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    D'un coté, on prétend "responsabiliser" les gens modestes en augmentant le prix du #carburant.
    De l'autre, on déresponsabilise les riches en baissant leurs impôts sans rien leur demander en échange.
    Moins tu as, plus tu donnes.
    Plus tu as, moins tu donnes.

6 – Les rencontres de Monsieur Philorin

Posté par jacques LAUPIES le 21 décembre 2008

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6 – La charité  -        

Alors Monsieur Philorin comment ça va ? Très chaleureux ce Lasaveur. Il ne manque ni d’intelligence ni d’humanité. L’une et l’autre ne faisant pas nécessairement bon ménage et parfois même se desservant mutuellement. Philorin pense que Lasaveur cultive les deux dans le bon sens. En tous cas il le trouvait fort courtois. -         Ca va très bien lui répond Philorin, pas très sur d’être convaincant. Il ne sait pas vraiment s’il va bien. Et si ce n’est pas le cas quel intérêt à en informer Lasaveur avec qui il n’est pas intime même si en très bons termes. 

-         Je tiens à vous remercier de votre chèque pour le téléthon, nous avons apprécié. Lasaveur est un  de ces personnages toujours impliqué  dans les opérations charitatives. Philorin s’y prête sans grande conviction et donne sans savoir vraiment si c’est pour sa bonne conscience, pour se faire valoir ou vraiment parce qu’il connait la portée de son geste. Philorin ne peut s’empêcher de lui répondre un tantinet malicieux : « me voila devenu une âme charitable. » 

-         Vous savez, le rassure Lasaveur qui le voit venir, la charité, dont l’une des significations est l’amour de Dieu, l’autre étant : acte de bienfaisance, générosité, indulgence, bonté, aumône, etc. occupe une grande place dans notre société. En principe elle a cette qualité, commune à ceux qui la pratiquent a l’égard des autres et ceux qui en bénéficient, de leur apporter une satisfaction.

-         Laquelle ne vient pas nécessairement de l’amour de Dieu mais tout simplement du besoin d’amour pour qui donne. Quant à celui qui reçoit ses priorités sont telles qu’il ne verra peut être que bien plus tard que l’amour lui est aussi indispensable. La reconnaissance peut aussi faire aimer, dit  Philorin 

Philorin toujours prêt à disserter sur les comportements de ses semblables se retourne vers Lsaveur et lui dit un : « mais asseyez vous donc, vous prendrez bien quelque chose ». L’autre toujours debout ne se le fait pas dire deux fois mais, à l’expresso de son interlocuteur, il préfère une tisane qui, à cette heure de la journée, n’est pas la boisson la plus servie dans le bar. 

-         Je vois que vous êtes un sage, Monsieur Philorin. 

Lasaveur.est de ceux, au sein de son église à laquelle il est très attaché, qui ont  pris la mesure de l’usage de la tolérance et la manifestent parfois par des excès de flatterie. Peut être inspiré par ces auteurs provençaux dont il raffolait De Daudet, Mistral à Pagnol en passant par Giono, ses auteurs préférés qui lui avaient ouvert les yeux et fait apparaitre les agnostiques autant que les pires athées comme des personnes qu’il ne faut pas craindre de fréquenter. 

Philorin malgré tout sensible à ce qu’il considérait comme un compliment replique 

-         Pour celui qui est gratifié de charité c’est en général  une satisfaction matérielle mais qui peut être morale lorsqu’elle est accompagnée d’une indulgence. Tout dépend également de la conception qu’il a de la charité. Les plus soumis, les plus écrasés de la société remercieront le ciel que l’on veuille bien prendre en compte l’état de misère dans laquelle ils se trouvent, dont ils peuvent même se sentir coupables. D’autres indifférents, désabusés, parfois en état de révolte, se considèreront dans leur bon droit. Ils n’auront pas d’attitude de reconnaissance mais peuvent être « polis ».   

-         Peu importe, réplique Lasaveur, s’il fallait se poser de telles questions on laisserait des personnes dans leur misère ! 

-         Sans doute mais on ne peut ignorer que parmi ceux qui font la charité, il y  a de nombreuses espèces. Ceux pour qui le dogme l’emporte et qui ne se questionnent pas sur son l’utilité d’être charitable qui va de soi. 

-         La même détermination existe chez ceux qui ne veulent en entendre parler. Pour eux il ne fait aucun doute que celui qui demande ou quémande est le premier responsable de son sort. C’est en tous cas un bon argument pour ne pas lui venir en aide et même sanctionner son outrecuidance. 

-         Mais vous oubliez les intermédiaires, reprend Philorin, ceux qui pratiquent une charité sélective, à la tête du client, ou en fonction de leur sympathie pour telle ou telle catégorie qu’ils prennent en considération en fonction de leur propre expérience, de leurs affinités a l’égard de telle ou telle culture ou simplement de groupes sociaux, de générations. 

-         Vous voulez dire « à chacun ses pauvres » En quelque sorte aidons ceux qui pensent comme nous ? 

-         Oui mais je ne partage pas cette conception je serais plutôt du côté de ceux qui voyant le monde tel qu’il est portent leur amour vers plus de justice jusque dans des actes réparateurs, très conscients de la très relative portée de l’efficacité de leurs actes. Cela va du secours ponctuel devant des cas extrêmes auxquels ils sont confrontés, ou l’émotion est souvent présente, à des aides plus institutionnelles allant jusqu’à ce que l’on appelle des actions humanitaires structurées. 

-         Plus que l’amour c’est le bon sens qui prévaut dans ces dernières attitudes. Un certaines culpabilisation aidant ! Comment en effet ignorer qu’avec les cinquante euros que je dépense au restaurant, ou dans l’achat de quelque gadget électroniques, je vais sauver un enfant de la mort, d’une maladie ou simplement donner un peu d’espoir à une personne en détresse. J’avoue mal supporter parfois mes plus modestes consommations- dont d’ailleurs j’ai de la peine a me priver – confronté à certaines misères qui peuplent ce monde. 

-         Je rejoindrai le point de vue de Rougefort qui me dit qu’en matière de charité et qu’à défaut d’avoir les moyens de la pratique il a pris le parti de ceux qui prônent plus d’égalité et veulent en finir avec l’exploitation de l’homme par l’homme, la plus grande cause de  ces misères. Car à l’heure ou les milliards se déplacent dans le monde à la recherche de la spéculation ou du placement dans des industries ou le coût du travail suffit a peine à renouveler la vie de ceux qui le vendent, il n’y a de solution que d’en finir avec les mécanismes qui permettent cela. 

-         C’est déjà un discours politique ça, Monsieur Philorin, Vous savez bien que je ne partage pas ces idées qui consistent à imposer aux gens des systèmes qui restreignent les libertés jusqu’à présent ne m’ont pas convaincu. 

-         Oui mais Rougefort et ses amis en un temps ont fait des charités, que pratiquait l’église notamment, des droits institutionnalisés. On peut toujours rêver mais les charités d’aujourd’hui ne peuvent avoir de portée réelle, si ceux qui s’y livrent s’insèrent dans les systèmes qui les font naitre et parfois en font des soupapes de sécurité pour évacuer le trop plein de mécontentement. 

-         Alors faut-il être charitable ? Sans doute ! Mais ne peut-on espérer une charité généralisée ou chacun donnerait en fonction de ses possibilités, de ses revenus. 

-         Ce serait déjà mieux Monsieur Lasaveur., mais ce ne serait plus la charité ! 

-         On pourrait peut-être penser à aller déjeuner vous ne croyez pas Monsieur Philorin ? 

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5 – Les rencontres de monsieur Philorin

Posté par jacques LAUPIES le 20 décembre 2008

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 5 – Traversée sous le vent

Les places de Conrastac ne sont pas fréquentables quand souffle le Mistral en hiver. Même ces retraités venus d’ailleurs, que les coups de vents de l’automne et du printemps ne rebutent pas, ne se hasardent pas sur les bancs de pierre. Il faut dire que la froideur de ces sièges,  parfois brûlants en été, décourage les postérieurs les moins délicats. C’est souvent en s’assoyant sur ces dalles finement taillées que les éternuements se mêlent de rappeler,  à ces cerveaux enrhumés,  que le climat n’est parfois guère mieux accueillant que ne le sont certains autochtones pour le moins grincheux  à leur égard. 

Philorin qui se hasarde dans les ruelles du centre ville, constate que les angles de rues habituellement pourvus de petits groupes de la même qualité ont déserté ces endroits particulièrement soumis aux rafales. Il emprunte la rue Maisonclot dont on dit ici qu’elle doit son nom aux  maisons qui abritaient dans les temps anciens des dames dites de petite vertu. 

Comme si la vertu et la prostitution étaient toujours antinomiques. Mais Philorin ne s’était jamais trop préoccupé de la question. Il n’avait sur le sujet qu’une vision très réservée. Ses rares expériences de jeunesses lui ayant fait constater que l’on peut trouver dans le commerce des corps le pire et le meilleur pour l’acheteur bien entendu. 

La répugnance qu’il avait eu lui-même, en des temps ou il était sollicité pour un charme que voulait lui reconnaitre parfois son entourage, vis-à-vis d’une quelconque négociation en tant que vendeur, ne pouvait que l’inciter à considérer que la société des humains avait mieux à faire que d’instituer une  marchandisation du sexe. Mais en homme lucide et réaliste, il était bien conscient que le temp n’étaient pas encore venu d’en finir avec la prostitution qu’il considérait comme beaucoup de ses contemporains utile et, après tout, une pratique qui dépasse largement le cadre communément établi des maisons, des rues ou des zones spécialisées. Ne dit on pas que certains mariages, voire le mariage en général, en est une forme. Mais qu’importe se disait-il pourvu qu’elle échappe aux intermédiaires. Vœu pieux à une époque ou ce commerce, auquel est lié celui de la pornographie, constituent une véritable industrie. 

Philorin est loin, dans la tourmente, de se préoccuper de ces questions dont régulièrement la presse et les médias en général se font des « gorges chaudes » comme de tant d’autres sujets liés au sexe ou au crime. Les deux étant très souvent associés pour entretenir culpabilisation et peur. Sur cette question il était assez d »accord avec Rougefort qui ne cessait de lui dire : « la peur, la peur, arme des pouvoirs ! »

Non, dans ce froid qui envahit la ville, Philorin a des pensées plus banales. Par exemple il s’interroge sur cette affirmation qui lui a été rapportée selon laquelle les rues de Conrastac on été tracée volontairement sinueuses pour mettre le passant à l’abri de la bourrasque. Ce que les courants d’air qu’il subit semblent mettre en doute. Devant la façade du Palais de Justice pour laquelle, habituellement, il marque un temps d’arrêt, se demandant si elle est du dix-septième ou du dix-huitième, il se hâte. La froidure n’incite pas à s’attarder dans ce lieu dont l’esthétique a toujours retenu son attention. 

Vraiment il gèle ! Philorin décide donc d’aller se réchauffer un moment et prendre un café dans un bar non loin de là. Il accélère le pas et  pénètre ce lieu ou les convivialités doivent beaucoup, surtout quand approche l’heure du déjeuner, au pastis. Les bistrots n’ont jamais eu la faveur de Philorin mais depuis l’interdiction de fumer il les accepte volontiers. Il entre donc dans la salle toute en longueur. 

Outre les consommateurs assidus  parmi lesquels Rochetti, Casetti et Toubachien  qui sont presque ses cadets, quelques personnalités locales, que Philorin connait assez bien, le saluent au passage.. A peine s’est il installé à la seule table disponible et a-t-il déplié le journal récupéré sur le comptoir, qu’un geste amical de Lasaveur le rappelle à sa propre existence. C’est une vieille connaissance, un ancien collègue de bureau avec qui il a toujours entretenu de bonnes relations. Ils avaient tous deux toujours su moduler un certain dogmatisme, d’athée pour l’un de croyant pour l’autre. 

(à suivre) 

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4 – Les rencontres de Monsieur Philorin

Posté par jacques LAUPIES le 19 décembre 2008

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 L’air du temps

Philorin est un brave homme. Il ne peut s’empêcher de rendre service. Et puis ça l’occupe. Ne lui dites surtout pas cela car il va s’insurger en prétendant qu’il n’a pas le temps de tout faire et qu’en conséquence il se passerait bien certains petits services rendus. Mais il est le symbole de l’utilité que peut avoir la retraite assez tôt pour permettre de donner un peu plus de couleurs à la vie en société et soulager la famille, les amis parfois, de petits soucis quotidiens. 

« Le temps libre » on en parlait beaucoup il y a une trentaine d’année mais aujourd’hui on parle surtout de « liberté » de travailler jusqu’à soixante dix ans ou même le dimanche. Philorin se dit qu’après tout si les jeunes veulent ça c’est leur affaire, idée bien entendu que ne partage pas Rougefort qui campe sur ses conceptions de syndicalistes. 

-         Cela vous plairait Monsieur Philorin d’aller pointer à l’usine à 70 ans ?

-         Non surement pas mais il faut bien se dire que les vieux sont de plus en plus nombreux et qu’on ne pourra pas les payer si ça continue…

-         Ah parce que vous croyez qu’il n’y a pas de l’argent pour cela ? s’indigne Rougefort.

-         Apparemment il y a de l’argent, à voir ce qui se passe, mais il risque bien de ne plus valoir grand-chose avec la crise qui s’annonce. En tous cas il est confisqué pour sauver les banques. Des licenciements en perspective et la récession, on va vers la soupe populaire comme en 1929.

-         Mais on y est déjà avec les restos du cœur et tout ce bordel d’assistanat qui fait pleures dans les chaumières : je te collecte à grand renfort de spectacle à la télé, et je promène les petits pauvres à la mer un jour par an, et je crée les super marchés de l’abbé Pierre…

-         Vous exagérez Rougefort, il faut bien soulager la misère…

-         Vous avez vu la dernière émission de Rulade sur la précarité ?

 -        Oui Rulade est un grand professionnel mais la il a tenté de nous faire croire que les actes de solidarités individuels pouvaient solutionner.

-         Je ne vous le fait pas dire Monsieur Philorin.. Vous voyez bien que je n’exagère pas et je ne vous parle pas des africains qui crèvent de faim et de Sida, sur lesquels s’apitoient les grands reporters et tous les bobos de notre société dite « de consommation ».  Remarquez, heureusement qu’ils en parlent car personne n’en saurait rien. Les journalistes ont au moins le mérite d’en parler !

-         Mais enfin, reprend Philorin, voyez autour de vous, tout le monde a des télés, parfois deux voitures on n’est pas si malheureux que ça, le monde avance quand même ? 

-         Oui mais inégalement et il faut voir comment et grâce à qui et à quoi ? Et puis c’est ceux qui les font les voitures  les télés et les portables qui doivent en être les bénéficiaires ?

 -         Vous avez raison mais si ensuite on ne peut pas les vendre parce que la concurrence internationale est là que peut-on faire ?

-         C’est une question à débattre, je serais heureux de reprendre la discussion demain, car la je dois me rendre à l’ANPE pour quelqu’un qui n’a ni voiture ni internet. Mais en attendant Monsieur Philorin réfléchissez à l’impact économique de l’augmentation des retraites et des salaires et même des minima sociaux. Et surtout ne me parlez pas de manque de moyens… 

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3 – Les rencontres de Monsieur Philorin

Posté par jacques LAUPIES le 17 décembre 2008

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Le réchauffement… 

Il pleut dans le midi Au centre la neige est prématurément la. Il gèle ce matin sur le marché. Mauvais temps qui contrarie les adeptes du réchauffement de la planète. Peut-être ont-ils raison se dit Monsieur Philorin. En tous cas voila un sujet exemplaire pour nous faire peur. Comme s’il n’y en avait pas assez avec le voleur de sac de grand-mère qui nous attends à chaque coin de rue, le trafiquant de drogue qui se déplace en évitant les vidéos surveillance, le violeur qui rode autour de chaque école, ou même le terroriste qui veut faire sauter les magasins de la  France entière. 


« Mais ça existe » dit Madame Sansou. Elle répète sans arrêt « il faut bien dénoncer les crimes ». Monsieur Philorin qui ne s’en laisse pas trop conter sur le sujet lui répond ironique : « c’est comme le réchauffement de la planète plus on en parle plus il fait froid…dans le dos ! » Madame Sansous n’apprécie pas toujours son air moqueur ni son humour douteux.

-       Tiens bonjour Monsieur Rougefort, qu’est ce que vous en pensez vous du réchauffement de la planète ? 

-         Bah les « experts » ne sont pas tous d’accord, vous savez c’est comme les OGM ? 

-         Les OGM ? oui mais ca veut dire quoi questionne Madame Sansou en se tournant vers Monsieur Philorin, supposé plus savant que Rougefort. 

-         « Organisme Génétiquement Modifié » répond le premier 

-         On dit que ce n’est pas bon pour la santé 

-         Oui mais, ajoute Rougefort qui ne veut pas être exclu de cette savante discussion, c’est comme dans la lutte contre le réchauffement climatique, d’un côté on affame les populations du sud et ensuite on leur propose les OGM  comme remède. Maintenant qu’on a bien polluée avec le CO2 on va créer des énergies non polluantes pour solutionner…Et gagner beaucoup d’argent avec ça ! 

-         C’est qui « on », demande Philorin avec un petit sourire. 

Rougefort sait bien que s’il dit « les multinationales capitaliste » il va avoir droit  à un : « mais les ex pays socialistes et la chine communiste sont de grands pollueurs ». Allez donc expliquer que le système dominant la planète depuis 500 ans est tout de même fondamentalement coupable de l’accélération des déséquilibres écologiques et que les prétendus expériences « socialistes » sont un accident de parcours vers les lendemains qui chantent. Aussi il se hasarde prudemment dans une réponse plus philosophique : 

- Dans sa lutte pour la vie l’homme, lui-même ne l’oublions pas élément naturel, comme toutes les espèces, est conduit à transformer la nature. C’est un combat qui est faussé par le droit que s’arrogent certains humains de servir d’abord leurs propres intérêts, avant ceux de la collectivité, notamment en exploitant leurs semblables. Cela aboutit à des dérives qui nuisent au développement de l’humanité qui est, malgré des avancées indéniables au prix de grandes souffrances, est dangereusement menacé. 

-         Oui mais vous ne répondez pas à ma question ? 

-         Vous avez raison Monsieur Philorin mais vous avez bien compris que « on » c’est nous tous, ceux qui subissent et ceux qui dominent… 

-         Et ceux qui subissent ont peut-être plus de responsabilité que les apprentis sorciers qui dominent ? 

-         Si vous me dites ça, Monsieur Philorin, vous avez tout compris ! 

-         Bien moi j’ai rien compris, dit Madame Sansou. 

-         Ca viendra, ca viendra dit Rougefort, nous allons vous aider. 

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2 – Les rencontres de Monsieur Philorin

Posté par jacques LAUPIES le 17 décembre 2008

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Philorin aime bien marcher, au moins un tour de ville chaque jour. Double effet positif pour moi se dit il, je rencontre du monde, donc je parle, j’améliore mon activité physique et je me sens mieux. En sortant du super marché  il passe  parfois non loin du  lycée.   

Ces jeunes sont manipulés ! Vous croyez-pas Monsieur Philorin dit l’employé numéro 1 en chargeant les barrières 

-         Euh… 

-         Moi je crois qu’ils le sont ? 

-         Euh… 

-         Franchement ils ne devraient pas faire ça .

-         Mais qu’est ce qu’ils ont fait, se décide à répondre Philorin. 

-         Vous voyez pas ? Ils ont tout cassé, démonté les bancs du jeu de boules, enfin c’est pas bien tout ça ! Et nous on doit réparer… 

-         Oui pour vous c’est embêtant, mais ils sont jeunes, c’est leur manière de s’exprimer comme dit mon voisin! 

-         C’est pas lui qui vient débarrasser tout ce fourbi! 

-         Très juste … 

Il y a en effet un entassement de barrières, de bancs, même un panneau avec des gentillesses pour le Ministre : « Darcos   

-         Moi je suis pour la grève, dit l’employé numéro 2, ils ont raison de se défendre mais pas comme ça.  : 

-         Vous savez pourquoi ils ont foutu ce bordel ? dit l’employé numéro 1 

-         Bien, répond Monsieur Philorin, j’ai entendu parler de défense des programmes dans les lycées, qui ont trait à la culture générale : l’enseignement des sciences économiques et sociales en seconde seraient menacés de suppression. Mon voisin m’a dit que comme ça ils seraient plus dociles avec leurs patrons. Mais mon voisin, comme je le disais l’autre jour à Madame Sansou, c’est un rouge, alors ? Rien que nom en dit long : Roujefort, vous vous rendez compte 

Deux autres employés arrivent. Philorin les connait bien, il se rappelle quand il les voyait avec leur père pendant les grèves de 68. En ce temps là Philorin, lui aujourd’hui plutôt pantouflard, suivait vaillamment le mouvement. 

Quarante ans après les souvenirs ressurgissent. Il se souvient. C’était différent mais un peu comme aujourd’hui. Des jeunes qui ne s’en laissent plus conter et des ouvriers pas trop ravis de recevoir des leçons de cette progéniture soupçonnée d’être sous influence. Les temps changent mais les réactions sont les mêmes pense Philorin. 

Les employés numéros 3 et 4 sont visiblement plus indulgents avec les gamins que leurs collègues. 

-         Ca va finir par péter, dit l’un deux, car ils sont pas seuls à avoir des problèmes 

-         Ben un bon coup de grève générale ça ferait pas de mal dit l’autre 

-         Le Ministre et son Président ont un peu peur. La Grèce ça peut donner des idées, ajoute Philorin

-         On n’en est pas là dit l’employé numéro 2, ils ont déplacé les bancs mais ils ne les ont pas abimés.et nous on râle pour pas grand-chose. 

-         Bah ! il faut leur expliquer qu’en emmerdant les employés, ils donnent au patron un argument pour les dresser contre eux, c’est simple, reprend le numéro 2.  Mais le numéro 1 revient à la charge : « manipulés de vous dis ils sont manipulés »

Philorin avec un petit clin d’œil fait appel à ce que lui a dit Rougefort  ; « Nous somme 60 millions, enlevez les enfants, et voyez combien il en reste ; ils sont pas manipulés ceux – la ?  Bizarre tout le monde est d’accord. Signe des temps ! 

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