réserve bien sûr que la révision

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En Avignon : le théâtre plaide pour les « genres »

Posté par jacques LAUPIES le 12 juillet 2018

 

Aborder  avec le théâtre, le cinéma, la reconnaissance des malfaisances qui frappent les lesbiennes, gays et transsexuels – pour ne citer que quelques variétés bien repérées -  n’est pas  superflu pour tenter d’éveiller les consciences au respect que l’on doit à la différence.

D’autant que les  » pauvres types » généralement constitués en bande et cultivant l’homophobie agissent ça et là, souvent sous l’effet d’alcool et de drogue et pire parfois en toute lucidité. Malheureusement ceux la ne fréquentent généralement pas le théâtre, le cinéma d’auteur, même pas les chaines de télé intelligente.

Quant aux autres, souvent interrogatifs et muets sur le sujet – les normaux – ils sont encore foule !

Y a du boulot mes camarades… Qui n’êtes pas dans la foule !

 

Enfin être libre, se sentir libre dans son corps. Les acteurs redonnent tout son sens au mot courage. C. Raynaud de Lage/Hans Lucas<br /><br /><br />

Enfin être libre, se sentir libre dans son corps. Les acteurs redonnent tout son sens au mot courage. C. Raynaud de Lage/Hans Lucas
 

Avignon. Masculin, féminin, est-ce une fille ou un garçon ?

Jeudi, 12 Juillet, 2018

Olivier Py l’avait annoncé. La question du genre traverserait la programmation. Le spectacle bouleversant de Didier Ruiz l’évoque avec une grande délicatesse. Entretien avec le metteur en scène.

Ils sont sept. Sept hommes et femmes. Tous trans. Face public, ils s’avancent. Leur silhouette se découpe sur de grands voiles blancs tendus comme un écrin pour recueillir leurs paroles. Ils racontent, se livrent, avec pudeur mais sans détour, simplement. On est touché de plein fouet par la sagesse de ces êtres, fruit d’un long cheminement intérieur, de ce combat, silencieux, parfois solitaire, pour affronter le regard des autres. Enfin être libre, se sentir libre dans son corps. Ils redonnent tout son sens au mot courage. Alors on refait ce chemin avec eux. On le poursuit, après. Le théâtre de Didier Ruiz est des plus singuliers. Jamais tapageur ni démonstratif. Il est un théâtre de l’écoute, du respect, de la dignité. Trans est plus fort qu’un manifeste. Il est un acte fort qui nous oblige à repenser les êtres au-delà de l’apparence.

Comment diriger des personnes qui sont acteurs de leur propre histoire ?

Didier Ruiz Il faut les écouter et prendre le temps. Quand vous procédez de la sorte, vous avez fait les trois quarts du boulot. Il suffit de bien regarder à qui vous parlez, et tout devient évident. Vous pouvez alors aller de l’avant.

Une grande sérénité se dégage du spectacle, vous n’avez pas été tenté de politiser la pièce de manière plus virulente ?

Didier Ruiz La question m’a traversé l’esprit. C’est vrai que Clara, la plus âgée des protagonistes, est militante dans une association transgenre. J’ai pensé que l’acte politique était naturellement inclus dans l’œuvre. Ce n’était pas la peine d’en rajouter dans le slogan.

Qu’est-ce que cette simplicité apporte au propos ?

Didier Ruiz Le message politique passe d’autant mieux qu’il est diffus dans l’ensemble. Ce qu’ils nous disent, c’est : « Regardez-moi. Regardez qui je suis. N’essayez pas de savoir ce que j’ai dans ma culotte. Je vais très bien, mon corps m’appartient et je suis libre. Soyez-le à votre tour ! »

Le décor, très sobre, s’est imposé de suite ou avez-vous tenté des scénographies plus fournies ?

Didier Ruiz Ça s’est imposé de suite. Quand j’ai rencontré ces personnages, j’ai pensé à l’Olympe. Mais quelle image pour le mont Olympe ? Je n’en sais rien, d’autant que personne ne l’a jamais vu. Mais il y avait l’idée d’être dans un endroit au-dessus de la Terre, près du ciel, avec ce quelque chose qui les rapprocherait de la divinité. Ces gens sont tellement apaisés qu’on se dit qu’ils ne sont pas de cette Terre.

Est-ce une manière d’en faire des héros d’aujourd’hui ?

Didier Ruiz Absolument. Pour moi, ce sont des héros dans la mesure où leurs actes sont parfaitement en accord avec leurs convictions. C’est comme ça qu’ils ont atteint la liberté. Dans ma vie, j’ai rarement rencontré des gens aussi libres.

Le titre de la pièce, Trans (més enllà) , signifie « au-delà » en catalan. Qu’y a-t-il concrètement au-delà de trans ?

Didier Ruiz Si je devais aujourd’hui changer de titre, je l’inverserais. D’abord « au-delà » et « trans » après. Pour moi, la question de trans vient ensuite. L’idée est de nous amener au-delà du réel, au-delà de l’amour, au-delà de nos représentations…

Vous n’avez pas été tenté de romancer leurs propos ?

Didier Ruiz Jamais. Leur histoire est déjà tellement incroyable… Ce que nous dit Clara est vrai, je l’ai vécu en direct : c’est sa femme qui l’aide à choisir ses vêtements, qui lui prête des soutiens-gorge. Aujourd’hui, après s’être séparées un temps, elles revivent ensemble et Clara m’a confié que sa femme aussi « a fait une transition puisqu’elle vit désormais avec une lesbienne ». J’en suis encore bouleversé. Dans quel film peut-on voir ça ?

Pour les spectateurs qui n’auraient pas vu Une longue peine , votre précédent spectacle, comment expliqueriez-vous le lien avec Trans  ?

Didier Ruiz. Il y a une continuité évidente puisque le procédé est le même, via le témoignage, le centre d’intérêt aussi, via l’enfermement. Là où ça diffère, c’est dans la représentation.

L’avez-vous construit par opposition ?

Didier Ruiz Non, mais comme un pendant. L’idée du diptyque est juste puisque c’est la suite de l’histoire mais sur l’autre panneau. Un diptyque contemporain, ça peut jouer sur l’opposition. Donc ce terme me p

Le retour du primitif, pour se ­défouler, laisser libre cours à sa haine, sa haine de soi, de ce qu’on est, de ce qu’on n’est pas. Christophe Raynaud de Lage/Hanslucas<br /><br /><br />

Le retour du primitif, pour se ­défouler, laisser libre cours à sa haine, sa haine de soi, de ce qu’on est, de ce qu’on n’est pas. Christophe Raynaud de Lage/Hanslucas
 

Avignon. Que s’est-il passé à Liège, ce soir d’avril 2012 ?

Mercredi, 11 Juillet, 2018

À partir d’un fait divers d’une rare violence, le meurtre d’un jeune homosexuel dans cette ville de Wallonie, le Suisse Milo Rau met en scène une tragédie contemporaine avec la Reprise. Histoire(s) du théâtre (I).

Liège. Avril 2012. Devant un bar gay du centre-ville, une voiture s’arrête. À son bord, quatre jeunes gens. Ils viennent de fêter l’anniversaire de l’un d’eux. Ils roulent sans but, alcoolisés, la musique à plein tube. À l’Open Bar, on fête un autre anniversaire. La voiture s’arrête devant. Le conducteur drague une fille. Ihsane Jarfi s’avance. Les hommes veulent « des femmes ». Il leur suggère de se rendre à tel endroit. Les occupants du véhicule lui demandent de les accompagner. Ihsane accepte. Pourquoi ? On ne le saura jamais. À peine installé, que se sont-ils dit ? Qu’est-ce qui a déclenché cette folie meurtrière ? Les mots « sucer une grosse bite » ? Les premiers coups pleuvent. La voiture marque un arrêt. Les meurtriers déplacent le corps dans le coffre. Ihsane est toujours vivant. Là encore, il prend des coups. La voiture repart, roule. S’arrête, en dehors de la ville. Ils extirpent Ihsane du coffre, le jettent à terre, s’acharnent sur lui, le déshabillent, le laissent nu, face contre terre, sous une pluie glaciale. Ihsane agonisera pendant plusieurs heures. Un promeneur découvrira son corps dix jours plus tard.

Où mettre la distance, entre choc émotionnel et réflexion ?

Milo Rau est suisse. Sociologue, ancien journaliste, il a parcouru le monde et travaille comme metteur en scène dans pas mal d’endroits. Théâtre, cinéma, il est sur tous les fronts et conjugue image, son, écriture dramaturgique et travail sur le plateau sans effets de manches, toujours à l’économie. Sobriété, rigueur. Vider la scène du superflu, de tout ce qui viendrait brouiller l’attention, la concentration. Milo Rau, qui dirige dorénavant le NTGent, théâtre national belge de Gand, part du « réel » – si tant est que le réel existe –, d’une histoire et la remet sur le métier avec la Reprise. Histoire(s) du théâtre (I). Le processus créatif commence dès les premières recherches documentaires, les rencontres, échanges. Que ce soit sur le Rwanda, les Pussy Riot ou l’affaire Dutroux, Milo Rau procède ainsi. Mais, passé ce cap, cette première étape, comment traiter d’un tel sujet – d’un génocide ou d’un fait divers contemporain qui a fait la une des journaux – sur un plateau de théâtre ? Où mettre la distance, entre choc émotionnel, voyeurisme et réflexion, compréhension, analyse ? Comment la banalité du tragique – ou le tragique banalisé dans nos sociétés contemporaines – peut-elle provoquer, dépasser la catharsis ? Milo Rau répond par le théâtre : il devient un lieu d’expérimentation aussi bien pour les acteurs que pour les spectateurs. Ce n’est pas une question d’égalité. Acteurs et spectateurs n’occupent pas la même place, mais un même espace. Les uns jouent – tout est fait pour nous le rappeler ; les autres ­regardent, observent, attendent. Milo Rau ne nous prend pas par la main, il nous montre un chemin qui ne file jamais droit. D’abord, celui emprunté par les acteurs professionnels et amateurs. Ils se présentent : premier signe de civilité dans un monde où on ne se connaît pas, où on s’ignore par crainte, par mépris. On sait d’où ils parlent. L’un, Johan Leysen, va jouer un court extrait de Hamlet. Merveilleux moment. Une autre, Suzy Cocco, jeune retraitée, va tenter de répondre à l’impossible : « Pourquoi le théâtre ? » On rit. Qui pour répondre à une telle question… Celui-ci, Fabian Leenders, est DJ. Il a exercé maints petits boulots, jeunesse mouvementée, désespérément mouvementée – alcool, drogue… Plus tard, il rencontrera au parloir l’un des meurtriers d’Ihsane. Mêmes parcours, mêmes vies banales, cabossées. Il aurait pu être à sa place. Prise de conscience vertigineuse. Mais il n’a pas tué, lui. Il lui raconte le projet. « Tu as de la chance de faire cette pièce, c’est une bonne opportunité. Profites-en ! » lui dit le meurtrier.

Un théâtre d’utilité publique qui transforme le spectateur

Tom Adjibi a joué dans des films des frères Dardenne. Fou rire dans la salle. Fabian a fait figurant et Suzy silhouette chez les Dardenne, à croire qu’ils sont les premiers employeurs de Liège. Liège, justement. Capitale de la sidérurgie, elle a subi de plein fouet les fermetures des usines. Ville et population dévastées. Combien de générations sur le carreau ? Les meurtriers d’Ihsane sont aussi le fruit de cette histoire. Plus de repères. La vie, la mort, l’alcool, la dope. Fracture économique, sociale, culturelle. Plus rien ne fait sens. Retour à l’être primitif. On cogne sur les plus faibles : femmes, enfants, étrangers, homosexuels. Ihsane était homosexuel. C’est pas « normal » d’être pédé. On peut taper dessus. Pour se ­défouler, s’amuser un peu, laisser libre cours à sa haine, sa haine de soi, de ce qu’on est, de ce qu’on n’est pas, des rêves qu’on ne rêve plus…

Voilà le théâtre de Milo Rau. Pas assez de place pour tout ce qu’on pourrait écrire, encore et encore. Sur l’interaction – cet équilibre subtil – entre plateau et vidéo. Son théâtre est d’utilité publique. On n’est pas la même personne en quittant la salle. On en sort transformé.

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La tromperie venue du fond des âges…

Posté par jacques LAUPIES le 11 juillet 2018

 

En politique chaque parti, pour ne pas dire chaque classe ou catégorie de classe à ses idéologues, ses économistes, ses dirigeants.
 
Les peuples face à tous ces éléments, d’une manière générale dans les pays développés, sont partagés en deux camps a peu près égaux : conservateurs et progressistes. Ce qui signifie que l’extrême minorité qui domine « gagne » à elle les consciences ou réussit à les plonger dans l’indifférence, l’égarement politique et parfois la révolte stérile.
 
La moitié favorable à cette minorité dominante ne peut-être ralliée à elle qu’en s’identifiant à sa position, en mimant ses comportements, en adorant les maitres et les dieux consacrés par elle , en adoptant des valeurs qui sont, le mérite, la réussite individuelle opposées sans vergogne à la médiocrité, à l’échec personnel.
 
Il faut éloigner les peuples, autant que faire se peut, des valeurs de coopération, de solidarité, de partage. Cela est d’autant plus facile que l’humanité, bien que ne réussissant dans sa construction que par le triomphe de ces dernières valeurs, se développe sur cette terrible méprise qui à conduit à ignorer que seule la force de travail était créatrice de valeur,  qu’elle générait une plus value dont l’essentiel est empoché par celui qui s’est octroyé la propriété fut ce par la spoliation ou par héritage ! Une propriété dont un certain Proudhon disait qu’elle était le vol !
 
Mai bon je ne suis guère compétent pour développer  et de plus il est tard ! Alors je vous renvoie à ce site si vous voulez en savoir plus sur la tromperie dont le Alain Minc dont il est question dans l’article sélectionné est orfèvre en la matière.
 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_de_la_valeur_(marxisme)
 
 
 
 
 
 
Alain Minc. Photo : Lionel Bonaventure/AFP

Alain Minc. Photo : Lionel Bonaventure/AFP

Trop fort

Mardi, 10 Juillet, 2018

Le billet de Maurice Ulrich. Comment fait-on des réformes en France ? 

Comment fait-on des réformes en France ? Alain Minc, actuellement membre du comité stratégique du groupe Bolloré, essayiste, éditorialiste, sarkozyste et désormais, selon ses propres termes, juppéo-macronien, a son idée sur la question. Et donc, dit-il dans un entretien publié par Libération, « pour faire des réformes, il faut avoir un penchant autoritaire. Sinon, on se heurte à une résistance venue des profondeurs de l’État, le deep state comme dit Trump (…) Pour la surmonter, il faut une main de fer ». Dans son juppéo-macrono-trumpisme, il revendique aussi le macronisme comme une forme de bonapartisme : « C’est ainsi qu’on fait des réformes en France. Napoléon III (le Petit) avait imposé de cette manière le libre-échange. De Gaulle le marché commun, Mitterrand le grand marché et l’euro. » Certes, mais il aura sans doute échappé à Alain Minc que d’autres réformes – les congés payés, la Sécurité sociale, les 40 heures – l’ont été tout autrement avec, si l’on peut dire, un penchant populaire. 1936, 1945 et le CNR, Mai 68… D’accord, mais n’allons pas confondre réformes et… réformes. Il est trop fort, Alain Minc

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Macron : ni Bonaparte, ni Napoléon, encore moins De Gaulle !

Posté par jacques LAUPIES le 10 juillet 2018

Sans doute, de tous les méfaits politiques dont se rend coupable le Président de la République et, bien que cela ne semble pas émouvoir outre mesure – pour l’instant – les parlementaires de droite, du centre, voire d’extrême droite, certains se disant de gauche, la modification macronienne envisagée de la constitution serait un acte des plus dangereux pour l’avenir de notre pays. 

C’est le signe du désarroi des milieux financiers et économiques, d’une classe privilégiée qui ne cesse de s’enrichir et veut se donner encore plus de possibilités de le faire demain. Pour cela, pour briser les résistances il lui faut plus de pouvoir à l’heure ou la mondialisation lui dicte de réduire la part donnée aux peuples et à ceux qui travaillent ou devraient pouvoir travailler.

Mais nous ne sommes pas au temps ou l’anti communisme aidant, la bourgeoisie de notre pays, profitait de la montée des fascismes en Europe et isolait les forces de progrès pour se préparer à entrer dans la collaboration. Encore que…

Les données économiques, les rapports de force politiques sont différents mais les visées absolutistes se reproduisent.

Le capital instrumentalise les libéraux, les  sociaux libéraux, les sociaux démocrates voire les nationaux et souverainistes.

Il fait tout pour éviter de prévisibles prises de conscience , lesquelles pointent déjà le nez dans la droite traditionnelle, parmi les centristes ceux qui se réclament d’un gaullisme renvoyé aux oubliettes.

Macron n’a pas gagné ! Il n’est pas Bonaparte et a bien peu de chance de devenir Napoléon ! Quant à De Gaulle même la Vème République de ce dernier ne lui suffit pas !

Mais il appartient au peuple d’en faire la démonstration

 

 

 

 

«	Emmanuel Macron veut rétrécir la souveraineté populaire	», explique André Chassaigne, chef de file des députés communistes. Julien Jaulin/Hanslucas<br /><br /><br />

« Emmanuel Macron veut rétrécir la souveraineté populaire », explique André Chassaigne, chef de file des députés communistes. Julien Jaulin/Hanslucas
 

« Macron devant les parlementaires réunis, c’est l’inverse de 1789 »

Lundi, 9 Juillet, 2018

Députés et sénateurs PCF prêtent aujourd’hui un nouveau serment du Jeu de paume, pour alerter contre les dérives de la monarchie présidentielle.

La séparation des pouvoirs est née le 20 juin 1789, salle du Jeu de paume, à Versailles. C’est là que plus de 300 députés, la plupart membres du Tiers État, ont décidé que la souveraineté populaire devait s’incarner collectivement, au lieu d’être accaparée par le roi. « Nous sommes aujourd’hui dans un mouvement de l’histoire inverse à celui de 1789. Emmanuel Macron veut rétrécir la souveraineté populaire. Sa réforme constitutionnelle prépare un présidentialisme exacerbé et une République monarchique inacceptables. C’est pourquoi nous voulons prêter un nouveau serment », explique André Chassaigne, chef de file des députés communistes.

C’est ce que feront aujourd’hui les parlementaires PCF, à 13 heures, devant la salle du Jeu de paume. « Nous dénonçons le contenu de la révision de nos institutions dont l’examen démarre demain à l’Assemblée nationale. Ce projet est antidémocratique sur le fond, puisqu’il vise à affaiblir le Parlement, et sur la forme, puisque le texte est discuté en plein été, sans aucun grand débat public », s’alarme Éliane Assassi, présidente du groupe communiste, républicain, ­citoyen et écologiste au Sénat.

La nécessité d’« une nouvelle République »

Après ce serment, la plupart des parlementaires PCF devraient se rendre au Congrès, qu’ils avaient boycotté l’an dernier. « Il y a de quoi faire pareil cette année, mais nous avons décidé de porter la parole de ce serment au Congrès, pour alerter au maximum », précise André Chassaigne. « Chacun est libre de venir ou non. être ou ne pas être au Congrès n’est pas l’alpha et l’oméga de l’opposition à Macron. Ce qui compte, c’est de réussir l’initiative de 13 heures et le serment. C’est cela l’essentiel », note Éliane Assassi, qui sera présente, aux côtés du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, lequel ­s’exprimera pour le groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste.

Totalement opposés eux aussi à la réforme institutionnelle de Macron, les députés insoumis ont choisi de boycotter la journée, comme l’an passé. « Le roi jupitérien vient, parle, et s’en va, à l’occasion d’une mascarade qui ne vise qu’à réaffirmer la soumission du Parlement à l’exécutif. La grande messe du nouveau chanoine de Latran, très peu pour nous », tance le député FI Ugo Bernalicis. « L’an passé, on protestait contre le symbole du Congrès, et contre un mépris envers le premier ministre qui devait faire son discours de politique générale le lendemain. Un an après, c’est pire : on a eu les ordonnances, des tensions permanentes sur le fonctionnement de l’Assemblée, et surtout, dès demain, l’arrivée d’une réforme qui vise à renforcer les pires travers de la Ve République », ajoute Clémentine Autain. La France insoumise organisera à cette occasion une « manifestation en ligne » avec le hashtag #MacronMonarc. Avantage pour Jean-Luc Mélenchon, « on appuie à un endroit et on se trouve comptabilisé ».

Comme les communistes, qui s’engagent dans leur serment à « agir, propositions à l’appui, pour une nouvelle République, exiger la consultation par référendum de notre peuple à l’issue du débat au Parlement », les insoumis préparent des actions cet été. « Cette réforme de Macron, c’est donner trop de pouvoir à un seul type. C’est dangereux. On a besoin d’une VIe République et d’une implication citoyenne permanente », mesure Ugo Bernalicis. « Il y a une déception des citoyens vis-à-vis de la politique. Macron, au lieu de renouer le dialogue, en profite pour supprimer un tiers des parlementaires et ligoter le Parlement. Notre devoir est d’alerter là-dessus », pointe Clémentine Autain

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Congrès. Les parlementaires communistes au Jeu de Paume contre la « monarchie présidentielle »

Posté par jacques LAUPIES le 10 juillet 2018

 

 

 

 

Le Serment du Jeu de paume par David.

Le Serment du Jeu de paume par David.
Lundi, 9 Juillet, 2018
Un serment symbolique contre la « monarchie présidentielle »: les parlementaires communistes se sont rassemblés lundi devant la salle du Jeu de Paume peu avant le début du Congrès à Versailles.
« Notre présence est extrêmement symbolique. Le président de la République a décidé d’instituer une journée annuelle, la journée de Versailles », et voudrait que les parlementaires mettent « en musique » ses « directives », a déclaré le secrétaire national du PCF et sénateur Pierre Laurent, entouré des parlementaires communistes, devant ce haut lieu de la Révolution française dans lequel les députés avaient juré le 20 juin 1789 de ne pas se séparer avant d’avoir donné à la France une Constitution. S’opposant à la « loi du Prince », M. Laurent a affirmé que les parlementaires communistes étaient là pour « exiger que le peuple de notre pays soit consulté » sur la réforme des institutions via un référendum, promettant « une immense bataille » pour obtenir une telle consultation.
« N’oublions pas que le Serment du Jeu de Paume c’était, de la part de 300 députés des Etats généraux, l’affirmation d’une exigence de souveraineté populaire et d’une exigence de séparation des pouvoirs entre le monarque et les députés, c’était ça en 1789″, a rappelé, le chef de file des députés communistes André Chassaigne.
« Et aujourd’hui, la dimension de notre serment est très comparable puisqu’on est entré dans une phase de remise en cause très importante de la souveraineté populaire » et d’ »attaque » contre la séparation des pouvoirs », a-t-il ajouté. Les parlementaires communistes, qui avaient boycotté le Congrès l’an dernier, ont décidé cette fois d’y porter la « parole populaire », a ajouté l’élu du Puy-de-Dôme. Son homologue au Sénat Eliane Assassi a ensuite lu le texte du serment des parlementaires dénonçant notamment en Emmanuel Macron un « président des riches », qui agit « de plus en plus comme un monarque méprisant le peuple ».
 

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