Hommage. Charlie Hebdo : après le sang et les larmes, le droit au pluralisme ?

Posté par jacques LAUPIES le 9 janvier 2018

 

Caroline Constant
Lundi, 8 Janvier, 2018
L’Humanité
Dans le numéro de Charlie de cette semaine, Riss liv re le prix à payer, au sens propre, de la protection	: «	Entre 1 et 1,5/million d’euros par an, entièrement à la charge du journal. » Lewis Joly/JDD/Sipa<br />

Dans le numéro de Charlie de cette semaine, Riss liv re le prix à payer, au sens propre, de la protection : « Entre 1 et 1,5/million d’euros par an, entièrement à la charge du journal. » Lewis Joly/JDD/Sipa
 

Charb, Wolinski, Tignous, Cabu, Bernard Maris, Elsa Cayat, Honoré, Mustapha Ourrad, Frédéric Boisseau, Michel Renaud, Franck Brinsolaro ont été assassinés pendant la conférence de rédaction, le 7 janvier 2015. Depuis, le journal est sous protection policière et subit des menaces régulières.

Il faut continuer à soutenir Charlie Hebdo. Qu’on aime ou pas ses dessins, qu’on soit d’accord ou non avec ses articles. Pas seulement en mémoire de Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré ou Bernard Maris. Mais au nom du pluralisme, du droit à un journal d’exposer une opinion. Avec laquelle on peut ne pas être d’accord, mais en tout cas sans jamais remettre en cause le droit de ce journal à exister et à ces hommes et ces femmes de s’exprimer. « On a le droit de ne pas aimer Charlie, de ne pas apprécier ce que nous dessinons, ce que nous écrivons, d’estimer même que nous allons trop loin », a martelé le rédacteur en chef du journal, Gérard Biard, samedi après-midi aux Folies- Bergères, lors des débats initiés par la Licra et le Printemps républicain (lire page 6). « Charlie est un journal satirique d’opinion. La satire n’a pas pour but de faire plaisir à tout le monde, et une opinion peut être contestée », a-t-il continué. Mais, « on n’a pas le droit de nous tirer dessus. Ni de nous menacer de mort. Ni de laisser entendre que ces menaces sont au fond légitimes ».

Car Charlie Hebdo vit depuis trois ans un cauchemar. Sorti des conflits en légitimité, largement racontés par la presse, le journal continue à sortir toutes les semaines. Mais ses locaux sont tenus secrets et hyper protégés, et certains de ses membres n’ont plus de liberté de mouvement. « Les salariés de Charlie Hebdo doivent pouvoir travailler en toute sécurité », confiait Riss, le directeur de la publication, à l’Humanité, vendredi au téléphone. Dans le numéro de Charlie de cette semaine, il livre le prix à payer, au sens propre, de cette protection : « Entre 1 et 1,5 million d’euros par an, entièrement à la charge du journal. Lorsque vous sortez de votre poche 3 euros pour acheter un exemplaire de Charlie Hebdo, 1,30 euro va au distributeur, les MLP, et c’est avec le 1,70 euro restant que le journal paye les salariés, les loyers, les prestataires ainsi que sa sécurité.

« Chaque semaine, au moins 15 000 exemplaires doivent être vendus uniquement pour payer la sécurisation des locaux de Charlie Hebdo », écrit le dessinateur dans son éditorial. Depuis 2015, l’hebdomadaire a stabilisé ses ventes, avec environ 35 000 abonnements et 30 000 ventes en kiosques. Fabrice Nicolino, gravement blessé dans l’attentat, explique aussi dans le même numéro ce que signifie travailler à Charlie depuis 2015, la peur au ventre. Avec un quotidien chamboulé : « La spontanéité, c’est fini. Finis les potes, finis les bars. Quand je vais encore dans l’un d’eux, mes policiers sont là. Et il leur arrive de me presser de partir parce qu’ils craignent quelque chose. Chez moi, où je suis connu, des voisins d’extrême gauche ne veulent plus me dire bonjour, car ils ne sont surtout pas Charlie », rapporte dans ce long article un collaborateur du journal. D’autres font état d’un sentiment d’alerte permanent : « Nous vivons comme des clandestins. Il faut constamment anticiper, ne pas prendre l’habitude d’aller au même endroit pour manger. » Sans compter qu’il faut aussi « planquer l’existence de femmes, de maris », de proches.

Tout le week-end, des hommages se sont succédé, jusqu’à hier

Fabriquer un journal dans ces conditions, c’est forcément compliqué. Être journaliste, comme dessinateur, demande de sortir, de rencontrer du monde. Dans le Journal de Saône-et-Loire, Antonio Fischetti, journaliste scientifique à Charlie Hebdo, confie : « C’est très lourd d’aller à la rencontre des gens avec une escorte de policiers. On continue de le faire, mais c’est très pesant. Charlie n’a jamais été un journal militariste, on aimerait bien se passer de tout ça, mais la situation fait qu’on n’a pas d’autre choix. Et ce pour très longtemps, si ce n’est pour toujours… »

Tout le week-end, des hommages se sont succédé, jusqu’à hier, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, rue Nicolas-Appert, à Paris, puis à l’endroit, boulevard Richard-Lenoir, où a été assassiné le policier Ahmed Merabet et devant l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, où quatre personnes ont été tuées le 9 janvier 2015. Le président de la République, Emmanuel Macron, a participé à ces hommages silencieux, aux côtés des victimes et de leurs familles. Le chef de l’État était accompagné de Françoise Nyssen, ministre de la Culture, de Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, de Nicole Belloubet, ministre de la Justice, et de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. La maire de Paris, Anne Hidalgo, et l’ex-premier ministre Manuel Valls ont assisté aux cérémonies.

Samedi, dans le quotidien Libération, le journaliste Philippe Lançon, gravement blessé lors de l’attentat, a expliqué se méfier de l’injonction « Je suis Charlie ». « Cette expression continue simplement de signifier pour moi : “Je veux me sentir libre d’écrire et de lire ce qui me chante et que les autres bénéficient de cette liberté.” » On ne saurait mieux résumer ce que constitue la liberté de la presse.

journaliste

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

if (typeof OA_show === "function") OA_show('b300'); // ]]> -->

Mai 68 dans ma ville : une formidable aventure sociale !

Posté par jacques LAUPIES le 8 janvier 2018

A chaque fois que je me suis exprimé sur des évènements passés de mon vivant je me suis efforcé de relater mes expériences personnelles plutôt que de suivre les discours tenus par des journalistes, parfois même des historiens, qui se font envelopper par l’esprit partisan et ce qui est encore plus grave par cette sacré manie consistant à se donner des allures d’impartialité en tentant de faire la part de choses qu’ils n’ont pas vécues.

Bien sur il y a toujours les risques de la mémoire défaillante, de la confusion dans la chronologie des faits en se référant à une expérience personnelle, voire même à des ressentis différents de ceux d’autres acteurs avec qui nous avons  partagé ces moments, disons le exaltants !

Mais le risque an vaut la chandelle quand j’entends des commentateurs en plein délire et invention sur la réalité de cette phase de luttes dont la proximité locale était toujours liée au plan national.

A bientôt donc…

 

« Face aux déformations de Mai 68, l’histoire restitue le vif de l’événement »

 

Entretien réalisé par Lucie Fougeron
Dimanche, 7 Janvier, 2018
Humanité Dimanche
Mai 68 dans ma ville : une formidable aventure sociale !

Mai 68 est un de ces moments qui provoquent de vives tensions sur son « héritage », en fait largement amputé et déformé. À l’aube du 50e anniversaire et de son programme commémoratif, et face aux lieux communs et aux instrumentalisations, l’historienne Ludivine Bantigny, maîtresse de conférences à l’université de Rouen Normandie, publie « 1968. De grands soirs en petits matins » (Seuil). Renouant avec une lecture sociale et politique, elle y saisit l’événement à tous ses niveaux, puisant à ses sources pour en restituer la vie, dans toutes ses dimensions.

HD. À l’aube du 50e anniversaire de Mai 68, qu’avez-vous souhaité apporter, en tant qu’historienne, avec votre nouvel ouvrage, « 1968. De grands soirs en petits matins » ?

 

Ludivine Bantigny. Les nombreuses déformations véhiculées au sujet de 1968 sont problématiques, pour les historiens mais aussi au-delà de la discipline : cela n’aurait été qu’une révolte de petits-bourgeois, de « fils à papa » devenus ces « soixante-huitards » qui auraient sacrifié l’esprit du mouvement, une génération parfaitement intégrée à un système néolibéral au nom d’une supposée idéologie libérale-libertaire, et qui serait responsable des maux actuels. Face à cela, il importait de revenir à l’événement, donc aux innombrables archives produites en son cours qui permettent de l’envisager à tous les niveaux, dans son éclat et sa diversité. 

 
HD. « 1968 est une marqueterie », écrivez-vous, « partout quelque chose arrive » et « nulle part on ne rencontrera d’indifférent à l’événement ». D’où votre recherche de tous les points de vue à partir de la notion de protagonisme : que recouvre-t-elle ?
Ludivine Bantigny. Elle a été forgée par un historien italien spécialiste de la Révolution française, Haim Burstin, au sens d’« expérience personnelle de l’histoire en acte » : son approche anthropologique montre que tout un chacun et chacune, les individus ordinaires, deviennent protagonistes lorsque leur quotidien rencontre l’événement et provoque leur engagement, sans forcément avoir le « bagage » présumé nécessaire pour l’action politique. L’événement crée de la capacité à agir, à se sentir légitime pour définir des revendications et des projets. L’analyser invite à proposer une histoire compréhensive, qui entend saisir chez l’ensemble des protagonistes les motivations, les ressorts de l’action et les répertoires mobilisés – ici, les manifestants et les grévistes, mais aussi les forces de l’ordre, le pouvoir et les divers opposants à la contestation… 
 
« D’emblée, le brassage social est un fait ; il se rapporte aussi au projet d’une société sans clivages. »
 
HD. Du côté des acteurs, des participants au mouvement, qu’en est-il de leur composition sociale ? 
Ludivine Bantigny.  Une certaine histoire a ancré l’idée, devenue un cliché, d’un événement qui se serait déroulé en trois étapes : d’abord les étudiants, ensuite le monde salarié, puis le pouvoir qui reprend la main. Alors qu’à partir des archives et avec l’apport d’une historiographie renouvelée, notamment en histoire sociale, on voit que bien avant le début de l’événement entendu au sens strict – le 22 mars 1968, le 3 mai, la « nuit des barricades » au soir du 10 mai –, des brassages sociaux ont lieu. Dès 1967, de fortes mobilisations créent des rencontres entre univers sociaux à travers des actes de solidarité entre ouvriers, paysans, étudiants. Dès le 3 mai 1968, les archives issues des interpellations et des arrestations attestent d’une gamme très étendue de métiers, de statuts, et aussi d’une communauté d’âge. Ce brassage se rapporte aussi à un projet politique : une volonté de sortir des identités assignées, à l’instar, entre mille autres expériences, de ces étudiants qui réfléchissent à l’Université mais, au-delà, à une société différente où seraient surmontés les clivages entre manuels et intellectuels, où le travail serait redistribué. 
 
HD. Les revendications composent aussi un portrait de la France d’alors…
Ludivine Bantigny. En nous montrant « en creux » le travail, les archives de la grève permettent de reconsidérer les « trente glorieuses », notamment en termes de réalité des conditions de travail et d’existence. Cinq millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, une réalité occultée de détresse sociale. La question de l’emploi commence à être une inquiétude lancinante – concernant les jeunes et leurs débouchés ; elle renvoie aux fermetures d’entreprises et à la mise en concurrence, avec de nombreuses références au Marché commun qui vient l’accentuer.
 
HD. Vous interrogez aussi l’événement d’un point de vue géographique…
Ludivine Bantigny.  D’une part, il s’agit de décentrer l’événement par rapport à ce que l’on en dit toujours, concentré à Paris, en prenant à la fois l’échelle de l’ensemble du territoire et du plus local. D’autre part, on ne peut pas considérer les événements français sans le monde dans lequel ils prennent appui. Le livre espère montrer comment opère, concrètement, cette dimension à la fois internationaliste ­­­- une tradition réactivée et mise en pratique –  et internationale – les mouvements de contestation qui se développent de par le monde sont mobilisés comme source d’inspiration. Elle est aussi transnationale : des militants, aussi oubliés aujourd’hui  que cruciaux alors, franchissent les frontières : il y a une véritable circulation et des transferts d’expériences. Sans oublier les étrangers qui vivent et travaillent en France et s‘y mobilisent, confrontés à la répression, aux expulsions – ce qui est largement méconnu –, comme ces ouvriers espagnols antifranquistes reconduits à la frontière… 
 
« Tous les protagonistes sont considérés : grévistes, mais aussi police, pouvoir, étrangers, opposants… »
 
HD. Autres protagonistes dont le point de vue est méconnu : les forces de l’ordre. Que révèlent vos recherches ?
Ludivine Bantigny. C’est en réaction à l’intervention policière que l’événement 68 stricto sensu est déclenché, et tout au long elles sont un protagoniste majeur. Mais rien n’est lisse ni linéaire non plus de leur côté. Les archives montrent leur désarroi, leurs doutes, à différents niveaux et égards : idéologique et politique, quand les policiers ont le sentiment d’être « lâchés » par le gouvernement alors qu’ils sont sur-sollicités et exposés à une situation inédite. D’un point de vue professionnel aussi, par rapport au contrôle de l’espace public, à leur équipement et à leurs armes, notamment face au savoir-faire du camp adverse. Pour l’institution policière, dans ses diverses composantes, l’événement a pu également être un dévoilement. 
 
HD. Mai 68 est souvent considéré comme l’année zéro du féminisme ou encore un événement dans la révolution sexuelle : qu’en est-il réellement ?
Ludivine Bantigny. Les sources montrent que de très nombreuses femmes s’impliquent, avec ce paradoxe qu’elles s’engagent comme telles mais voudraient aussi se faire oublier comme femmes. Et elles sont confrontées à des contradictions de toutes sortes (y compris en elles-mêmes, comme quand elles ne se sentent pas légitimes pour prendre la parole) : les pratiques sexistes existent aussi au sein d’un mouvement qui prône pourtant la fin des dominations et des aliénations. Leur volontarisme est impressionnant au vu de ces multiples contraintes. En outre, alors que des slogans du type « Jouir sans entraves » sont attachés à Mai 68, la question des sexualités est peu posée durant l’événement : globalement cela reste largement un tabou, même si des groupes, minoritaires, commencent à en faire un enjeu.
 
HD. Face aux déformations et au dénigrement des projets portés par le mouvement, vous choisissez, écrivez-vous, de les « prendre au sérieux »…
Ludivine Bantigny. Il ne s’agit pas de faire, à l’inverse, de « 68 » un modèle ou un fétiche. Je souhaitais montrer, par rapport à tout ce qu’on a pu dire de supposés « petits-bourgeois sans projets » dont on ne retient que la « pensée par slogans », que ces slogans sont très importants, mais sont issus de tout petits groupes à mettre en rapport avec l’immensité des revendications, pratiques, projets, réflexions qui émanent de partout. Qu’il s’agisse des lycéennes et lycéens élaborant des projets de réforme pédagogique d’une grande maturité, de ce qui se passe dans l’Église ou encore chez les danseurs et danseuses de l’Opéra de Paris, chez les artistes, les artisans, des boulangers aux chauffeurs de taxi… 
 
« À partir des revendications matérielles émanent réflexions, projets et expériences, souvent très élaborés. »
 
Et tout part du quotidien : c’est important car on a longtemps opposé les revendications matérielles, salariales, à d’autres aspirations – avec d’un côté supposément la CGT et de l’autre la CFDT. Or c’est à partir des revendications matérielles qu’on tire des fils vers l’élaboration d’alternatives à l’ordre social : avec les augmentations de salaire on acquiert une dignité ; quand on met en question les hiérarchies on en vient à imaginer une société sans patrons, l’autogestion, on interroge le sens et le partage du travail… cela va très loin. On part de l’ordinaire pour imaginer des extra-ordinaires, et souvent de manière très construite, du plan local à d’autres échelles. Or pour cela il faut du temps. Un temps que viennent métamorphoser la grève et l’occupation : tout d’un coup, on a la possibilité de se poser, discuter, réfléchir. L’événement, en son cours, fait alors revisiter la définition et la conception du politique, dépassant sa dimension politicienne et institutionnelle qui alimente chez les personnes « sans responsabilités » le sentiment de ne pas être concernées ni légitimes. L’événement ouvre à cette légitimité et montre la politique dans son sens le plus fort, la capacité à faire société et à prendre en charge ses propres affaires, en se les réappropriant. Ce qui va inspirer les luttes des années suivantes. Ces expériences, dont le point commun est d’élaborer un avenir hors du marché et de la compétition, nous apprennent beaucoup sur les possibles démarches de pensée et de pratiques – et cela peut nous inspirer encore aujourd’hui.
POUR EN SAVOIR PLUS

9782021301571

 
 

« 1968. De grands soirs en petits matins », de Ludivine Bantigny, éditions du Seuil, 2018, 464 pages, 25 euros.

Une révolte étudiante contre les hiérarchies et les interdits, quelques leaders iconiques et un héritage qui hante les débats politiques : c’est essentiellement ce qui reste de Mai 68, dont le caractère profondément politique et social  –  le mouvement ouvrier au premier chef –  a été évacué. Alors, que s’est-il passé dans le moment 1968 ? Pour le saisir, Ludivine Bantigny, s’inscrivant dans une historiographie renouvelée, a réalisé un exceptionnel travail sur les archives – de la grève, de la police, du pouvoir…  Elle invite dans ce livre indispensable à une immersion dans le vif de l’événement, son évolution, ses tensions, sa complexité. Repeuplé de ses protagonistes dans leur diversité, déployé dans ses échelles temporelles et spatiales et, dans ce temps métamorphosé par la grève, la constellation des pratiques et des idées élaborées pour « changer la vie », renouant avec l’hypothèse de la révolution, il fait revisiter le politique. Maintenant que l’histoire de l’événement est retissée, « 1968, écrit-elle, reste une source d’inspiration ». 
Humanité Dimanche

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Divina Frau-Meigs « Plutôt qu’une loi anti-fake news, un vrai service public d’Internet »

Posté par jacques LAUPIES le 7 janvier 2018

 

Entretien réalisé par Marie Barbier
Vendredi, 5 Janvier, 2018
L’Humanité
Les fake news sont l’arbre qui cache la forêt de toute la désinformation sur Internet. Michel Gaillard/REA<br />

Les fake news sont l’arbre qui cache la forêt de toute la désinformation sur Internet. Michel Gaillard/REA
 

Médias. Opposée à la proposition d’Emmanuel Macron de réprimer les fausses nouvelles en période électorale, l’experte Divina Frau-Meigs préconise une solution lente : l’éducation aux médias et la mise en place d’un service public du numérique.

Professeure en sciences de l’information et de la communication à la Sorbonne, Divina Frau-Meigs vient d’être nommée membre de la commission de réflexion de l’Union européenne sur les fake news.

Un projet de loi contre les fake news, est-ce une fausse bonne nouvelle ?

Divina Frau-Meigs Oui, comme toutes les lois qui portent sur la liberté d’expression ! Ce texte pourrait être très mal perçu par une opinion publique en manque de confiance, tant du côté des politiques que des journalistes. C’est mal comprendre la logique transfrontière d’Internet que de légiférer en France, alors que la loi américaine, où se trouvent les plus grands pourvoyeurs de fake news, n’en tiendra pas compte. Que va dire cette loi ? J’imagine qu’elle va punir d’une peine d’amende ou de prison toute personne surprise à émettre des fake news. Cela s’appelle de la dissuasion sur la liberté d’expression. Cela peut geler, par anticipation, des personnes susceptibles de divulguer de vraies informations. Mais quelles seront les nuances ? Va-t-on punir les gens qui retwittent ? C’est un phénomène transfrontière, avec différentes intentionnalités. Une loi me paraît trop agressive et liberticide. Cela témoigne d’une impuissance et d’un impensé du numérique de la part des responsables politiques.

Que sont ces fake news ?

Divina Frau-Meigs Elles ne sont que l’arbuste qui cache la forêt de toute la désinformation sur Internet. Pour simplifier, il existe deux types de fake news malfaisantes. Les premières sont commerciales et principalement américaines. Aux États-Unis, ils se sont rendu compte que les gens adoraient les fake news, que ça leur apportait de la pub, donc qu’ils recevaient de l’argent de Facebook, Youtube, etc. Et puis, il y a les fake news idéologiques, de l’ordre de la propagande. Les acteurs qui les diffusent ne sont pas en France.

Que préconisez-vous ?

Divina Frau-Meigs Il manque un espace d’échange pour réfléchir avec tous les acteurs autour de la table. Une démocratie comme la France possède déjà plusieurs outils : le CSA pour l’audiovisuel en ligne, la Cnil pour la vie privée, les lois sur la diffamation, etc. Il manque une gouvernance de ces instances de contrôle, qui sont chacune dans une logique de silo. On a besoin d’une instance qui les coordonne. La crise que traverse actuellement le Conseil national du numérique (le CNNum, dont vingt-trois des trente membres ont démissionné en décembre pour protester contre l’éviction de Rokhaya Diallo – NDLR) pourrait être l’opportunité de créer un vrai comité national d’éthique du numérique, indépendant du gouvernement. La formation des journalistes et des citoyens est aussi un outil de prévention. Il faut aller dans les écoles, expliquer les fake news, donner de la force et des moyens à l’éducation aux médias. Les journalistes doivent également être mieux formés à la contre-vérité, au contre-discours, de manière à ce qu’ils puissent eux-mêmes se protéger et surtout renvoyer une image de confiance. Quand on sait que les plus gros retwitters de fake news sont les médias classiques, on voit bien qu’il y a un problème de ce côté-là. La vraie solution est une solution lente, celle de l’éducation. S’il y a une priorité et de l’argent à mettre, cela devrait être dans l’éducation aux médias et dans un vrai service public du numérique.

À quoi pourrait ressembler cet espace public numérique ?

Divina Frau-Meigs On a une télévision et une radio de service public, mais pas d’Internet de service public. Il est temps de réfléchir à quoi il pourrait ressembler. Il faudrait installer les acteurs, autour de la table et réfléchir à un financement pérenne. Facebook, Google, Youtube ne paient pas pour les services dont ils usent et abusent. Je suis pour une réflexion de fond sur la façon dont ils pourraient financer un vrai service public du numérique, avec des journalistes formés, des chercheurs et des citoyens contre les dérapages. 

une loi « avant la fin de l’année »

Le gouvernement présentera « probablement avant la fin de l’année » le projet de loi pour condamner les fake news en période électorale, a déclaré jeudi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Elle permettrait « de saisir le juge dans une action en référé, de supprimer le contenu, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l’accès au site Internet ».

journaliste

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Les intellectuels et la politique : un mélange détonant que les dominants veulent désamorcer…

Posté par jacques LAUPIES le 6 janvier 2018

 

 

Nombreux sont les écrivains, les artistes  et créateurs, les universitaires qui, sans se réclamer du marxisme et de tout ce qui regroupe idéologiquement l’idée communiste, diffusent ses principes ou, pour le moins, contribuent à leur prise de conscience populaire.

Chacun s’exprime dans se œuvres, son pouvoir d’enseignant et nécessairement traduit le fond de sa pensée. Peut-il en être autrement ? C’est bien ce que voudraient les tenants de l’ordre établi lesquels généralement ont une vision étriquée de la culture et souhaiteraient qu’elle ne soit plus accessible.

Bien sur ils ne le crient pas sur les toits ! Mais plus souvent livrent un combat sournois contre tout ce qui définit la culture : la connaissance de l’ensemble des activités humaines. L’interdit, la censure, la répression  sont probablement moins efficace que cette « acculturation » à laquelle on assiste en occultant la diffusion des œuvres marquant un engagement révolutionnaire, en développant une profusion d’informations et de « spectacles » abêtissants !

Et l’on n’en mesure pas, hélas, les effets destructeurs !

Chasse aux sorcières à Hollywood : Bertolt Brecht

 

Traduction Michel Muller
Vendredi, 5 Janvier, 2018
L’Humanité
Lors de son témoignage, qui a duré presque une heure, Brecht dut répondre à des questions allant de son adhésion au Parti communiste à l’idéologie politique sous-jacente de son Suvre. Martha Holmes/The Life Picture Collection/Getty Images<br /><br />

Lors de son témoignage, qui a duré presque une heure, Brecht dut répondre à des questions allant de son adhésion au Parti communiste à l’idéologie politique sous-jacente de son Suvre. Martha Holmes/The Life Picture Collection/Getty Images
 

8/8. Chaque jour, durant les fêtes, les grands procès du maccarthysme et les auditions des géants du cinéma américain poursuivis pour communisme.

Entre le 20 octobre et le 20 novembre 1947, la commission des activités anti-américaines auditionne onze réalisateurs, scénaristes et producteurs d’Hollywood. L’accusation n’a qu’un seul but : prouver l’appartenance de ces hommes au Parti communiste américain et l’infiltration communiste dans les studios. Bertolt Brecht est le onzième des Dix d’Hollywood. Appelé à témoigner, il joue au chat et à la souris, esquivant les questions sans les esquiver. Le 31 octobre 1947, il parvient à quitter les États-Unis et s’envole pour l’Europe. Comme lui, Charlie Chaplin, Orson Welles ou Jules Dassin s’exileront.

Audition de Bertolt Brecht.

m. stripling M. Brecht, êtes-vous membre du Parti communiste ou avez-vous jamais été membre du Parti communiste ?

M. Brecht M. le président, J’ai entendu mes collègues lorsqu’ils ont considéré cette question comme inappropriée, mais je suis un hôte de ce pays et je ne veux pas entrer dans des disputes juridiques, aussi répondrai-je à votre question aussi bien que je le peux. Je n’ai été ni ne suis membre d’aucun parti communiste.

m. stripling Vous n’avez jamais été membre du Parti communiste d’Allemagne ?

M. Brecht Non, je ne l’ai pas été.

m. stripling M. Brecht, est-il vrai que vous avez écrit un certain nombre de poèmes, de pièces de théâtre, et d’autres textes très révolutionnaires ?

M. Brecht J’ai écrit un certain nombre de poèmes, de chants et de pièces de théâtre dans le combat contre Hitler et, bien sûr, ils peuvent être considérés, de ce fait, comme révolutionnaires, parce que, bien sûr, j’étais en faveur du renversement de ce gouvernement.

Le Président M. Stripling, nous ne nous intéressons à aucune œuvre préconisant le renversement de l’Allemagne ou du gouvernement là-bas. (…)

m. stripling M. Brecht, pouvez-vous dire à la commission combien de fois vous avez été à Moscou ?

M. Brecht Oui. J’ai été invité deux fois à Moscou. La première fois par Voks (acronyme russe d’Organisation pour les relations culturelles avec des pays étrangers – NDT), l’organisation pour les échanges culturels. J’étais invité pour présenter un film, un documentaire, que j’avais aidé à réaliser à Berlin.

m. stripling Quel était le nom de ce film ?

M. Brecht C’est le nom d’un faubourg de Berlin, Kuhle Wampe.

m. stripling Pendant que vous étiez à Moscou, avez-vous rencontré Sergei Tretyakov ?

M. Brecht Tretyakov, oui. Il s’agit d’un auteur dramatique russe.

m. stripling Un écrivain.

M. Brecht Oui. Il a traduit quelques-uns de mes poèmes et, je crois, une pièce.

m. stripling M. le président, le n° 5 d’International Literature, publié par les éditions d’État d’art littéraire de Moscou, contenait un article de Sergei Tretyakov, un écrivain soviétique de premier plan, à propos d’une entrevue qu’il a eue avec M. Brecht. Page 60, il est affirmé : « L’étude de l’économie a conduit Brecht à Marx et Lénine, dont les travaux sont devenus une part précieuse de sa bibliothèque. Brecht étudie et cite Lénine comme un grand penseur et un grand maître de la prose. Brecht réclame que les instincts de lutte de classe soient remplacés par la lutte de conscience sociale, de convictions sociales. Il soutient que la situation ne doit pas seulement être ressentie, mais expliquée-cristallisée dans l’idée qui subvertira le monde. » Vous souvenez-vous de cette interview, M. Brecht ?

M. Brecht Non. (Rire.) Elle a dû être écrite il y a vingt ans environ. (…) Je pense que c’est plus ou moins un résumé journalistique de conversations ou de discussions à propos de beaucoup de choses.

m. stripling Beaucoup de vos écrits ont-ils été fondés sur la philosophie de Lénine et de Marx ?

M. Brecht Non. Je ne pense pas que ceci soit tout à fait exact, mais, bien sûr, j’ai étudié, je devais étudier, comme un auteur qui écrit des pièces historiques, bien sûr, les idées de Marx sur l’histoire.

m. stripling M. Brecht, depuis que vous êtes aux états-Unis, êtes-vous allé à des réunions du Parti communiste ?

M. Brecht Non, je ne pense pas.

m. stripling Vous ne pensez pas ?

M. Brecht Non.

Le Président Eh bien, vous n’êtes pas certain ?

M. Brecht Je ne suis pas allé à de telles réunions, à mon avis.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Anti communisme quand tu les tiens !

Posté par jacques LAUPIES le 5 janvier 2018

 

 

 

Pour évaluer l’impact du film diffusé sur Arte « Le Docteur Jivago »  d’après le Roman de Pasternak, j’y ai consacré un après-midi. 

 

Mon appréciation n’a guère changé depuis la sortie de ce film lequel, derrière une mise en scène plutôt Hollywoodienne sur fond de romance pleurnicharde avec un personnage dont l’humanisme doit faire face à la tempête révolutionnaire, n’a d’autre intention que de caricaturer les bolcheviks et autres protagonistes de la révolution et de la guerre civile qui a suivi.

 

Bref tous les ingrédients pour vous éloigner, au mieux, et vous dégoûter, au pire, de la juste révolution russe de 1917 !

 

Nous sommes bien loin de « Dix jours qui ébranlèrent le monde » de John Reed et du film qui a été réalisé par l’excellent Warren Beatty : « Reds » 

 

Le décors de « Jivago » est le même mais le propos est différent. Comme quoi il faut se méfier de la création qui se veut artistique.

 

On peut comprendre qu’un jeune curieux d’histoire et de politique peine à s’y retrouver et surtout à trouver le sens positif d’une révolution.

 

Bien que farouchement contre la peine de mort on ne peux mettre sur un même plan celle que prononcent les révoltés se libérant de l’oppression lors d’une révolution et celle des tyrans qui en font une consommation constante en affamant et opprimant les peuples. Sans les seconds les premiers n’existeraient pas.

 

De nos jours les conditions du triomphe de la révolution ne sont fort heureusement pas le mêmes  et les perspectives du « dépassement du capitalisme » par des voies pacifiques peuvent-être envisagées. Cela hante les milieux de la grande bourgeoisie mais cela suppose beaucoup de conscience de classe et beaucoup de mobilisations populaires.

 

Mais rien n’est acquis pour une transformation des sociétés ou règne l’exploitation de l’homme par l’homme. Il ne faut ni être attentiste, ni trop pressé face aux oppresseurs. Il faut simplement résister pas à pas contre le système qui leur permet de dominer. Il faut organiser les luttes pour l’émancipation en éclairant la réalité car celle-ci n’est pas toujours perçue par les victimes. Combattre les impostures et les duperies.

 

Nous vivons cela de manière particulièrement sensible dans une période ou sont remises en cause les conquêtes sociales qui n’ont qu’un but : renforcer toujours plus les plus riches au détriment d’une immense majorité de la population. Dans une dimension mondiale.

 

C’est en cela que l’anti communisme est une nécessité dont ces plus riches ne peuvent faire l’économie. Notre pays souffre de cet acharnement contre le Parti qui s’est inscrit dans la création de la plupart des droits sociaux, des libertés dont nous bénéficions encore, y compris lorsque sa volonté – et son influence – ont contraint d’autres forces politiques à prendre en compte ses propositions.

 

Rappelons cela à la jeunesse, elle doit savoir pour agir ! 

 

 

 

Chasse aux sorcières à Hollywood Herbert J. Biberman

Traduction Rosa Moussaoui
Jeudi, 4 Janvier, 2018
L’Humanité
Herbert J. Biberman a produit Règlements de comptes à Abilene Town, il a réalisé le Sel de la terre en 1954 et Esclaves en 1969. Comme scénariste, on lui doit le Roi de Chinatown. Bettmann Archive/Getty images<br /><br /><br /><br /><br />

Herbert J. Biberman a produit Règlements de comptes à Abilene Town, il a réalisé le Sel de la terre en 1954 et Esclaves en 1969. Comme scénariste, on lui doit le Roi de Chinatown. Bettmann Archive/Getty images
 
7/8. Chaque jour, durant les fêtes, les grands procès du maccarthysme et les auditions des géants du cinéma américain poursuivis pour communisme.
Entre le 20 octobre et 20 novembre 1947, la commission des Activités anti-américaines auditionne onze réalisateurs, scénaristes et producteurs d’Hollywood. L’accusation n’a qu’un seul but : prouver l’appartenance de ces hommes au Parti communiste américain et l’infiltration communiste dans les studios. L’Humanité publie des extraits des auditions, souvent musclées, de ces hommes qui signèrent les plus beaux films d’Hollywood.

Audition d’Herbert J. Biberman

m. stripling Avez-vous été membre de la Guilde des scénaristes ?

m. biberman M. le président, j’ai ici une déclaration que je vous demande d’examiner. Auriez-vous l’amabilité de le faire maintenant ? (Il tend la déclaration au président.)

le président M. Biberman, cette déclaration n’est clairement pas pertinente. Si un autre cas…

m. biberman Dites-vous cela parce qu’elle concerne directement le sujet, M. le président ?

le président C’est un autre cas de diffamation, par conséquent, elle ne sera pas lue.

m. biberman Il n’y a pas de diffamation dans cette déclaration. Je sens que votre refus de me permettre de la lire est un acte honteux et lâche.

le président (tapant avec son marteau) M. Stripling, question suivante.

m. stripling M. Biberman, êtes-vous membre de la Guilde des scénaristes, ou avez-vous été membre de la Guilde des scénaristes ?

m. biberman M. Stripling, j’aimerais vous répondre très calmement… M. le président aussi. Si je ne suis pas interrompu, je vais essayer de vous donner une réponse complète à cette question. Il est devenu très clair pour moi que le véritable but de cette enquête…

le président (tapant avec son marteau) Ceci n’est pas une réponse à la question.

m. biberman … est de semer la division…

le président (tapant avec son marteau) Ce n’est pas la question !

m. biberman … parmi les différentes composantes…

le président (tapant avec son marteau) Pas la question !

m. biberman … de l’industrie cinématographique.

le président (tapant avec son marteau) Posez-lui la question suivante !

m. biberman Et en défendant, ici, mes droits, constitutionnels, je défends…

le président (tapant avec son marteau) Poursuivez et posez-lui la question suivante !

m. biberman … le droit, pas seulement pour nous-mêmes…

m. stripling Êtes-vous membre…

m. biberman … pour les producteurs et pour le peuple américain.

m. stripling … du Parti communiste ?

le président Êtes-vous membre du Parti communiste ou l’avez-vous déjà été ?

m. stripling Êtes-vous membre…

m. biberman Quelle est la question maintenant ?

m. stripling Êtes-vous actuellement ou avez-vous déjà été membre du Parti communiste ?

m. biberman Il est parfaitement clair, Messieurs, que si vous continuez de cette façon particulière…

(Le président tape du marteau.)

m. stripling M. le président, voulez-vous ordonner au témoin…

m. biberman Vous n’avez qu’une seule idée…

le président Répondez à la question !

m. biberman … c’est de provoquer des conflits dans l’industrie cinématographique.

le président (tapant du marteau) Vous êtes excusé.

m. biberman Le chaos dans l’industrie, et cela, je ne le permettrai pas !

m. stripling Voulez-vous ordonner au témoin de répondre à la question avant qu’il ne prenne congé  ?

m. biberman Je n’ai pas refusé de répondre à la question. Je vous ai dit, auparavant, que j’y répondrai pleinement.

m. stripling Refusez-vous de dire si vous êtes ou avez déjà été membre du Parti communiste ?

m. biberman M. Stripling, je m’excuse pour une chose, c’est d’avoir élevé la voix. Je n’avais aucune intention de le faire. (Rires.) Je vous l’ai dit plusieurs fois, si vous ne m’interrompez pas, je vais répondre à cette question très longuement. Dois-je continuer à répondre à cette question ?

le président Vous pouvez répondre à la question par oui ou non. C’est une question très simple.

m. biberman M. le président, je serais très méfiant à l’égard de toute réponse qui me viendrait à la bouche et qui plairait à la commission.

m. stripling Je le serais aussi.

le président (tapant du marteau) D’accord, vous êtes excusé. Emmenez-le. Témoin suivant.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

123456...292
 

Lorette Autrement |
Bernard VIDAL - Un nouvel a... |
Energie Nouvelle pour Heill... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vallorcine: Elections munic...
| servir connaux
| Le site de la liste Gif, os...