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  • Réunion en 1968

    Réunion en 1968

  • Rue Blanqui

    Rue Blanqui

  • Ian Brossat chef de file des communistes aux européennes

    Le nouveau monde :
    D'un coté, on prétend "responsabiliser" les gens modestes en augmentant le prix du #carburant.
    De l'autre, on déresponsabilise les riches en baissant leurs impôts sans rien leur demander en échange.
    Moins tu as, plus tu donnes.
    Plus tu as, moins tu donnes.

17 – Les rencontres de Monsieur Philorin

Posté par jacques LAUPIES le 3 février 2009

17 – La manif (suite)

Après les interventions des différents représentants syndicaux, ayant pour thème essentiel le pouvoir d’achat, l’emploi et la maîtrise de l’argent trop généreusement et exclusivement donné aux entreprises et aux banques, le rassemblement s’organise en défilé dans les rues de la vieille ville, s’insérant entre le théâtre antique et les arènes en réfection, bardées de protections en plastique.

Rougefort est abordé par Goya qui lui présente une femme d’une quarantaine d’année arborant le badge « Parti de la Gauche » A peine constituécelui-ci publie un tract diffuse en soutien aux manifestants et gréviste en les appellant à l’adhésion.

- Je viens d’adhérer au Parti de la Gauche dit-elle. On ne pouvait plus rester comme çà !  Et de se justifier d’avoir quitté le parti socialiste en exprimant une volonté unitaire dont Rougefort ne sait si elle concerne le nouveau parti en tant que rassembleur ou l’ensemble de la gauche. D’autant que son interlocutrice égratigne au passage ses anciens camarades socialistes et mêle à sa critique rancunière les « erreurs » des communistes.

- Bah se dit Rougefort, si cela permet de rassembler égarés de ce Parti sur des objectifs qui nous sont communs, pourquoi pas ?

Mais il ne peut s’empêcher se tournant vers Philorin de lui dire :

- Combien de militants ont vécu des initiatives passées de ce genre, consistant pour d’anciens socialistes à se démarquer du PS en créant des Partis à la gauche de celui-ci et en prétendant ne pas être assez proche de la pensée communiste pour adhérer directement à ce Parti ? Un exemple édifiant me vient toujours à l’esprit : celui d’un Rocard qui avec le PSU se distingua en mai 1968 dans une entreprise de division que l‘histoire a retenue sous le nom de meeting de Charlety pour pratiquer par la suite, sous le règne de Mitterrand, une politique réformiste la plus inefficace qui soit. La CSG un retraité n’oublie pas ça.

« Cela incite donc à la prudence » conclut-il, lui qui avait bien failli adhérer au PSU en 1960 face à ce Parti qui se prononçait contre la guerre d’Algérie. Puis se tournant vers son interlocutrice à qui bien entendu il ne tient pas les mêmes propos qu’à Philorin :

- Je suis bien d’accord avec vous s’il s’agit d’œuvrer au rassemblement de la gauche en général en n’excluant personne, avec comme l’a déclaré Mélenchon le respect de l’identité de chacun. On ne va pas se disputer l’initiative de la recherche du rassemblement unitaire mais je vous ferai remarquer que, pour rester dans l’histoire récente, le principal initiateur de l’union pour les dernières élections européennes autant que pour les prochaine est le parti communiste.

Paroles inutiles pour l’interlocutrice qui visiblement a ses distances et doit, comme tant d’autres, être sous le « charme désuet » du fantasme antistalinien à la française.

Goya par contre, jamais très à l’aise au sein du PCF qu‘il a quitté, va peut-être trouver là chaussure à son pied pense Rougefort.

Le cortège s’étale. Philorin est ravi de cette marche presque improvisée pour lui. Le frais mistral du matin a perdu de son ardeur et comme toujours il découvre un azur d’un bleu éclatant. On en oublie le réchauffement climatique dont la télé nous rabat les oreilles. Déjà on se sent mieux.

(a suivre)

 

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16 – Les rencontres de Monsieur Philorin

Posté par jacques LAUPIES le 1 février 2009

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16 – La manif

La grande place d’Arles s’emplit peu à peu de manifestants. La ville réputée pour ses charmes touristiques est en agitation dans cet endroit central ou une sorte d’obélisque tente vainement de dominer un hôtel de ville dressé là depuis la fin du dix septième siècle. Superbe édifice municipal dont l’essentiel de la conception est attribuée à Jules Hardouin Mansard, avec probablement la contribution de son frère Michel, lesquels, selon des chroniqueurs locaux, ne sont pas à l’origine du projet.

D’évidence les élus de l’époque, appelés consuls, tergiversèrent avant de se prononcer sur les propositions des différents architectes, dont le premier était semble-t-il hollandais. Il est vrai que la décision de construction remonte à 1657 et que les travaux furent achevés en 1676. Il n’est donc pas étonnant qu’avant qu’il fut fait appel au célèbre architecte du Roi intervinrent de nombreux hommes de l’art de la région et Contrastac eut le sien.

Les architectes du Roi, furent retenus pour leur réputation et leur compétence. On leur doit la réalisation de nombreux édifices dans diverses villes de la région.

Monsieur Philorin toujours sensible à la beauté architecturale tente, à travers la foule, d’aller voir de plus près le portail de l’église Saint Trophime, ce saint qu’il méconnaît totalement. Symbole de l’art roman, discrète malgré la majesté de son intérieur et la somptuosité du cloître l’église n’a ce jour là que l’admiration attentive d’un groupe de japonais rangés sur le parvis, étonnés par les étendards de ce prolétariat provençal qui agrémente leur programme touristique et détourne les objectifs de leurs appareils numériques, arme essentielle bien connue du peuple du soleil levant, que la planète entière a désormais fait sienne.

Philorin participe à la manifestation, ce qui est assez exceptionnel et ne se serait pas produit si son ami Rougefort ne l’avait convaincu de mettre un peu en accord ses paroles et ses actes. L’appel unitaire des organisations syndicales aidant le voila qui s’apprête à défiler.

Philorin a un premier fils chômeur et un second enseignant dans le primaire et qui ne cesse de lui rappeler les conditions de plus en plus difficile dans lesquelles il exerce son métier. Cela d’ailleurs ne le conduit pas pour autant à protester. Il ne faut pas déséquilibrer le budget familial ! Philorin a la fibre laïque qui est née au contact d‘une institutrice comme il en existait dans la première moitié du siècle dernier. Il en avait reconnu les mérites d’autant qu’elle était, sous l’occupation, résistante. Elle jouissait d’une réputation de communiste assez « orthodoxe » mais Philorin, bien qu’antistalinien avant l’heure, le lui pardonnait volontiers. Elle avait épousé un certain Gauguin qui de surcroît était, à ses heures un artiste peintre, inspiré probablement par son célèbre homonyme.

Quant au fils, dont évidemment les longues périodes de chômage n’étaient pas attribuées par sa famille aux années de crise qui ont suivi 1968 mais plutôt à un certain laxisme de sa part. Philorin considérait qu’il s‘auto excluait de la vie active. Ce qui, par voie de conséquence cantonnait le père qu’il était dans des prises de position très superficielles ou l’on veut bien soigner le mal – à condition d’en avoir le loisir et la volonté – mais ou l’on refoule si commodément la cause de celui-ci.

« La jeunesse d’aujourd’hui n’est pas frappée d’un virus qui la rendrait paresseuse et insouciante mais elle est prise de plein fouet dans une crise naissante » lui disait Rougefort et d’en appeler à Georges Marchais prémonitoire disant en substance dans les années soixante dix : « nous allons vers une précarité qui va durer jusqu’à l’âge de la retraite pour les générations futures ». Il est vrai que les médias retenaient plus facilement ses déclarations impromptues de Moscou que sa vision lucide de la société française, y compris lorsqu’il dénoçait l’immigration non maitrisée.

Rien n’y faisait dans le jugement sévère et obstiné de Philorin lequel, sans qu’il n’y paraisse trop, souffrait de cet échec paternel. Rougefort avait beau lui dire : « Ne culpabilisez surtout pas et regardez autour de vous, votre fils n’est pas seul dans cette situation et cela devrait suffire à vous faire comprendre que nous sommes devant un fait social dont beaucoup sont victimes. Le chômage aidant, souvent les plus vulnérables, mais pas les moins intelligents, instruits ou compétents, n’en sortiront pas indemnes. »

Philorin, retraité avec ce que comporte cet état en possibilités de réflexion et de libre expression avait fini, bien après, par se dire qu’il fallait faire quelque chose. Pas très chaud pour les grèves lorsqu’il était en activité, le voilà la planté au milieu des drapeaux rouges. Ce n’est pas un pis aller. Il en est presque ému tant sa démarche le surprend lui-même.

Rougefort qui ne contrarie pas facilement son emploi du temps habituel et souvent contraignant éprouve par contre une certaine jubilation dans ces jours ou s’effacent, quelques instants, les mésententes de l’étroit quotidien, ou comme çà, sans qu’il n’y paraisse, des milliers de personnes marchent ensemble, solidaires.

Peu importe la vigueur du pas, peu importe les paroles dites, les chants entonnés ou seulement écoutés, peu importe les bruyantes exaltations d’un jour, dont Rougefort craint les éphémères expressions, peu importe les silences déterminés porteurs de résolution. On marche et il se trouve sûrement dans cette foule, encore trop grisonnante, des silhouettes d’avenir. Des profils que Rougefort voudrait bien entendre dire : « finalement il faut que j’adhère… »

Il est vrai que l’offre politique se manifeste de plus en plus trouble et diverse. Comme dans ces familles nombreuses disloquées par les destins plus ou moins fortunés des secondes générations, les petits enfants sont parfois déboussolés par les querelles entre le papa et les tontons, entre les mères et les tantes. Échecs ou réussites réciproques y sont sournoisement exprimés, comparés, et les petits enfants s’en moquent ou s’en désolent, ce qui est grave et rassurant à la fois. Parfois la sagesse ou la parole du grand père ou de la grand mère leur donne un signe d‘éveil dans une rencontre précieuse entre ceux qui savent et ceux qui apprennent. Le soleil au couchant rend parfois plus visible le sens de nos vies.

Des Partis politiques de gauche sont présents. En d’autres temps cela aurait pu choquer qu’ils arborent banderoles, drapeaux ou badges.

(à suivre)

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Après la journée du 29 janvier

Posté par jacques LAUPIES le 30 janvier 2009

C’est « un événement social de grande importance », « pas un coup de colère passager, il y aura des suites », a averti Bernard Thibault. « Quand il y a une telle mobilisation, le gouvernement serait iresponsable s’il ne répondait pas », observait Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. « Maintenant, c’est au gouvernement d’apporter des réponses » sur « la relance avec des réponses concrètes pour les salariés », insistait François Chérèque. Pour toute réponse, en fin d’après-midi, seul le ministre du Budget Eric Woerth s’était prononcé, réitérant une totale intransigeance : La grève n’est pas une réponse à la crise », « je ne crois pas qu’il faille changer de politique ».Les huits syndicats doivent se réunir le 2 février pour décider des suites à donner au mouvement.

http://atoucoeur.unblog.fr

 

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Petite information

Posté par jacques LAUPIES le 28 janvier 2009

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Que mes lecteurs de plus en plus nombreux m’excusent mais parfois le manque de temps ne me permet pas d’alimenter ce blog comme je le souhairerais. Cependant je voudrais les remercier leur assiduité. Un seul petit reproche que je ferais à tous ceux qui daignent lire ma prose et mes vers, qui souvent ont une tournure un peu collégienne, vous ne m’en faite pas la critique. Sur la forme ne soyez pas trop sévère mais sur le fond allez y, c’est là que se trouve l’essentiel de ma démarche.

Ah ! encore une précision : bien qu’inspiré de certaines réalités, les personnages du feuilleton « les rencontres de Monsieur Philorin » sont évidemment de pure fiction. Pour l’aspect politique, économique et social et mon point de vue de militant n’hésitez pas à consulter : http://atoucoeur.unblog.fr . Vous y trouverez des positions officielles et des interprétations plus locales et généralement personnelles, avec tout de même un certains sens de mes responsabilités « d’animateur local » et de membre du PCF.

 

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15 – Les rencontres de Monsieur Philorin

Posté par jacques LAUPIES le 27 janvier 2009

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15 – Dissidences en douceur

Rougefort n’est pas très content. Il vient d’apprendre que des anciens membres du Parti Communiste ont organisé une réunion pour se concerter sur des possibilités d’action politique locale entre gens de gauche à Contrastac.

- Comment se fait-il lui dit Bougris que vous ne soyez pas de la partie, avec un brin d’ironie. La population va penser que vous ne vous n’êtes plus unitaires

- Bien il faut croire que soit ils ne veulent plus dialoguer avec nous, soit ils tentent de s’organiser pour constituer une nouvelle force. Vous savez c’est à la mode actuellement.

- Mais qui donc prend de telles initiatives ? Interroge Candar

- Quelqu’un qui te ressemble lui répond Rougefort se reprenant aussitôt : qui te ressemble en ce sens qu’il réfléchit tout seul dans son coin, comme nous avons tendance à le faire depuis que le Parti a perdu de son influence. Mais il est vrai que chez certains la maladie est chronique.

- Et alors ?

- Et alors ! Eh bien cela correspond tout à fait à ce que souhaitent nos adversaires. Pas ceux de Contrastac qui n’en sont pas encore là bien sûr mais ceux qui, d’ailleurs, les manipulent. L’individualisme ambiant encourage le rejet d’un Parti qui a trop souvent raison. Il n’y a rien de plus agréable pour les gens qui vivent mal certaines souffrances matérielles ou affectives que de bannir ceux en qui ils avaient espéré.

- C’est cruel ce que vous dites là, interpelle Philorin. D’après vous Rougefort vous placez le comportement des individus sur un plan plus psychologique qu’économique. Pas très marxiste cette vision ?

- En effet vous m’auriez fait cette remarque il y a trente ans je vous aurais répondu que l’économique est déterminant dans le comportement. Je n’ai pas changé sauf que je prend mieux en compte les aspects psychanalytiques. Freud que les marxistes ont retrouvé tardivement, insistait sur le rôle déterminant de notre inconscient qui se constitue à partir d’éléments qui englobent tout notre vécu.

- Je ne vois pas très bien? Demande Philorin intrigué. Comment expliquez vous cela ?

- Si je me réfère à l’exemple que nous vivons à Contrastac. Tous ces « dissidents » (le terme ne doit pas être pris au sens péjoratif) ont un parcours personnel particulier et il faudrait probablement remonter très loin dans leur vie pour déterminer les raisons qui font qu’aujourd’hui ils rejettent, non pas l’essentiel des idées, mais une famille politique à laquelle ils appartiennent. Sans vouloir généraliser, ce qui serait une erreur grossière, il y a cependant à voir avec chaque individualité.

- En quelque sorte le phénomène vaudrait pour une entité familiale, si je vous comprends bien ?

- Oui, sans doute mais je n’en oublie pas que nos consciences sont aussi le produit de nos rapports sociaux et puis rien n’est mécanique, mais enfin il peut arriver que l’individualisme au mauvais sens du terme reprenne le dessus. Prenez Paugras, poursuit Rougefort, et jugez de son parcours : militant au Parti socialiste il a, depuis ses démêlés dans ce Parti, qui n’a pas su reconnaitre son ambition, fréquenté les tendances diverses qui s‘y manifestent. Ensuite il a rejoint celle qui se reconstitue aujourd’hui en Parti de Gauche, pour finir dans un parti « gauchiste » en appelant à voter, sans doute par dépit de ses résultats, pour un candidat de droite aux dernières élections. Cela me semble-t-il relève plus du pathologique que du politique

- Oui mais votre raisonnement, s’il a une certaine subtilité, n’est pas nécessairement perçu par une population de gauche, et au delà qui, dans le contexte actuel, aspire et cherche une opposition au Sarkozysme. réplique Goya et si vous ne vous entendez pas ils ne comprendront pas. D’autant que sont impliqués dans cette démarche des communistes, membres du PCF, qui accentueront le trouble de la situation.

- Parlons en de ces communistes dit Rougefort un tantinet agacé. L’un d’eux est à peu près dans la position de son collègue socialiste avec qui il s’était engagé dans la même intention avec les mêmes raisons ? Quant au second, bien que les symptômes ne soient pas apparents il place son ambition ailleurs sans doute. En politique il est toujours difficile de connaitre les vrais déterminations des personnes. Elles peuvent avoir des motivations différentes, être tributaires des pesanteurs familiales, des instabilités affectives.

- Certains ne disent -ils pas que l’engagement politique découle d’une sublimation qui n’est pas sans lien avec des transferts d’origine libidinale…dit avec son ironie habituelle Candar

- C’est grave ce que vous dites là répète Philorin s’adressant à son ami Rougefort, si je comprends bien vous êtes les seuls une poignée de communistes à conserver intacte une démarche politiquement correcte. Vous seriez les « purs et les durs » ? Irréprochables en quelque sorte ?

- Je n’ai personnellement pas cette prétention, dit Rougefort, mais je constate que les pressions idéologiques exercées en conséquence des différentes analyses de la situation au plan national conduisent à autant de stratégies qui poussent ces personnes que nous connaissons bien à les adopter dans l’espoir de se positionner à des titres divers, relativement personnels me semble-t-il. Mais il est vrai que si certains militants demeurent des piliers apparemment inébranlables du parti communiste ils ont eux aussi un intime, un vécu qui les conduit à cette fixation d‘apparence dogmatique. La seule qualité que je leur octroierais consiste en ce que, par leur présence dans un Parti, qui a tout de même une grande vie intellectuelle derrière lui, ils corrigent les erreurs sans être obligé de repartir à zéro.

- Donc je reconnais en toi ces communistes qui prétendent toujours avoir raison contre tous. Cela n’est pas très raisonnable ? Souligne Goya qui ne participe que très occasionnellement à des discussions avec ses amis

- Si je vous suis, le phénomène de dispersion se généralise. C’est inquiétant et peut bien aboutir à une mise en cause de la démocratie par absence de cohésion à tous les niveaux de la société. Mais vous ne pensez pas que les communistes sont également soumis à cette fièvre d’individualisme ? reprend Philorin

Rougefort croit bon d’enchaîner :

- D’autant plus inquiétant que même l’extrême droite se livre à des Opa sur les potentialités communistes. Mais je crois que les tendances révolutionnaires dans une société ne se caractérisent pas par l’homogénéité. Elles sont au contraire le reflet d’un besoin de changement profond à partir de positionnements aussi divers que le sont les différentes catégories qui le souhaitent.

- Alors vous gardez l’espoir ? Interroge Philorin

- Oui mais ce besoin de changement  est un élément nouveau qui ne rend pas mécanique celui rassemblement pour être efficace dans la réalisation des transformations qui s’imposent contre ceux qui accaparent les richesses produites. 

- Toujours la même conclusion ?

- Aujourd’hui les mots transformation, réforme,  sont employés par tout le monde, mais les contenus que chacun leur attribue sont occultés

- De quel élément parlez-vous ? demande Philorin

- De l’immense emprise que le capitalisme a sur la communication qu’il contrôle et veut contrôler encore plus, insatisfait qu’il est du niveau pourtant considérable de manipulation qu’il peut exercer, répond Rougefort

- Autrement dit, ajoute non sans arrières pensées Goya, cela explique que le Parti communiste soit tenu à l’écart des médias et que ceux-ci accordent à une opposition choisie, le peu de temps et de lignes dont est gratifiée l‘opposition en général. Peut être cela justifie-t-il que certaines personnes de gauche formées à la pensée communiste recherchent ailleurs le moyen de s’exprimer…

- Cela pose donc la question de savoir si le Parti communiste doit être remplacé par un regroupement de mécontents en dissidence ou si au contraire il doit être renforcé pour la nécessité de doter le mouvement social d’une expression politique originale armée d’une théorie et d’une pratique qui dans l’histoire de la France, ont prouvé leur utilité par delà des difficultés qui ne relèvent pas toutes de sa propre responsabilité.

- Mais que les dissidents se rassemblent, objecte Goya qui se sent visé, ne peut que renforcer la cohésion de l’opposition et d’évoquer le nouveau Parti de Gauche.

- Sans doute réplique Rougefort, toujours sceptique sur le phénomène de prolifération de partis à gauche, mais cela me gène de voir les différents instruments de pouvoir les encourager ne serait ce qu’en leur accordant une expression médiatique. Ces gens appartenant à la finance ne font rien gratuitement et ils en ont les moyens.

- Raison de plus pour que l’on repense la manière de faire de la politique. Mais en tous cas cela passe par l’investissement de ceux, et particulièrement des jeunes, qui ont compris bien des choses mais ne savent plus très bien vers quoi et qui se tourner tant il est fait pour les dégouter de la politique conclut avec un inhabituel sérieux Candar.

Il est bientôt midi. Le marché s’éclaircit. Nos quatre compères ont faim. Bougris les a quittés et n’a pas écouté jusqu’à la fin cet échange entre retraités à la nostalgie qu’ils jugent plutôt vivante et prometteuse. « Il faudra encore faire avec nous » pensent-ils. Peut être oublient-ils de dire que leurs divergences tantôt aigres, tantôt douces, ne sont pas mobilisatrices.

L’aigreur vient du vide qu’ils laissent et qu’investit peu à peu l’anti-pensée collective, désordonnée, privée de ce qui fait la force de l’humanité : la construction d’idéaux certes toujours imparfaits ou règne une bonne part d’utopie et dont on s‘empare pour faire un bond en avant. Mais cela ne vaut-il pas mieux que de devenir des consommateurs de la cuisine intellectuelle toute prête que distribue la classe dominante ?

La douceur est au fond de leur cœur, de leurs expériences. Elle n’est pas l’apanage de l’âge certes mais celui-ci quand il avance vers le noir pour les uns, la lumière pour les autres dispose, si l’on veut bien le prendre en compte, de ressources que notre société en général méprise.

(à suivre)

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