Les voeux 2018 de Pierre Laurent

Posté par jacques LAUPIES le 17 janvier 2018

15/01/2018 – PCF

Les voeux 2018 de Pierre Laurent

 

Pierre Laurent – 15 janvier 2018

Seul le prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs,

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

Chers amis, Chers camarades,

 Je veux d’abord présenter à chacune et chacun d’entre vous mes meilleurs vœux de bonheur, de réussite et d’épanouissement personnel pour vous, pour vos proches, pour toutes celles et ceux que vous représentez ici.

Je ne veux pas seulement vous présenter mes vœux de bonheur,  je voudrais qu’ensemble ce soir nous clamions haut et fort l’actualité du droit au bonheur pour tous. 

 Le rapport sur les inégalités mondiales, publié en décembre, confirme l’envolée spectaculaire et continue des écarts de richesses au profit de 1 % de la population mondiale.

 Nous n’acceptons pas ce monde.

Oui, nous formons le vœu, et c’est le sens même de notre combat, du droit au progrès pour chaque être humain, le droit de vivre dignement en choisissant sa vie, le droit au progrès social, écologique, féministe pour toutes et tous, dans notre pays, la France, comme comme sur toute la planète, le droit d’avancer, tous et chacun, dans la solidarité.

Oui, je sais, les temps politiques sont mauvais. Ils ne nous disent pas çà.

Mais je crois que l’époque, elle, nous appelle à cela.

 Pourquoi en effet devrions-nous réserver à nos projets de vie individuels les belles utopies qui forment nos vœux en ce mois de janvier  ?

Au nom de quelle théorie, de quel raisonnement, de quel empêchement, de quelle raison d’État ?

 Pourquoi donc nos rêves et nos utopies du quotidien ne formeraient-elles pas le grand projet commun d’un droit au progrès pour chaque être humain ? 

 Nous vivons l’époque où les révolutions techniques, scientifiques, démographiques, numériques offrent des possibilités inégalées d’épanouissement de toutes les capacités humaines : vivre dignement de son travail, se loger décemment, vivre en bonne santé, faire des projets d’avenir, en décider librement, se former, se cultiver, changer de métier, d’activité, créer, participer à la vie de la cité…

 Devenir maître de ses choix, être en capacité de décider, réinventer la politique.

En tous domaines, nous sommes à l’heure des choix pour l’humanité.

Et le choc des visions est partout.

 J’entends la parole libérée des femmes contre les violences sexistes qu’on veut aussitôt étouffer.

J’entends la colère du monde face à la bêtise raciste et criminelle de Donald Trump.

J’entends l’arrogance du PDG de Lactalis, 8ème fortune française, 116ème fortune mondiale, justement le fameux 1 %, à qui il faudrait déjà tout pardonner parce qu’il daigne sortir de son silence.

 J’entends l’inhumanité de Gérard Collomb contre les migrants et le manque de considération des associations  qui les prennent en charge.

 Et je me dis : non, le monde n’appartient pas à ceux qui en détiennent aujourd’hui les clés.

Un nouveau monde frappe à la porte, une nouvelle époque est possible, qu’il s’agit d’écrire ensemble.

Nous voulons la réussite solidaire, pour chacun, pour notre pays,  pas la soumission aux « premiers de cordée ».

 La modernité d’Emmanuel Macron, c’est la version colorisée des vieux scénarios d’exploitation au service de la finance. Et çà se verra, de plus en plus.

N’est-ce pas, Madame Muriel Pénicaud ?

A qui ferez-vous croire encore longtemps que la rupture conventionnelle collective, cette méthode de licenciement de masse introduite au détour d’un article des ordonnances Macron contre l’avis de tous les syndicats, c’est, je vous cite, la meilleure manière d’éviter « le traumatisme du licenciement » ?

 L’avenir du travail, l’or que nous avons chacun entre les mains, vaut bien mieux que ces vieilles sornettes.

 Voilà pourquoi, nous communistes, avons décidé d’entamer l’année 2018 avec la tenue le 3 février prochain à Montreuil d’Etats Généraux du progrès social, auxquels j’ai le plaisir de tous vous convier.

La grande bataille pour le progrès humain contre la soumission à la finance sera notre fil conducteur de l’année.

 D’autres rendez-vous suivront tout au long de 2018 pour construire ce grand combat du progrès humain : les Rencontres Niemeyer, ici même le 26 janvier, pour un droit à la ville à taille humaine et démocratique ; les 3è Etats Généraux du numérique les 9 et 10 mars ; nos assises pour l’écologie les 4 et 5 mai ; une Convention nationale pour l’art, la culture et l’éducation populaire les 28 et 29 septembre.

 Oui, cinquante ans après 1968, nous proposons de reprendre le chemin de nouvelles audaces sociales et démocratiques contre tous les présupposés idéologiques qui prétendent s’y opposer.

 Et dix mois après l’élection d’Emmanuel Macron, dans laquelle, c’est vrai, il a en partie réussi le hold-up sur l’aspiration de notre peuple à faire du neuf, nous reprenons l’écriture d’une vraie modernité là où les pages que le Président prétendait tourner et qui ne le seront en vérité jamais.

 Utopie, nous diront certains.

Je suis sûr du contraire.

Et comme je l’ai dit ici même le 4 novembre en réfléchissant à l’actualité de nouvelles révolutions : « Le 21ème siècle est celui qui posera comme jamais à la planète toute entière la question de la modification en profondeur  des rapports sociaux ».

 Cette question que Gwymplaine, le personnage du roman de Victor Hugo « l’Homme qui rit », pose en ces termes à la Chambre des Lords   :

« Mylords, vous êtes en haut. Vous avez le pouvoir, l’opulence, la joie, le soleil immobile à votre zénith, l’autorité sans borne, la jouissance sans partage, l’immense oubli des autres.
Mais il y a, au-dessous de vous, quelque chose. Au-dessus peut-être. Mylords, je viens vous apprendre une nouvelle. Le genre humain existe. »

 Alors, nous qui sommes du monde du travail abîmé par la crise et les accidents de la vie, comme l’était le visage de Gwymplaine,  nous renouvelons le pari de l’anticipation, de la modernité qui fut celui du manifeste de Marx et Engels.

Et contre ceux qui voudraient habiller de modernisme le maintien et l’extension des privilèges, nous choisissons le parti de la démocratie, c’est-à-dire du pouvoir partagé de tous, le parti du « nouveau monde » qui pousse, émerge, pour en libérer toutes les potentialités et entrer dans une période nouvelle de véritables progrès sociaux.

 Vieux rêves éculés hurleront certains.

Alors, parlons simple et clair.
Parlons Lactalis, par exemple.
Avec près de 10 milliards d’euros de fortune, Emmanuel Besnier le PDG, a multiplié par 2,5 cette fortune ces quatre dernières années.

Durant cette période, il a été le champion de l’écrasement du prix du lait payé aux agriculteurs. Les producteurs de lait sont devenus les otages de Lactalis qui a droit de vie ou de mort sur la filière.

 Comment le système capitaliste a-t-il pu mettre dans une telle dépendance  nous tous, paysans et consommateurs ?

 Le groupe est aujourd’hui au coeur d’une faille de la sécurité alimentaire, avec le scandale du lait infantile contaminé à la salmonelle.

Et il continue à faire preuve de la même arrogance.

Beaucoup de questions se posent : sur les conditions de travail et de production, sur les conditions de la distribution et du retrait des lots contaminés…

Ces questions doivent être posées.

La loi du secret, qui est une marque de fabrique du PDG, doit être brisée.

L’aveu du ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, qui n’a jamais pu rencontrer le PDG même au coeur de la crise du lait, en dit long : les patrons du 1 % se croient tout permis. Ils se prennent pour les maîtres du monde.

 Toutes les questions doivent être posées.

Par exemple, combien a-t-on supprimé d’emplois dans les administrations de contrôle de l’État depuis 2012 ? Mille postes supprimés ! 

 Ou encore,  quel est le montant du chèque d’économies sur son ISF que va toucher Emmanuel Besnier grâce à Emmanuel Macron, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ?

 Car Mr Emmanuel Macron, c’est bien çà les premiers de cordée. 

Il faut faire les liens qu’on nous interdit de faire. 

La crise Lactalis, c’est la crise d’un système hyper-productiviste visant le profit, toujours plus de profit. 

 Et il faut aussi interroger le mode de consommation auquel nous astreint ce système devenu fou.

Car l’affaire Lactalis est le plus bel exemple qu’écologie et social ne font aujourd’hui qu’un.

 J’en suis certain, si nous allons au bout de ces questions, comme vient de le demander le député communiste Sébastien Jumel, en réclamant la constitution d’une commission d’enquête, c’est tout un système qui sera mis à nu.

Et c’est un système de pouvoirs qu’il faudra changer, car le pouvoir sur de tels enjeux industriels et alimentaires ne peut pas en démocratie appartenir à une si petite poignée d’actionnaires, vivant dans le secret le plus absolu.

Non, ce monde n’est pas le seul possible, personne ne nous fera admettre cela.

 Mettre fin à la prédation de la finance, réinvestir dans le développement des capacités humaines, reconquérir le pouvoir de décider dans l’entreprise et dans la cité, voilà comment nous voulons agir concrètement pour transformer le monde.

 Nous voulons que dans chacun de ces domaines les Etats Généraux du progrès social, les quatre ateliers qui en constitueront le menu sur le travail et la protection sociale, sur l’industrie, sur les services publics et sur le logement,  fournissent des clés pour l’action.

Des clés et des pistes pour trouver l’argent, car de l’argent, il y en a, à condition de changer de logique de développement, et de décider autrement de son utilisation.

 

L’évasion et l’optimisation fiscales sont un racket permanent, 80 milliards d’euros pour la seule évasion fiscale évaluée pour notre seul pays.

 Nous ne lâcherons pas .

 Le groupe communiste au Sénat utilisera sa niche parlementaire le 7 mars prochain pour déposer le projet de loi de résolution pour une COP fiscale des frères Bocquet, déjà adoptée grâce à nos députés à l’Assemblée nationale.

 La richesse, elle est dans les entreprises, produite par le travail et soustraite ensuite aux revenus du travail par l’écrasement du pouvoir d’achat salarial.

Le Produit intérieur brut de la France est de 2200 milliards d’euros.

Mais, pour comparaison, la capitalisation boursière du seul CAC 40 a été multipliée par vingt en trente ans, atteignant 1200 milliards d’euros et dégageant 73 milliards d’euros de profit.

 Voilà où est l’argent qui manque aux budgets publics, aux salaires, aux cotisations sociales. Les exonérations d’impôts aux entreprises, notamment les plus grandes, CICE, CIR, cadeaux fiscaux… représentent cumulés un manque à gagner équivalent à 25 % du budget de l’État.

Le cambriolage de la maison France est une affaire qui marche. 

Que fait la police ? 

Et que fait Bruno le Maire, dont il est de notoriété publique qu’il n’est ni de droite, ni de gauche !

Ni de gauche, merci on savait !

Je le cite : « nous allons rendre 400 millions d’euros aux 1000 premiers contributeurs de l’ISF ».

 

Alors, parlons en de ces 1000 premiers contributeurs !

Les 10 plus grandes fortunes de France détiennent 240 milliards d’euros de fortune.

Les 100 premières fortunes de France, 439 milliards d’euros.

C’est-à-dire qu’en France, 100 personnes détiennent autant d’argent à un instant T, que ce qu’1 million de smicards gagneront durant toute leur vie.
Et c’est la même chose dans le monde entier.

Le 1 % des plus hauts revenus capte à lui seul 27 % de la croissance mondiale, et soit dit au passage, des études montrent que ce 1 %  concentre les plus gros pollueurs de la planète.

Pendant ce temps, la moitié de la population de la planète capte à peine 12 % de la croissance mondiale.

 Mais comme ils sont modernes ces gens là, ils nous ressortent un argument nouveau !

« Certes, la France est riche. Mais les plus fortunés, écrasés par la pression fiscale, fuient la France ».

 C’est vieux comme le capitalisme comme argument, mais soit… vérifions donc.

Allons faire un tour du côté de Neuilly sur Seine :

En 2004, la fortune immobilière s’élevait à 16 milliards d’euros.

En 2016, elle était à hauteur de 32 milliards d’euros.

Un jour, il faudrait organiser un « Safari-club », une visite guidée Neuilly, Place Vendôme, pour voir le paradis des riches, et on verrait qu’il existe bien, ici, sous nos pieds, pas seulement dans les Iles.
Et que fait le gouvernement ?

 Il précarise l’emploi et facilite le licenciement avec les ordonnances Macron, tapant toujours sur le même clou, ignorant les vraies causes de la crise et de l’inefficacité : le coût du capital.

 Il pique 5 euros par APL dans la poche de ceux qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Il demande aux bailleurs sociaux de compenser le désengagement de l’État à hauteur d’1,5 milliard ce qui fera autant d’argent en moins pour les réhabilitations , les constructions neuves et le bien être des locataires.

 Il offre 4,6 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches dans  le budget de l’Etat 2018. Et il prend autant dans la poche des retraités via la CSG.

 Le problème de la France, ce n’est pas son soi-disant déclin ou appauvrissement.

Le problème de la France, c’est que le travail du grand nombre  fait la richesse d’une poignée d’autres, et que ce gouvernement, pas plus que les autres, ne met plus l’argent où il devrait le mettre pour développer notre pays.

Entendez le cri des infirmières des hôpitaux et des EPHAD :

«Entre ce qu’il faut noter sur l’ordinateur ou le dossier, les protocoles et les procédures administratives, je n’ai plus le temps de faire mon métier de soignante ! »

«Dans la réalité, nous avons moins de 5 minutes pour l’aide à la toilette ou l’aide au repas en Ehpad… C’est inhumain ! »

«Les contraintes financières modifient profondément notre travail… Nous poussons les familles à reprendre les patient-e-s, quitte à en culpabiliser certain-e-s ! »

«Les temps de prévention et d’éducation sanitaire ne sont pas financés… »

 Voilà, Monsieur Macron, la parole venue du «bas de la corde », celle qui vient d’exploser aussi ces derniers jours dans les prisons, et fait souffrir tous les jours de centaines de milliers d’agents dans tous les services publics, à commencer par le plus précieux d’entre eux l’école.

 Mais, vous n’en tenez pas compte. Vous poursuivez, vous persévérez même.

 Pour reprendre l’exemple de l’hôpital, les regroupements « GHT » vident les établissements de proximité de leur sens.

Le désert sanitaire s’étend. Les zones blanches, ça n’existe pas que dans la téléphonie.

 Et quand l’hospitalisation privée prendra le pas, que faudra-t-il faire Mme Buzyn ?

Négocier en contrepartie sonnantes et trébuchantes avec le privé pour qu’il daigne couvrir ces zones blanches ?

 Nos parlementaires Pierre Dharréville, Laurence Cohen, Dominique Watrin sont à pied d’oeuvre, et l’hôpital, les EPHAD  seront une de nos grandes causes en 2018. 

 Le « tout ambulatoire » pourrait conduire à fermer 7 lits sur 10 d’ici 2020 !

 Ce que veut la population ce ne sont pas des superstructures hospitalières mais des hôpitaux publics de proximité travaillant en concertation avec les services spécialisés, de recherche et d’enseignement, dans un parcours de soins intégrant une offre publique ambulatoire de centre de santé, des équipes en nombre suffisant et bien formées, investies dans la prise en charge partagée.

 Et la modernité ce serait de continuer à sacrifier tout cela ?

 « Au ciel de qui se moque-t-on » chantait Brassens dans une de ses dernières magnifiques chansons. »

L’investissement dans les nouvelles générations, dans la formation, l’avenir, voilà encore des mots dont Emmanuel Macron aime se gargariser.

Et pourtant, ce qui attend les bacheliers en juin 2018 est extrêmement inquiétant. Sous couvert d’une meilleure gestion des flux, le « Plan Etudiants » légalise, renforce et généralise la sélection à l’entrée de l’université.

 Selon les projections, le nombre d’étudiants devrait croître de 30 à 40 000 chaque année d’ici 2025 ! Soit l’équivalent d’une ou deux grosses universités supplémentaires par an. C’est une chance !

 

Car former plus de médecins, d’enseignants, d’ingénieurs, d’agronomes, nous avons besoin, c’est un investissement !

Oui la formation, la culture, c’est moderne !

 Or, le gouvernement Macron poursuit la politique d’assèchement financier entreprise par les gouvernements précédents.

 Ainsi, Macron met 1 milliard sur la table pour le quinquennat (200 millions par an).

Les présidents d’université demandent 5 milliards (soit 1 milliard par an).

Les syndicats de personnels et d’étudiants demandent 10 milliards (soit 2 milliards par an).

 

Les besoins sont en effet criants dans tous les domaines !

Mais qui décide ? Qui a raison ? Qui détient les pouvoirs ?

 Là encore, une belle bataille d’avenir à mener. 

 A Toulouse en décembre, la mobilisation des étudiant.e.s et personnels a permis de faire reculer temporairement un projet de fusion de l’UT2J (Université Toulouse 2 Jean Jaurès).

A Clermont-Ferrand la semaine dernière, les lycéens et étudiants ont pu empêcher l’adoption d’une procédure draconienne de sélection par l’Université Clermont Auvergne.

 Je félicite les étudiants, les organisations de Jeunesse, dont la Jeunesse Communiste de France et l’UEC qui sont de ce combat.

 Vous n’avez pas attendu Macron pour penser réellement à ce que vous pouvez pour la France, tous les matins.

Faire le choix, pour 2018 et l’avenir du progrès social pour toutes et tous, c’est aussi mener le combat résolu pour l’égalité Hommes / Femmes.

 Je veux d’abord saluer le combat courageux des femmes qui libèrent leur parole pour l’égalité et contre les violences sexistes !

C’est un combat que nous menons ensemble ! 

 Ce combat pour l’égalité Hommes / Femmes est à mener ici, comme dans tous les pays et je pense notamment à la Pologne où le gouvernement veut limiter encore le droit à l’avortement déjà sérieusement mis en cause.

 Mais quand le Président de la République française déclare gravement l’égalité Hommes / Femmes « grande cause nationale », on ne nous fera pas prendre les vessies pour des lanternes !

 Nous jugeons aux actes et les actes sont clairs. 

 Je ne peux ici entrer dans le détail mais si la loi travail XXL est défavorable à tous, elle l’est particulièrement pour les femmes, puisqu’elle raye de la carte l’ensemble des outils mis en place depuis les années 80 pour agir sur les inégalités Femmes / Hommes au travail !

Certes, Marlène Shiappa promet dans quelques mois une loi très dure pour sanctionner les entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale, en lien avec la ministre du travail.

 Comment se fait-il dès lors que les amendements que notre Groupe a porté au Sénat pour durcir les sanctions aux entreprises en cas de non-respect de la loi, ou ceux pour limiter le recours aux temps partiels, ont été rejetés dans la loi travail de Pénicaud comme dans le PLFSS ?

 Enfin,  faire le choix du progrès social est aussi un choix de civilisation dont l’enjeu, je l’affirme solennellement, est la survie de l’Humanité . 

La recherche effrénée du profit immédiat couplée à une régulation d’un marché sous domination des puissants nous mène à une triple catastrophe : sociale, écologique et démocratique.

 Depuis la fin du monde bipolaire, tous les trafics explosent : armes, drogues, êtres humains, animaux, blanchiment d’argent sale ou pillage de la propriété intellectuelle.

 Ces trafics sont devenus des marchés de plus en plus lucratifs.

 Le seul blanchiment de l’argent sale, représente selon l’ONU au moins 5 % du PIB mondial. 

 Les organes humains, les animaux et plantes rares, le commerce de déchets dangereux, la prolifération nucléaire, les contrefaçons de médicaments ou la piraterie informatique viennent s’ajouter au commerce des armes et au trafic de drogue.

 L’esclavage et le travail des enfants rapportent des dizaines de milliards. 

Et ces trafics odieux ne sont pas les seuls « trous noirs » de l’économie mondialisée.

 Les richesses produites par le travail des peuples sont captées et s’accumulent chez les ultra-riches. Elles échappent, via les paradis fiscaux, aux budgets nationaux de solidarité et d’éducation.

 Le pillage des ressources naturelles des énergies fossiles nourrissent les guerres.

 L’humiliation des peuples, le « deux poids – deux mesures » et la loi du plus fort, les dérégulations du travail et des services publics alimentent les colères, les entrepreneurs de violences, le « chacun pour soi », la guerre de tous contre tous, les nationalismes et tous les replis identitaires.

Nous sous-estimons encore l’ampleur gigantesque de tous ces gâchis.

Gâchis est d’ailleurs un terme trop faible pour exprimer ce qui se passe dans le monde.

 L’Europe n’est pas à l’abri : la City de Londres reste par exemple, l’une des plaques tournantes du blanchiment de l’argent sale.

 

J’ai employé l’image du « trou noir ». Elle me paraît juste.
En physique les trous noirs sont des endroits de l’univers qui absorbent toute la matière qui les entoure et où les lois traditionnelles de la physique ne s’appliquent pas.

 Ce dont je parle ici s’y apparente.

Les revenus générés par tous ces trafics, par tout le travail et l’intelligence des humains sont  absorbés par les mafieux et les ultra-riches.
Le fonctionnement de la finance mondiale, les paradis fiscaux, permettent que l’essentiel échappe aux lois traditionnelles de la société.

L’autorité politique ne s’applique pas à eux. Ils s’en servent et la dominent.

*

L’économie dirige le monde et elle est régit par des prédateurs.

 S’attaquer à ce système d’exploitation et au pillage de la nature, construire l’humanité de demain, devient une urgence.

 

Le discours rétrograde et répressif tenu à nouveau par le Ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, sur les migrants est à l’opposé de ce que l’on est en droit d’attendre de la France.

 Le double langage gouvernemental est insupportable.

 D’une part, il est primordial que le droit d’asile soit pleinement respecté pour toutes les populations victimes de guerres et de persécutions, comme l’exige le droit international et comme le demande à juste titre le Directeur de l’OFPRA.

 D’autre part, il est urgent que la France prenne la mesure de ses responsabilités en matière d’accueil et de migration.

Le tri que veut imposer le gouvernement, les bénéficiaires de l’asile et rien que ceux-là, tous les autres devant être expulsés, n’a aucun sens.

 Notre pays a toujours accueilli les migrants et s’en est enrichi.

 

 Non seulement, ce n’est pas aux Associations qui gèrent le premier accueil, comme à la Porte de la Chapelle, de procéder à ce tri, et nous soutenons avec force leur demande  de retrait de la circulaire du 12 décembre, mais la France doit engager une politique d’accueil allant au-delà des seuls bénéficiaires potentiels de l’asile.

 C’est notre responsabilité internationale.

C’est notre intérêt.

 Le Parti communiste a entrepris l’élaboration d’un projet de loi sur ce que pourrait être une politique de migration de la France généreuse, à la hauteur de ses traditions et de ses valeurs.

Toutes celles et ceux parmi vous qui souhaitent y contribuer seront les bienvenus.

 A l’heure où Donald Trump affiche son mépris à l’égard des peuples du monde, la France se doit de porter une autre ambition que la défense de ses seuls intérêts ou pire, le repli nationaliste ou xénophobe.

Aux Etats-Unis même, la vision de Trump est fortement contestée.

 Mais à l’inverse, le marché mondialisé ne peut tenir lieu de projet politique et démocratique pour l’Humanité.

Or, si Emmanuel Macron semble décidé à jouer un rôle international accru, c’est semble-t-il pour endosser le costume d’un leader moderne du monde occidental, surtout préoccupé de se tailler sa place à la table du marché.

 Ce n’est pas la France.

Les droits humains, les droits des peuples ne peuvent être une monnaie d’échange à la table des puissants.

Les droits des migrants, les droits du peuple kurde, les droits du peuple palestinien ne sont pas à négocier.

La France se grandirait en reconnaissant au plus vite l’État de

Palestine.

 Cette ambition, nous devons la porter en Europe pour reconstruire  une union de peuples souverains, solidaires et associés, loin de la caricature ultra-libérale qu’est devenue l’Union Européenne.

Le pouvoir de l’argent, qui s’abrite dans les paradis fiscaux, dans les sièges des multinationales, dans les coulisses de Bruxelles, nous voulons aller le chercher pour le mettre au service du progrès social en France et en Europe. 

Emmanuel Macron veut relancer le projet libéral européen, aujourd’hui en crise profonde, voire en voie de dislocation.

 Dans cette crise, la montée des extrêmes droites et des populismes réactionnaires menacent la possibilité de poussées transformatrices progressistes.

 Le Forum européen que nous avons tenu en novembre dernier à Marseille  a montré, à l’opposé, les possibilités de convergence progressiste pour une toute autre Europe, celle des peuples.

Un énorme travail pour les concrétiser, les rendre pérennes et solides reste cependant  à produire.

 Nous voulons préparer l’élection européenne de 2019 avec cette ambition.

 Nous venons donc d’écrire à toutes les forces susceptibles de travailler avec nous à une telle perspective, pour échanger sur  cette échéance électorale cruciale.

 Notre Conseil national, réuni fin mars, prendra d’importantes décisions à ce sujet.

 Chers amis, chers camarades,

 Vous le voyez, le Parti communiste va préparer le Congrès extraordinaire qu’il tiendra fin novembre 2018, dans l’action, plein de combativité et avec la volonté de réinventer le Parti communiste et la gauche dont notre peuple a besoin pour construire un nouvel avenir d’émancipation humaine.

 J’espère que vous serez nombreux avec nous le 3 février prochain pour les Etats Généraux du progrès social, et dans toutes les étapes de la construction de notre nouveau projet au cours de l’année 2018.

 Et vous me permettrez de conclure par cette suite du discours du Gwymplaine aux lords anglais :

« Je suis celui qui vient des profondeurs. Mylords, vous êtes les grands et les riches. C’est périlleux. Vous profitez de la nuit. 

 Mais prenez garde, il y a une grande puissance, l’aurore.

L’aube ne peut être vaincue. Elle arrivera. Elle arrive. Elle a en elle le jet du jour irrésistible. 

Et qui empêchera cette fronde de jeter le soleil dans le ciel ? Le soleil, c’est le droit. Vous, vous êtes le privilège ». 

 Ensemble, jetons le soleil dans le ciel.

Je vous remercie.

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Le PCF a un boulevard devant lui ! Il ne faut surtout pas qu’il emprunte les ruelles.

Posté par jacques LAUPIES le 17 janvier 2018

 

De plus en plus les français s’interrogent sur ce qu’il faudrait faire pour les extirper de leurs difficultés diverses et nombreuses : stabilité de l’emploi, revenus salariaux ou autres, éducation des enfants, santé, etc.

Après une droite qui a peu a peu décapité notre économie et amorcé et poursuivi la mise en cause des acquis sociaux, des sociaux démocrates infectés par un libéralisme qu’ils n’ont pas osé – comme trop souvent – remettre en cause, voila qu’un mixage de réformisme de droite et de gauche leur promet du nouveau. A peine installé il leur sert de l’ancien qui consiste à poursuivre la politique de l’offre  en réduisant les moyens de la demande.

Autrement dit en augmentant les marges des détenteurs des moyens  de production et de distribution) on pressure et diminue tout ce qui affecte les ressources.

De plus, s’installent de fausses contestations peu à peu dévoilées mais aussi exploitées pour attiser les peurs. C’est l’instauration des extrémismes qui mobilisent la révolte naissante (notamment de droite mais aussi de type politico-religieux)

La seule réponse que serait une politique de meilleure répartition des richesses en direction de l’immense majorité du peuple est écartée, marginalisée. Le Parti Communiste qui a toujours été au centre de cette réponse est occulté malgré son rôle historique. Cependant des milliers de citoyens s’engagent dans des protestations plus ou moins actives, parfois s’enferment dans un attentisme,  et constituent la vague qui tôt ou tard déferlera. 

C’est cette vague qui aura besoin d’un PCF ancré dans la société pour que l’énergie d’une déferlante populaire ne soit pas perdue voire  destructrice mais au contraire amplifiée et constructive. En un mot révolutionnaire et donc transformatrice.

C’est en partant de cette perspective que la première préoccupation du parti communiste doit-être de se préparer. Ni les effacements de celui-ci, ni son changement de nom ou de vocabulaire ne règleront rien. Il lui faut simplement grandir à la mesure des forces naissantes. Pas pour lui mais pour être utile !

Le PCF a un boulevard devant lui ! Il ne faut surtout pas qu’il emprunte les ruelles.

 

Le PCF a un boulevard devant lui ! Il ne faut surtout pas qu'il emprunte les ruelles. 330px-Red_star.svg

Deuxième couplet de l’internationale 

Il n’est pas de sauveurs suprêmes :
Ni Dieu, ni César, ni Tribun.
Travailleurs, sauvons-nous nous-mêmes ;
Travaillons au salut commun.
Pour que les voleurs rendent gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Allumons notre grande forge !
Battons le fer quand il est chaud !

 

 

 

Gauche. Le PCF mise sur de « nouvelles audaces »

Julia Hamlaoui
Mardi, 16 Janvier, 2018
L’Humanité
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Julien Jaulin/hanslucas<br /><br /><br /><br /><br />

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Julien Jaulin/hanslucas
 

À l’occasion de ses vœux, hier, le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, a appelé à la riposte face au « cambriolage de la maison France ».

Place à la contre-offensive. Le PCF, dont le secrétaire national Pierre Laurent présentait ses vœux hier soir place du Colonel-Fabien, est décidé, après une année 2017 marquée par les premières victoires du macronisme, à tout mettre en œuvre pour donner vie à la riposte. « Nous formons le vœu, et c’est le sens même de notre combat, du droit au progrès pour chaque être humain », a lancé Pierre Laurent, fustigeant le creusement des inégalités, le pouvoir démesuré d’une « si petite poignée d’actionnaires »… En somme, « le cambriolage de la maison France ».

« Il ne faut pas laisser se développer l’œuvre de destruction du macronisme », alerte, de son côté, le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, qui occupera une partie de son emploi du temps des deux prochains mois avec une trentaine de débats autour de son dernier ouvrage, Macron, entreprise de démolition. Face à la « régression spectaculaire » déjà à l’œuvre, le dirigeant communiste croit en la nécessité d’une « démystification du macronisme dont la stratégie de communication marque des points ». « La modernité d’Emmanuel Macron, c’est la version colorisée des vieux scénarios d’exploitation au service de la finance. Et ça se verra, de plus en plus », insiste de son côté Pierre Laurent, prenant l’exemple de la rupture conventionnelle collective censée prévenir le « traumatisme du licenciement ».

« Résister ne suffit plus, il faut une contre-offensive »

Après l’échec du mouvement social et politique à faire reculer le gouvernement sur les ordonnances de casse du Code du travail à l’automne, « l’unité des ripostes » sera une condition essentielle pour arracher des victoires, ajoute Olivier Dartigolles. « Il ne faut pas reproduire le schéma des derniers mois avec un premier opposant qui distribue les bons et les mauvais points et qui, à la fin, se retrouve comme tout le monde » face aux réformes qui passent, assure-t-il, en référence à Jean-Luc Mélenchon.

Évasion fiscale, hôpitaux, Ehpad, université, égalité homme-femme, solidarité avec les migrants… « Le problème de la France, c’est que le travail du grand nombre fait la richesse d’une poignée d’autres, et que ce gouvernement, pas plus que les autres, ne met l’argent où il le devrait pour développer notre pays », dénonce le sénateur de Paris, faisant de chacun de ces thèmes une bataille à mener. « Résister ne suffit plus, il faut créer les conditions d’une contre-offensive », ajoute Igor Zamichiei, le responsable de la fédération parisienne du PCF, en charge des états généraux du progrès social organisés en Île-de-France le 3 février prochain. « Mettre fin à la prédation de la finance, réinvestir dans le développement des capacités humaines, reconquérir le pouvoir de décider dans l’entreprise et dans la cité, voilà comment nous voulons agir concrètement pour transformer le monde. Nous voulons que dans chacun de ces domaines les états généraux du progrès social fournissent des clés pour l’action », a également détaillé, hier, Pierre Laurent.

L’année à venir sera aussi celle du congrès du PCF, dans un paysage encore secoué par l’ouragan de la dernière présidentielle. « Pas de question taboue », avait annoncé Pierre Laurent lors du lancement de la préparation de ce rendez-vous qui doit se tenir en novembre prochain. « Cinquante ans après 1968, a-t-il résumé hier, nous proposons de reprendre le chemin de nouvelles audaces sociales et démocratiques contre tous les présupposés idéologiques qui prétendent s’y opposer. Et dix mois après l’élection d’Emmanuel Macron, dans laquelle c’est vrai il a en partie réussi le hold-up sur l’aspiration de notre peuple à faire du neuf, nous reprenons l’écriture d’une vraie modernité. »

 

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Rencontre sympathique, d’un nouveau type…

Posté par jacques LAUPIES le 16 janvier 2018

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Une si belle Mairie entre de si mauvaises mains…Voir communiqué ci dessous

 Rencontre sympathique, d’un nouveau type…

J’ai rencontré un couple de retraités que j’estime beaucoup. Nous avons eu une assez longue conversation portant sur divers sujets. Comme d’habitude dans ce genre de « retrouvailles » nous évoquons le passé et les luttes communes menées. Je sens bien que l’un et l’autre sont curieux de ce qu’est devenu mon engagement syndical et politique. 

De mon côté je m’interroge sur leur évolution et le regard qu’ils peuvent porter sur la situation que traverse notre société, notre pays. Pas de militantisme chez eux mais un intérêt évident pour ce qui se passe dans la vie politique. Bref des citoyens pour qui existe une tradition républicaine et qui observent…

Avec eux pas d’ambiguïté ni de détours.

La conversation porte d’abord sur une connaissances commune, un personnage qui a bénéficié de l’appui et du soutien de ses camarades et qui, comme on dit, à largement « craché dans la soupe » en oubliant ce qu’il leur devait. Banal. Mais le constat que les relations entre salariés, de plus ouvriers en l’occurrence, peuvent se dégrader et ne résistent pas aux concurrences entre individus au point que les idéaux portés et choisis ne sont pour eux que prétexte égoïste.

Au passage nous transposons ce phénomène destructeur au niveau national où ne manquent pas des exemples de renoncement, de trahisons  dans un monde politique instrumentalisé par les puissances économiques. Car au fond l’exemple vient d’en haut et les médias qui les sélectionnent et les mettent au devant de la scène.

Bien entendu ce rapide regard nous ramène à faire le constat de la grande duperie « macronienne » qui nous conduit à constater que l’opération, contrairement à ce que certains peuvent croire, résulte de l’appui des forces de l’argent mais qu’elle a aussi consisté à récupérer l’électorat des Sociaux libéraux du PS. Pour preuve l’engagement des l’automne 2016 de sympathisants locaux du PS bien identifiés car ne dissimulant pas leur sympathie pour la nouvelle icône. Quitte aujourd’hui à s’en mordre les doigts !

Seule ombre au tableau de notre conversation, la compagne, a applaudi l’initiative du Maire de Beaucaire qui a supprimé les menus de substitution dans las cantines scolaires de sa ville. Et cela malgré la mise en garde de son compagnon qui lui a indiqué, à très juste titre, que je ne serais pas d’accord avec elle ! Mais je l’ai assuré de mon indulgence à son égard en lui rappelant cependant les probables motivations de ce Maire lequel ajoute à sa vision idéologique particulièrement étroite une préoccupation que je serai tenté de qualifier d’électoraliste.

 

 

Supprimer les menus de substitution à Beaucaire est inacceptable (communiqué sur site du PCF)

 

Le maire Front national de Beaucaire multiplie les provocations. La dernière en date : il fait supprimer le repas de substitution au porc dans les cantines. C’est inacceptable.

De nombreux enfants sont concernés par cette mesure. Rappelons que l’hôpital public et l’armée proposent, comme la grande majorité de la restauration scolaire, une offre de repas diversifiés pour respecter les convictions personnelles et les habitudes alimentaires de chacun.e. C’est d’ailleurs ce que préconise l’observatoire national de la laïcité aux maires qui ont en charge la restauration scolaire primaire et maternelle.

Depuis des dizaines d’années c’est la règle dans les cantines sans que cela ne pose de difficultés. Pourquoi aujourd’hui y aurait-il un problème dans une commune à direction FN ?

 

La Laïcité promeut l’égalité et non les divisions et les discriminations. Permettre à chaque enfant de bien manger à la cantine est un engagement municipal que le maire de Beaucaire devrait se rappeler. Exclure, de fait, des enfants de confession religieuse musulmane ou juive est inacceptable. Le repas est un moment de partage, de rencontres y compris culturelles. Nous invitons les parents d’élèves de Beaucaire à visiter des services publics de restauration scolaire dans les municipalités à direction communiste, ils y découvriront des espaces de liberté, de qualité, d’égalité et de fraternité.

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Quand une révolution est incomplète et ne réussit pas, les révoltes sont là

Posté par jacques LAUPIES le 15 janvier 2018

Quand une révolution est incomplète et ne réussit pas, les révoltes sont là Logo_de_l%27Internationale_Communiste   Internationale ouvrière   Résultat d’images pour Quatrième Internationale

Logo de la 3ème internationale communiste, de l’internationale ouvrière et de la quatrième internationale (trotkyste) A suivre une vraie cinquième…

Situation classique : un peuple se révolte et abat une dictature émanant d’une classe dominante. Mais si le Dictateur s’en va les privilégiées restent ce qui très souvent peut ne pas changer grand chose pour le peuple frustrée de sa « révolution »

Les choses ne sont pas aussi simple et dans le monde nous en avons des exemples. Les révolutions ne sont pas toutes semblables et les acteurs non plus. Et même quand elle prennent appui sur des fractions importantes des populations les plus prolétarisées les réactionnaires sont toujours là pour freiner le processus révolutionnaire et jouer avec les intérêts de classes ou catégoriels des exploités.

Et puis il y a le monde qui regarde, ce monde inégal, dominé par le capitalisme qui ne lâche rien et craint les vraies révolutions, celles qui veulent en finir  avec son système d’exploitation et ses dominations de toutes sortes. 

Cependant le désir d’émancipation apparaît un peu partout.

Peut-être cela manque t-il d’une certaine solidarité internationale. Et que vous soyez dans un pays pauvre ou riche : prolétaires de tous les pays unissez vous. Autrefois on appelait cela l’internationale. 

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Le terme de communisme désigne à l’origine une forme théorique de société sans classes et d’organisation sociale sans État, où la propriété privée (des moyens de production – NDLR -) serait abolie et les moyens de production mis en commun.

L’usage de ce terme change radicalement au XXe siècle, quand la révolution d’Octobre, en Russie, amène en 1917 au pouvoir les bolcheviks, tendance du Parti ouvrier social-démocrate de Russie dont Vladimir Oulianov, dit Lénine est le principal dirigeant et idéologue. Le choix de l’appellation communiste par les bolcheviks marque une scission à l’échelle internationale de la mouvance socialiste : dans les années qui suivent, les partisans des idées de Lénine s’alignent sur l’URSS, présentée comme l’avant-garde d’une future révolution mondiale. Après la Seconde Guerre mondiale, le communisme connaît une expansion à l’échelle internationale et arrive au pouvoir dans de nombreux pays. Durant la période de la Guerre froide, les relations internationales sont rythmées par l’opposition entre États communistes et non communistes. Jusqu’à la fin de la Guerre froide, un quart de l’humanité vit en régime communiste. Le système de gouvernement des pays communistes est marqué par la pratique du parti unique, mais des partis communistes participent également à la vie politique des pays démocratiques et la qualité de communiste demeure revendiquée par des courants minoritaires comme le trotskisme.

À la fin des années 1980, l’ensemble des régimes communistes européens s’effondrent. Pour autant, le communisme ne disparaît pas en tant que mouvance politique. Plusieurs États communistes existent encore sans que leur mode de gouvernement obéisse à un modèle unique et cohérent

 

La contestation sociale se poursuit en Tunisie, 7 ans après la révolution

Lorenzo Clément avec AFP
Samedi, 13 Janvier, 2018
Humanite.fr
Manifestation à Tunis, le 9 janvier. Photo FETHI BELAID / AFP.

Manifestation à Tunis, le 9 janvier. Photo FETHI BELAID / AFP.
Sept ans après la révolution contre la dictature et la corruption, la Tunisie se retrouve agitée par une contestation sociale marquée par les mêmes slogans de « travail, liberté, dignité », nombre de Tunisiens désespérant de voir un jour leurs conditions de vie s’améliorer.
La Tunisie a été touchée cette semaine par un nouveau mouvement de contestation exacerbée par l’entrée en vigueur début janvier d’un budget d’austérité.  
Le 7 janvier, des jeunes protestataires se rassemblent sur l’avenue Bourguiba dans le centre de Tunis, près du ministère de l’Intérieur, pour exiger notamment l’annulation de l’augmentation des prix.  »Ni peur, ni terreur, la rue appartient au peuple », scandaient les jeunes lorsque des policiers dispersent le rassemblement selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. Le 8 janvier, La ville de Tebourba, proche de Tunis, a été secouée par plusieurs nuits de heurts cette semaine entre des jeunes protestataires et forces de sécurité, tout comme plusieurs autres villes, où quelque 800 personnes ont été arrêtées.
À Kasserine, quelques dizaines de jeunes incendient des pneus et jettent des pierres sur des agents de sécurité, qui répliquent par des gaz lacrymogènes. A Sidi Bouzid, après une manifestation pacifique, des routes sont brièvement bloquées par des pierres et des pneus. Le 9 janvier, plus de 200 personnes sont arrêtées et des dizaines blessées lors d’une nouvelle nuit de troubles. A Sidi Bouzid, des jeunes coupent des routes, jettent des pierres, et la police réplique à coups de gaz lacrymogènes. Des incidents ont lieu à Kasserine, Gafsa, Jedaida et dans plusieurs quartiers populaires de Tunis.
 
Selon le ministère de la Défense, l’armée a été déployée autour de banques, bureaux de poste et autres bâtiments gouvernementaux sensibles dans les principales villes du pays. Le puissant syndicat UGTT, condamne « la violence et le pillage », appelant à « protester de manière pacifique ». 
Le 10 janvier, des heurts nocturnes sont rapportés à Siliana, Kasserine, Thala et Sidi Bouzid. Des échauffourées ont lieu dans plusieurs quartiers de Tunis et à Tebourba. Les dessertes ferroviaires sont annulées dans certaines zones après qu’un train eut été attaqué en banlieue sud de Tunis. Le Premier ministre Youssef Chahed condamne les actes de « vandalisme » qui, selon lui, « servent les intérêts des réseaux de corruption pour affaiblir l’Etat ». Il pointe du doigt le Front populaire, un parti de gauche opposé au budget.
Le 11 janvier, à Siliana, des dizaines de jeunes jettent des pierres sur des agents des forces de sécurité qui ripostent par des tirs de gaz lacrymogènes. En revanche, la situation reste calme à Kasserine, Thala et à Sidi Bouzid, ainsi qu’à Tebourba. Le Front populaire appelle le Premier ministre à « trouver des solutions pour les jeunes tunisiens », estimant que « les manifestations pacifiques font partie de l’équation démocratique ».
Le 12 janvier, Amnesty International demande aux forces de sécurité de « ne pas employer une force excessive » et de « cesser de recourir à des manoeuvres d’intimidation contre les manifestants pacifiques ». Quelques centaines de personnes manifestent à Tunis et à Sfax (centre) pour protester contre le budget d’austérité et réclamer sa révision en adressant un « carton jaune » au gouvernement.
Le 13 janvier, le président tunisien Béji Caïd Essebsi devait rencontrer samedi les partis au pouvoir, les syndicats et le patronat pour discuter des moyens de sortir de la crise. Ce mouvement de protestation a été déclenché par l’adoption d’un budget 2018 qui a augmenté les impôts et créé des taxes grignotant un pouvoir d’achat déjà éprouvé par une importante inflation. Pour la politologue tunisienne Olfa Lamloum, « ces mobilisations sociales révèlent une colère, portée par les mêmes qui s’étaient mobilisés en 2011 et n’ont rien obtenu comme droits économiques et sociaux ».
La révolution, point de départ du Printemps arabe, avait démarré par l’immolation par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, une ville dans l’arrière pays déshérité, d’un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi. Un mouvement de protestation contre le chômage et la vie chère a suivi, marqué par des émeutes sanglantes qui s’étaient rapidement propagées à tout le pays. Sous la pression populaire, le président Zine el Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, avait pris la fuite pour l’Arabie saoudite le 14 janvier 2011.
« Les années ont passé et les citoyens sont toujours frustrés des droits pour lesquels ils s’étaient mobilisés », estime une ONG tunisienne, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), dans un récent rapport. Le pays a gardé « le même modèle économique, avec les mêmes problèmes » qu’avant la révolution, déplore le président du FTDES, Messaoud Romdhani. « La situation ne cesse donc d’empirer ». En dépit d’avancées démocratiques, « le chômage, la misère et les inégalités sociales et régionales se sont aggravées », avertit le FTDES.
L’économie tunisienne a été durement affectée par l’instabilité qui a suivi la révolution, et le tourisme, un secteur-clé, a souffert des attentats jihadistes qui ont frappé le pays en 2015.
L’État, en difficultés financières, s’est tourné vers le Fonds monétaire international (FMI) qui lui a accordé en 2016 des crédits de 2,4 milliards d’euros sur quatre ans, à condition qu’il réduise ses déficits budgétaires et commerciaux. Le taux de croissance devrait dépasser les 2% en 2017, mais le chômage des jeunes reste très élevé, dépassant les 35% selon l’Organisation internationale du travail. Le taux de scolarisation a lui régressé à 96%. Chaque année depuis 2011, 10.000 enfants abandonnent l’école primaire et 100.000 jeunes quittent collège ou lycée sans diplôme, souligne le FTDES.
Preuve du désenchantement croissant, l’émigration clandestine a atteint à l’automne un pic jamais vu depuis 2011.
 
De lundi à jeudi, les protestataires souvent très jeunes ont jeté pierres ou cocktails Molotov sur les forces de l’ordre qui ont riposté par des gaz lacrymogènes. Un protestataire est mort à Tebourba. Vendredi, quelques centaines de personnes ont manifesté dans le calme à Tunis et à Sfax (centre) contre les mesures d’austérité. Ils ont brandi des « cartons jaunes » en guide d’avertissement au gouvernement à l’appel du mouvement « Fech Nestannew » (« Qu’est-ce qu’on attend »), initiateur de la contestation contre la hausse des prix.
 
La Tunisie continue néanmoins tant bien que mal à construire sa démocratie. Les premières élections municipales de l’après révolution, maintes fois reportées et attendues de longue date pour consolider la transition démocratique, ont été programmées pour mai 2018. Les élections législatives et présidentielle sont prévues en 2019.
Dans un rapport jeudi, le centre d’analyse des conflits ICG a souligné que la défiance entre les principaux partis de la coalition gouvernementale entravent la mise en place des instances constitutionnelles essentielles. Il a appelé à la création d’une Haute cour constitutionnelle avant les scrutins de 2018 et 2019.

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Tartuffe : Sens 1 Littérature Familier Tartuffe est un personnage de Molière qui fait semblant d’être très pieux, pratiquant, alors qu’il ne l’est pas. Sens 2 Familier Personne qui ment, qui est hypocrite : elle dit posséder une qualité qu’elle n’a pas en réalité.

Posté par jacques LAUPIES le 14 janvier 2018

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